Analyse/Explication linéaire Le Mal Rimbaud
Commentaire de texte : Analyse/Explication linéaire Le Mal Rimbaud. Recherche parmi 304 000+ dissertationsPar alexnatsu30 • 19 Juin 2026 • Commentaire de texte • 2 588 Mots (11 Pages) • 8 Vues
Intro :
Amorce :
Si les poètes sont d’une certaine manière les historiens de leur temps, Rimbaud est quant à lui l’écrivain rebelle du XIXe. Il se fait un malin plaisir de détourner la censure et de déjouer les règles strictes établies par l’empereur Nap III. C’est notamment le cas de la guerre de Prusse en 1870, où l’empereur déclare la guerre au chancelier Bismarck.
Les premiers poèmes de Rimbaud retranscrits dans Les Cahiers de Douais publié post mortem en 1919 par Paul Demeny sont révélateurs de l’esprit de révolte du jeune homme. Il ne craint pas de délier les langues sur des sujets polémiques tels que les conséquences désastreuses de la guerre, le consensus religieux aveugle autour de l'église catholique ou encore la médiocrité de la petite bourgeoisie de campagne qu’il connaît de Charleville-Mézières.
Ces thèmes sont notamment visibles dans le sonnet Le Mal qui propose une triple critique. Situé dans le second cahier de douais, Le Mal est donc d’abord la guerre puis le roi et enfin Dieu, chacun portant la responsabilité du mal précédent. Ce sonnet brutal et cynique illustre parfaitement la révolte d’un adolescent refusant de se laisser enfermer dans la folie d’une société guerrière.
Ce sonnet en alexandrins n’est pas classique puisqu’il y a 4 rimes dans les quatrains et qu’elles sont croisées au lieu d’être embrassées. Dans les tercets les rimes ne correspondent pas non plus à la disposition classique. Le poème repose sur une structure d’opposition : les deux quatrains constituent trois propositions circonstancielles d’opposition, introduites par la locution “tandis que” qui démarre le poème, reprise au vers 3 et au vers 5. Ces propositions circonstancielles montrent l’horreur de la guerre. La proposition principale avec ses dépendantes, se développe sur les deux tercets, et montre par opposition à l'indifférence de Dieu. Les deux groupes de propositions sont séparés par deux vers (7 et 8) détachés entre tirets qui constituent, en incise, une invocation à la Nature.
LECTURE
Mouv 1 : V1-8 : Peinture de la violence de la guerre
Mouv 2 : V9-11 : Critique du pouvoir absolu inactif d’un Dieu cupide aveugle sous la souffrance de son peuple
Projet de lecture :
Comment Rimbaud dénonce-t-il son idée des maux qui consument son époque tout en renouvelant le genre poétique ?
Partie 1 : P1 : V1-8 : Peinture de la violence de la guerre
Le sonnet s’ouvre sur une locution adverbiale de temps « Tandis que » qui annonce une action simultanée.
- « Crachats » : Une métaphore des coups de feu qui donne l’effet de sonorités dures, terme très vulgaire et trivial, qui évoque le désagréable dérangement et le réalisme. On peut alors le comprendre comme une personnification de la machine à tuer. Les termes « Crachat rouge” se trouvent au centre du vers. Cela appuie sur le mot rouge qui évoque alors le sang, et qui s'oppose avec le bleu du ciel.
- Le mal a la couleur du feu, du sang, et de la haine. Cette même couleur est omniprésente dans ce premier quatrain puisqu'elle est reprise par écarlate au vers 3, plus pathétique, plus raisonnant et évocatrice de l’aspect sanglant qui règne sur le champ de bataille.
- Nous avons un enjambement entre le vers 1 et 2 qui met en valeur le sifflement ce qui donne une impression de durée, de flot continue des balles et boulets qui fusent sur le champ de bataille. A cela s'ajoute le présent du verbe siffler qui montre une action en train de se faire ce qui intensifie la violence de l'image et sollicite aussi l'ouïe. Cette agression provoquée par le verbe siffler est intensifiée par la locution « tout le jour » qui insiste sur la durée de l’attaque.
- Sonorités dures : notamment de en raison de la rime croisée en “raille”v1 et v4. => création d'une sensation auditive agressive.
- Pluriel de « crachats » + allitération en -r + image de la mitraille = mouv rapide + enjambemnt avec « sifflement » + nbx termes en monosyllabes : « jour », « ciel », « bleu », « vert » = Immersion auditive par l’effet de reproduction du rythme saccadé et incessant des coups tirés, image visuelle qui explose aux sens avec les couleurs vives = retranscrit violence bataille
effet : Déshumanisation des hommes. Les couleurs en écarlate les troupes françaises et en vert les troupes prussiennes. Une fois recouverts d’un uniforme, ils deviennent des pions et perdent toute individualité car c’est une masse.
- ils sont méprisés par “le Roi qui les raille”. On peut y voir une sorte de sadisme cruel du pouvoir, pour qui ses hommes ne sont que des éléments déshumanisés de la machine de guerre.
Rimbaud met sur le même plan dans sa critique les différents camps ennemis, les représentants du pouvoir, quel qu’il soit “écarlates ou verts”. Ils sont “près du Roi qui les raille” = ironie = effet : ils combattent pour le patriotisme et pour leur empereur napoléon III.
- “Croulent » placer en début de v. Pour avoir plus d'impact et pour associé à la césure de « masse » terme employé habituellement pour des choses or dans le contexte de ce poème, cela désigne les hommes qui se battent et tombent au combat . Ils sont donc considérés comme de la chair à canon mais c’est aussi une forme de prosaïsme antipoétique. Rimbaud veux choquer le lecteur pour illustrer la violence de cette terrible guerre.
- Le feu est quant à lui une image évocatrice du champ de bataille. Cela donne un terrain digne des enfers = la mort règne.
Second quatrain :
- « Une folie épouvantable Broie » périphrase de la guerre + réf à la démence qui touche les soldats après avoir vécu la guerre + hyperbole pour décrire la guerre.
Effet : continuité des images évocatrices et violentes mettant en avant la brutalité de la guerre.
- V.6 Rimbaud fait des hommes un tas fumant. On peut y voir visuellement un rapprochement du terme « hommes » et « tas » car ils ne sont seulement séparés que d’un seul mot. La déshumanisation des hommes en raison de la guerre est encore une fois. De plus, l’expression “tas fumant” employé par Rimbaud installe une immersion
...