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Philosophie africaine

Dissertation : Philosophie africaine. Recherche parmi 263 000+ dissertations

Par   •  23 Avril 2019  •  Dissertation  •  1 482 Mots (6 Pages)  •  5 368 Vues

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INTRODUCTION

La pensée africaine issue des traditions orales comme celle des Yorubas ou des Bantous est l'objet d'études modernes relevant de l'ethnophilosophie et consistant à reconstruire les représentations du monde de ces peuples selon les termes et les méthodes de l'ethnologie.

Cependant, ces dernières décennies, les historiens de la philosophie africaine, comme Tempels, Abdoulaye Elimane Kane, Ebenezer N’JOH Mouelle, soutiennent que les africains ont bel et bien développé une pensée philosophique. Mais cette position est loin de faire l’unanimité. Elle sera battue en brèche par Marcien Towa, Paulin Jidenu Hountondji, qui la qualifie d’ethnophilosophie. Mais ces derniers seront à leur tour critiqués par ceux qui se chargent de réhabiliter         l’ethnophilosophie comme N’JOH Mouelle, Elimane, entre autres.

  1. LES PREJUGES RACISTES

L'Africain, à tout point de vue, échoue à faire reconnaître sa spécificité, sa particularité ; en un mot sa manière d'être au, monde, au Blanc. Tant de cris, tant de hargne, n'auraient pas suffi pour faire plier l'échine qu'est le Blanc et l'amener à reconnaître désormais le Noir, non comme le supplément d'âme qu'il lui faut pour sa propre affirmation, mais comme un être doté d'une raison semblable à la sienne ou tout au plus un être à part entière. C’est dans ce sens que l’on peut  comprendre que le Noir, est celui que l’on doit encore éduquer, élever, civiliser. Le Blanc, c'est toujours celui qui éduque, élève, civilise. C'est pourquoi il doit connaître et comprendre le domaine de la pensée noire afin de donner plus d'efficacité à son action. HOUNTONDJI tire à ce sujet cette conclusion qui laisse transparaître les motivations réelles du Père Franciscain : « (...) Le Noir continue de ce fait, d'être tout le contraire d'un interlocuteur : il est ce dont on parle, un visage sans voix qu'on tente de déchiffrer entre soi, objet à définir et non sujet d'un discours possible.»(Dans son ouvrage intitulé la philosophie bantou en  1945).

Cette position est aussi conservée par Hegel, connu pour son extrémisme impérialiste voire raciste. Il soutient, dans son œuvre intitulé la raison dans l’histoire à la page 251, que  « pour tout le temps pendant lequel il nous est donné d’observer l’homme africain, nous le voyons dans l’état de la sauvagerie et de barbarie, le nègre représente le naturel dans toute sa barbarie et son absence de discipline ». Cela veut dire le nègre ne peut pas accéder à la rationalité, il manque d’objectivité, de logique et de morale.

Hegel considère que l’africain est assimilable à un sauvage, à un primitif dépouillé de toute pensée. En somme il trouve que l’Afrique est sans histoire et réside dans ce qu’il appelle un état d’innocence.

  1. L’ETHNOPHILOSOPHIE

Le terme d'ethnophilosophie a été créé par le Camerounais Marcien Towa pour désigner un courant de pensée à dominante africaine, inspiré par l'ouvrage de Placide Tempels sur la Philosophie bantoue, et qui consiste à identifier la philosophie d'une société à sa vision du monde, à son système de valeurs ancré dans le fond du psychisme et lisible à travers mythes et rites, proverbes et coutumes. Selon cette conception, toute société dite traditionnelle aurait une philosophie implicite que le philosophe se chargerait de mettre en évidence par l'étude des éléments culturels, et d'expliquer en soulignant à la fois la cohérence de la pensée et le lien entre conception du monde et orientation de l'action. Selon cette logique, la meilleure méthode pour connaître un peuple serait d'étudier son système implicite de pensée, de le déterrer en tant que philosophie collective.

Par contre il ne met guère en cause le statut même de l'objet que l'on prétend révéler à travers cette démarche équivoque: la philosophie comme système collectif de croyances, faisant l'unanimité entre tous les membres de la société" Sur la philosophie africaine de Marcien towa p. 244. Ainsi chez notre auteur, l'ethnophilosophie est un discours mystifié, une description onirique d'une pensée onirique et collective qui n'existe que dans la tête de celui qui l'invente.

D'un autre côté, l'ironie de l'histoire a voulu que ce soient des philosophes africains contemporains (Hountondji, Eboussi Boulaga) qui ont entamé la critique la plus radicale des thèses de Tempels sur la "philosophie bantou"..

LA CRITIQUE DE LA PHILOSOPHIE AFRICAINE

Sur « la philosophie africaine » critique de l'ethnophilosophie comme son nom l'indique est une critique de l'ethnophilosophie et de toute sa problématique aux fins de montrer notamment qu'il n'existe pas de philosophie unanimiste, inconsciente et qui résiderait quelque part dans le subconscient collectif d'un peuple dans l'attente d'être exhumée par l'interprétation d'éléments culturels. Plus que cela, l'auteur voudrait que le débat sur la problématique philosophique africaine soit reconsidéré et que ses termes aussi bien théoriques qu'épistémologiques soient réorientés pour être à l'image de la discipline spécifique qu'est la philosophie ; plus précisément à l'image de celle-ci telle qu'elle a toujours fonctionné dans la tradition internationale. Pour cela, il estime qu'entre autre rôles qui reviennent à la philosophie sur le continent africain, il y a la transformation du discours ethno philosophique en un véhicule d'un débat contradictoire qui non seulement engage les Africains entre eux ; mais aussi qui traite des questions les plus diverses, même si celles-ci n'ont aucun rapport avec l'Afrique. Cela signifie plus précisément un débat qui s'éloigne de ce qu'il appelle le mythe de l'ethnophilosophie.

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