Fantine, personnage en marge
Étude de cas : Fantine, personnage en marge. Recherche parmi 303 000+ dissertationsPar Adrienrte • 25 Janvier 2026 • Étude de cas • 1 284 Mots (6 Pages) • 17 Vues
« Madame Bovary » – Analyse linéaire
Introduction
L’extrait que vous m’avez demandé d’analyser est tiré du roman Madame Bovary écrit par Gustave Flaubert, publié en 1857. L’extrait correspond au chapitre 12 de la deuxième partie. Gustave Flaubert est un romancier du XIXᵉ siècle, connu pour son travail stylistique minutieux. Ce roman retrace la vie d’Emma Bovary, une femme qui rêve d’une vie idéale qu’elle ne connaîtra jamais, car elle est davantage occupée à rêver qu’à vivre. Épouse d’un médecin de campagne, elle s’ennuie profondément.
Dans tout le récit, Gustave Flaubert se moque des personnes qui rêvent d’une vie paradisiaque à travers son héroïne, Emma Bovary. Cet extrait évoque un moment de rêverie de l’héroïne. Quelle image de Madame Bovary l’auteur fait-il ressortir ?
Pour répondre à cette question, j’analyserai le texte en suivant trois mouvements : d’abord la réalité d’Emma, ensuite sa rêverie, et enfin le retour brutal à la réalité.
Mouvement 1 : la réalité d’Emma
« Emma ne dormait pas, elle faisait semblant d’être endormie ; et, tandis qu’il s’assoupissait à ses côtés, elle se réveillait en d’autres rêves. »
Pour commencer, on peut remarquer que la relation entre Emma et son mari est fondée sur des fausses apparences. Une mise en place du cadre s’opère grâce à une évocation simultanée du mari et de la femme. Le mari dort tandis qu’Emma fait semblant de dormir. Le choix des oppositions entre le verbe « dormait », l’adjectif « endormie » et l’expression « faisait semblant » montre que leur relation est basée sur l’illusion.
De plus, dans les lignes 1 et 2, une opposition nette apparaît entre le mari et la femme : « il s’assoupissait à ses côtés, elle se réveillait en d’autres rêves ». Cette opposition souligne l’aspect artificiel de la relation conjugale et montre que rien ne semble réellement unir les deux époux.
Mouvement 2 : la rêverie d’Emma
« Au galop de quatre chevaux, elle était emportée depuis huit jours vers un pays nouveau, d’où ils ne reviendraient plus. Ils allaient, ils allaient, les bras enlacés, sans parler. Souvent, du haut d’une montagne, ils apercevaient tout à coup quelque cité splendide avec des dômes, des ponts, des navires, des forêts de citronniers et des cathédrales de marbre blanc, dont les clochers aigus portaient des nids de cigogne. On marchait au pas, à cause des grandes dalles, et il y avait par terre des bouquets de fleurs que vous offraient des femmes habillées en corset rouge. On entendait sonner des cloches, hennir les mulets, avec le murmure des guitares et le bruit des fontaines, dont la vapeur s’envolant rafraîchissait des tas de fruits, disposés en pyramide au pied des statues pâles, qui souriaient sous les jets d’eau. Et puis ils arrivaient, un soir, dans un village de pêcheurs, où des filets bruns séchaient au vent, le long de la falaise et des cabanes. »
On comprend immédiatement qu’il s’agit d’un rêve, car il n’y a pas de limites spatiales. L’accumulation de lieux et d’éléments (« des dômes, des ponts, des navires, des forêts de citronniers, des cathédrales de marbre blanc ») donne l’impression que tous les espaces se superposent.
On remarque également une forte énumération sensorielle : « cloches », « mulets », « guitares », « fontaines », « fruits », « statues », ce qui crée une abondance irréaliste, impossible dans le monde réel. Ce foisonnement accentue le caractère idéalisé et fantasmatique du rêve.
Même si cette rêverie est une fuite, Emma n’oublie pas d’y inclure son amant, comme le montre le passage du pronom « elle » au pronom « ils ». L’expression « les bras enlacés » suggère un rêve d’amour fusionnel. Pourtant, le nom de l’amant n’est jamais mentionné, comme si l’essentiel n’était pas l’homme lui-même, mais l’évasion qu’il permet.
« C’est là qu’ils s’arrêteraient pour vivre ; ils habiteraient une maison basse, à toit plat, ombragée d’un palmier, au fond d’un
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