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L'intérêt pour le passé constitue-t-il une passion inutile ?

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Par   •  28 Novembre 2019  •  Dissertation  •  1 932 Mots (8 Pages)  •  55 Vues

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        L’intérêt pour le passé consistue-t-il une passion inutile?

        L’organisation actuelle de nos sociétés est fondée en majeure partie sur la perception que nous avons de notre histoire, et ce à l’échelle individuelle comme nationale et supra-nationale.

        S’intéresser au passé signifie avoir conscience, avoir la mémoire, de ce qui a eu lieu avant le présent. Du latin tempus, il induit la division de la durée, un moment, un instant. Le passé peut tout autant faire référence à l’histoire personnelle proche, il y a une semaine, un mois, ou bien lointaine, dans l’enfance. Mais l’on peut tout aussi bien considérer le passé comme expérience collective proche et lointaine, de l’Antiquité aux dernières années. Le passé est un fait qui ne peut être fondamentalement modifié, l’homme n’a pas d’emprise sur le temps qui passe et ne peut revenir en arrière malgré tout la nostalgie qu’il peut en avoir. Cependant le passé est manipulable au gré des intérêts, ainsi il est possible pour un groupe suffisamment influent de modifier la conception que la société a d’un évènement particulier.

        La passion, quant à elle, provient du latin passio qui signifie l’action de supporter, de subir, de souffrir. Ce que l’ont peut donc définir comme un fait non maîtrisable qui sous-entendrait une rupture psychologique.

        Ainsi se passionner pour le passé est-ce une façon de le considérer comme un idéal à atteindre  ? Ou bien constitue-il un frein, un obstacle aux changements ? Enfin, la passé ne devrait-il pas être un moyen d’apprendre, de comprendre, d’évoluer à partir d’un temps révolu pour créer, inventer un monde adapté à nos besoins et nos envies ?

        Tout d’abord, l’intérêt pour le passé permet à l’homme d’apprendre à gérer les évènements, à se comprendre lui-même.

        D’une part, on s’intéresse au passé grâce à une faculté particulière : la mémoire. Ce n’est qu’est travers elle qui vit le passé, dans un souvenir. C’est donc le souvenir du passé qui nous permet d’en tirer des leçons. L’histoire sert aux générations actuelles à ne pas reproduire les mêmes erreurs. Dans le cas des guerres, le souvenir que nous en possédons est ce qui nous a permis de conclure qu’il fallait établir une paix durable. Sans cela aurions-nous eu l’idée de nous unir pour éviter les conflits, n’aurions-nous pas couru le risque de connaître une troisième guerre mondiale ? L’histoire sert à construire l’avenir, elle bous empêche, ou du moins nous encourage, à agir en connaissance de cause sans nous contraindre mais en nous conseillant : nous agissons alors avec davantage de lucidité que nos ancêtres.

        D’autre part, l’histoire peut servir à la connaissance du genre humain, à sa compréhension et à sa formation. Les textes du passé, littéraires et historiques, sont des vecteurs de valeurs morales fondamentales pour l’homme, ainsi leur étude nous permet de nous les approprier. L’homme a longtemps évolué dans des systèmes monarchiques, des empires ou des dictatures. Ce sont les ouvrages grecs qui lui ont permis d’acquérir la notion de démocratie, et de l’appliquer, au moins en partie, dans nos sociétés modernes. L’invention démocratique aurait-elle put subsister sans l’intérêt de certains pour la civilisation grecque ? De plus, l’étude du passé nous permet de connaître le genre humain, ce dont l’homme est capable. A travers, les plus ou moins anciens récits, il est possible d’apprendre  à prévoir le comportement de l’homme. Nous savons ainsi qu’il est capable d’agir à n’importe quel prix pour son intérêt personnel ou ses idéaux, ce qui permet d’anticiper les excès et dérives. En outre, les ouvrages ont un rôle fondateur pour l’opinion. En effet, confronté aux jugements d’auteurs d’anciens qui parcourent l’histoire, l’homme moderne peut construire sa personnalité, enrichir nos valeurs : faire connaissance avec toutes les émotions possibles que l’on n’aurait pas ressenties sans.

        Enfin, l’intérêt pour le passé est un moyen d’interroger le progrès des civilisations. Le XVIIIème ,qui a vu l’émergence des Lumières, a permis à la science et la religion de devenir des domaines indépendants. Sans les Lumières de nombreux phénomènes, aujourd’hui expliqués par la science, seraient restés inconnus ou mal compris. De ce fait, l’intérêt pour le passé a été la condition sinequanone pour certaines découvertes.

        Mais poussé à une imitation stricte du passé, cette passion peut se révéler contraire à l’idée même de progrès. Ainsi, le passé peut rendre esclave. En effet, par définition il ne peut ni être changé, ni revenir, il peut donc faire obstacle à la volonté, et par conséquent rendre malheureux. Considérons une décision quelconque prise à un temps révolu et dont on regrette le choix. Quelque soit nos efforts, notre volonté, rien ne permettra de la modifier. De même, le passé renvoie directement à l’idée de temps qui passe, l’idée même que chaque instant nous ramène à la condition humaine : la mort inévitable. Le passé est ce qui n’est plus, ce qui a été mais a cessé d’être. Donc, au même titre que le futur, le passé n’a pas d’existence à cela près que le passé ne pourra plus jamais être présent quand le futur appelle à devenir le présent. Ainsi, la nostalgie qui résulte du passé peut empêcher de concevoir le présent à sa juste valeur, et donc masquer ce que les changements survenus peuvent avoir de bénéfiques.

        

        Ensuite, peut-on vraiment tirer des leçons de l’histoire ? Les évènements historiques ne sont-ils  pas des phénomènes uniques seulement liés aux circonstances de l’époque ? Se passionner ne peut-il pas se révéler être un obstacle à l’idée de progrès ?

        Par définition, l’homme évolue, existe-t-il donc un genre humain qui le caractériserait quelque soit l’époque, le lieu où il vit ? Si l’homme change alors tenté d’appliquer les mêmes décisions que nos ancêtres n’auraient pas les mêmes conséquences. Ainsi, le passé ne serait pas capable d’apporter de solutions à des problèmes d’actualité.

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