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Ponge, le partie pris des choses

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Par   •  25 Avril 2019  •  Guide pratique  •  1 600 Mots (7 Pages)  •  219 Vues

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Poète matérialiste, Ponge décide d’échapper au piège de la subjectivité et de l’effusion en

portant son attention sur l’objet y compris les plus triviaux comme « le cageot ». Il ne

tombe pas dans la contemplation mystique mais va à la rencontre de l’objet pour

retrouver « le choc émotionnel provoqué par la première rencontre ». Il souhaite saisir la

« qualité différentielle » de l’objet.

C’est en nommant les choses avec des mots que le poète appréhende le réel. En exploitant

toutes les ressources des mots (étymologique, sonores, ou en jouant avec les mots que le

poète pourra révéler la richesse et la complexité des choses.

Problématique : comment le poète révèle-t-il la vraie nature de l’objet ?

I.

Un poème-définition

a) Un objet insignifiant

On insiste sur le caractère trivial de l’objet. Le cageot est « une simple caissette à claire-

voie », « brisé sans effort », « sans vanité », « tout neuf », « légèrement ahuri », « jeté

sans retour », « des plus sympathiques ». Francis Ponge insiste sur la fragilité de l’objet et

son aspect éphémère « il ne sert pas deux fois », « Ainsi, dure-t-il moins encore que les

denrées fondantes ».

Son caractère utilitaire est souligné par des verbes concrets tels que « sert »et en ce sens

cela doit se traduire par une forme d’écriture qui convient la prose plus familière et plus

apte à décrire cet objet du quotidien.

b) Une définition

Le titre du poème est un groupe nominal « Le cageot ». Le déterminant défini a une

valeur générique comme si le titre avait une valeur programmatique. L’objet du poème

consistera à définir ce que c’est. Son essence sera révélée.

De plus l’emploi de tournures impersonnelles telles que « la langue française a le cageot »,

« il ne sert pas deux fois » et de présent à valeur de vérité générale souligne cette volonté

de décrire l’usage de cet objet de manière générale.

Le texte dans sa structure s’apparente à une notice du dictionnaire ou d’encyclopédie.

Ainsi, on définit l’objet : « simple caissette à claire-voie vouée au transport des fruits ».

Puis on s’attarde sur sa fonction et son utilité.Le texte se termine par une illustration de son utilisation en évoquant le « cageot »

abandonné.

Ce poème n’a rien de lyrique à première vue car il s’attache uniquement à l’objet.

c) Une nouvelle étymologie

L’expression « À mi-chemin » qui ouvre le texte pour désigner le rapprochement entre les

deux termes de « cachot » et « cageot » semble principalement justifiée par la simple

proximité phonétique de ces mots qui ont en commun trois phonèmes. Cette

paronomase n’est cependant pas totalement innocente : sur le plan sémantique en effet,

elle évoque l’idée d’emprisonnement contenue déjà dans un autre paronyme : la « cage ».

En construisant à sa manière, facétieuse comme souvent, l’étymologie de son « cageot »,

Francis Ponge induit ainsi le champ métaphorique de l’enfermement qu’il va ensuite

développer avec une subtile préciosité à propos des contenus de ce contenant : les « fruits

» (l. 2), qui vont devenir sous sa plume ces « denrées fondantes ou nuageuses qu’il

renferme » (l. 5-6).

Toutefois, sous le regard du poète, l’objet devient un être vivant non plus clos sur lui-

même. Il devient un objeu exploré sous tous ses aspects dans le but de le surprendre par la

rapidité des interprétations imaginaires du poète.

II.

Ré-enchanter le cageot

a) La beauté du cageot

Quelques expressions tendent à révéler la beauté du cageot. Une analyse intentionnelle

fondée sur la volubilité imaginante de l’esprit permet d’extraire sa qualité constituante.

Ainsi, le poète recherche le détail qui révèlera cet objet.

Le groupe nominal complément du nom dans le GN « simple caissette à claire-voie »

surprend le lecteur. Ce groupe est plutôt employé avec les noms « fenêtre » ou « volet »

pour désigner une structure qui laisse passer le jour. ( Clôture à jour formée de pièces

non jointes.) Dans le cas du cageot, ce terme décrit l’assemblage de planches disjointes et

écartées les unes des autres. Ce détournement permet de faire du cageot un assemblage

aérien qui laisse passer l’ombre et la lumière. Le verbe luire l’apparente à des lucioles sur le

bord e la chaussée. Cette contiguïté n’a rien de concrète. La recherche poétique permet de

recréer l’opacité de l’objet par l’artifice de l’écriture et de l’imagination qui opère des

associations étonnantes. Ce qui nous permet d’envisager le cageot comme une malle au

trésor qui renferme des « denrées fondantes ou nuageuses ».b) Personnification

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