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Commentaire De Texte de la pièce de théâtre La Machine Infernale de Jean Cocteau

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Par   •  11 Mars 2012  •  1 612 Mots (7 Pages)  •  8 952 Vues

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Jean Cocteau est né le 5 janvier 1889 à Maisons-Laffitte et il est mort le 11 octobre 1963 à Milly-la-Forêt. Il était un poète français mais aussi un dramaturge, un graphiste, un dessinateur et un cinéaste. Il écrira plusieurs poésies, romans, pièces de théâtre et musiques mais ses plus grands succès sont La Lampe D’Aladin, un poème publié en 1909 et Antigone, une pièce de théâtre écrite en 1922. En 1932, Cocteau écrit une nouvelle pièce de théâtre : La Machine Infernale. Cette pièce est directement inspirée du mythe et de l’œuvre Œdipe Roi, de Sophocle. Elle est jouée pour la première fois le 10 avril 1934, à Paris. L’extrait que nous allons analyser est le passage de l’acte I, appelé « Le Fantôme » page 45 de « Le soldat : -- l’autre nuit, on guettait […] » jusqu’à la page 46 « Le soldat : -- […] plus on prenait l’air gauche ».

Le chef des deux soldats, qui surveillent le soir les remparts du château de la reine Jocaste, vient d’arriver. Il demande aux soldats des explications sur le mystérieux fantôme qui vient les voir depuis plusieurs nuits et qui demande à voir la reine et le prêtre du royaume de Thèbes, Tirésias, pour les prévenir d’une terrible menace. Les soldats racontent alors, à leur façon, les scènes dont ils sont témoins. Cet extrait est le début de l’œuvre, et il expose le sujet. Alors, en quoi cette exposition est-elle une prise de conscience, face à l’impuissance des hommes devant leur destin ? De quelle façon Cocteau arrive-t-il à nous le faire comprendre, et par quels registres littéraires ? Nous pouvons répondre à ce projet par trois principaux arguments. D’abord, nous verrons que le registre burlesque est le plus utilisé, après le registre tragique, le plus visible dans l’extrait. La façon dont Cocteau ridiculise l’impuissance du fantôme sera le dernier argument.

Dans cet extrait, le fantôme est une apparition tragique. Il essaie tant bien que mal de prévenir Jocaste du danger qui la menace, mais il n’y arrivera pas. Les forces divines sont plus fortes que sa volonté.

Tout d’abord, les soldats, qui racontent à leur supérieur ce qu’ils voient, présentent le fantôme de façon à le rendre pathétique. Le discours direct utilisé par le soldat pour narrer leur rencontre accentue la souffrance perçue. La didascalie et la phrase « (Voix solennelle.) « Je mourrai ma dernière mort. » » (l.14) expriment la répétition du destin qui s’acharne contre le fantôme. Le tragique est d’autant plus fort par l’urgence de la menace, et l’impératif montre à quel point le fantôme est désespéré : « Courrez ! Prévenez la reine ! Chercher Tirésias ! Messieurs ! Messieurs ! Ayez pitié … » (l.16 à 18).

L’idée de mystère du registre tragique est amplifiée par le discours de Laïus, qui ne permet pas de comprendre d’où provient la menace. Même si les spectateurs la connaissent déjà grâce à la Voix, on peut voir que Laïus est contrôlé par des forces supérieures, provenant d’un monde invisible aux vivants, dont les règles semblent très strictes, qui l’empêchent d’être plus clair sur le danger qui menace Thèbes. Le fantôme ne dit jamais aux soldats pourquoi il veut parler à Tirésias ou à Jocaste et ce qu’il va arriver : « Et il nous raconte tant bien que mal qu’il est arrivé une chose atroce, une chose de la mort, une chose qu’il ne peut pas expliquer aux vivants. » (l.5 à 8). L’utilisation du pronom « on » renforce l’idée d’intervention d’un monde invisible et énigmatique : « On allait le découvrir et le punir » (l.11 et 12) et « On lui défendrait d’apparaître » (l.12).

Ce qui rend plus tragique ce passage est le fait que le message que tente de faire passer Laïus est inutile et qu’il ne changera rien au destin de sa femme Jocaste (et donc de son fils Œdipe). Il est inéducable mais le défunt roi essaie tout de même d’y arriver, au risque de se perdre entre la fine frontière qui sépare le monde des vivants et celui des morts : « Et il suppliait, et le jour se levait. Et il restait là. » (l.18 et 19) et « A travers des phrases sans suite, on comprend qu’il a quitté son poste, quoi … qu’il ne sait plus disparaître, qu’il est perdu. » (l.22 à 24).

L’idée de « trop tard » qu’instaure le registre littéraire tragique indique que la machine est déjà en route, et que rien ne peut l’arrêter, pas même les efforts de Laïus pour parler à la reine. Il semble soumis à un monde invisible, dont les contraintes l’empêchent de faire ce qu’il souhaite. Il est impuissant face au destin.

On remarque dans cet extrait un décalage entre le fond, la gravité et le sérieux de la situation, et la forme,

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