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L'homme Autre De Violences Conjugales: Quelle Prise En Charge

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Par   •  4 Avril 2013  •  9 611 Mots (39 Pages)  •  1 245 Vues

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L’homme auteur de violences conjugales : quelle prise en charge ?

Alors que je débutais, en 2006, la formation d’assistant de service social, les résultats d’une enquête ainsi qu’une étude portant sur les violences envers les femmes en Polynésie Française étaient publiés .

Les deux documents indiquaient :

- qu’une femme sur deux a été victime de violences physiques au cours de sa vie d’adulte,

- qu’une femme sur quatre est victime de violences physiques au sein du couple,

- qu’une femme sur quatre a été dans sa vie d’adulte victime à la fois de violences physiques, sexuelles ou psychologiques.

Ces résultats statistiques m’avaient particulièrement interpellée.

Au cours de la même période, lors d’une visite du (de qq’un) centre pénitentiaire de Nuutania (à Faa’a, Tahiti), nous apprenions que 60% des hommes incarcérés l’étaient pour des problèmes de mœurs et moins de/à peine 4% d’entre eux pour violences sur leur conjointe. Il me semblait que ce dernier chiffre n’était pas en cohérence avec ceux publiés sur la violence conjugale en Polynésie Française. Comment était-il possible d’expliquer cette distorsion ?

Enfin, peu après, notre promotion assistait à un procès d’assises mettant en cause un homme pour homicide sur son épouse. La femme/victime avait succombé aux/sous les ? coups de son mari, mais avant cela, elle avait dû supporter plusieurs heures de souffrance et de peur. (pas beau) La mère de l’accusé comparaissant comme témoin avait déclaré « qu’elle savait que son fils battait sa femme mais pas tant que cela, ni plus ni moins qu’une autre ». L’homme fut au résultat (familier :verdict) condamné à 21 ans d’emprisonnement. Impressionnée par ce procès je me suis questionnée alors sur l’efficacité ??? attention de ne pas mettre en doute un jugement, au cas où dans ton jury il y ait une personne de la justice ! de la sentence.

L’année suivante, la lecture de deux articles sur la prise en charge de l’homme auteur de violences conjugales a coupé court à mes représentations. L’homme violent pouvait lui aussi être considéré comme une victime ! La société lui laisserait donc une place.

Et moi qui considérais, de manière instinctive, que c’était un monstre et qu’il devait payer ! phrase très familière, prévoir des questions à l’oral sur ce positionnement.

De là, est/sont ? parti mon intérêt pour le/ce sujet et l’envie d’en savoir plus. C’est ainsi que j’ai débuté mon travail de réflexion, orienté mes lectures, conduit mes recherches et entretiens. Au fur et à mesure, je me suis interrogée, questionnée sur ce thème :

- en quoi consiste cette prise en charge ? Existe-t-elle en Polynésie Française ?

- d’où est venue cette idée de prendre en charge l’homme violent ?

- parler de prise en charge de l’homme auteur de violences conjugales ne va-t-il pas choquer ?

- la notion de prise en charge ne remet-elle pas en cause la culpabilité de l’homme violent ? Cela ne va-t-il pas décrédibiliser la femme victime de ces violences en les mettant au même niveau ?

- les hommes sont-ils volontaires ou s’agit-il d’une injonction ?

- que dit la loi dans ce domaine ?

- pourquoi les structures de prise en charge ne sont-elles pas plus nombreuses ?

(toutes les questions précédentes évoquent une prise en charge, et là tu parles déjà d’une carence. A mon avis tu avances des éléments qui doivent découler d’un développement plus bas)

- que pensent les travailleurs sociaux de cette approche ?

Certains questionnements m’ont amenée à douter du choix de ce thème. J’ai d’ailleurs effectué un certain nombre d’allers-retours quant à mon positionnement et mon ressenti sur l’homme violent.

Il ressort des tous premiers entretiens que j’ai menés, que cette prise en charge est nécessaire en termes de prévention de la récidive mais qu’elle doit être menée conjointement avec un rappel à la loi et une injonction. Toutefois, il m’a semblé que la prise en charge de l’homme auteur de violences conjugales était relativement méconnue du milieu social. En métropole, quelques structures accueillent l’homme violent mais elles souffrent d’un manque de crédits. Nous l’étudierons d’ailleurs plus précisément par la suite. De plus, la prise en charge de l’homme est basée sur le volontariat. J’ai pu constater par mes lectures et entretiens que ce dernier ne vient pas facilement parler de ses difficultés.

Des groupes de paroles sont mis en place dans certains centres pénitentiaires mais ils n’en sont qu’aux premières étapes et ne peuvent encore prendre de recul et évaluer le travail effectué.

En Polynésie, alors que je débutais ma phase exploratoire, j’apprenais qu’un projet pilote intitulé « Les Ateliers Thérapeutiques » allait débuter, des crédits ayant été accordés après deux années d’engagement de la part des promoteurs. Malheureusement, alors que j’effectuais mes premiers entretiens pour obtenir plus d’informations sur ces groupes de parole, j’apprenais le désengagement de la Direction des Affaires Sociales constatant le manque de candidats (des hommes volontaires).

Par contre, apparaissait une proposition d’intervention dans le cadre du Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation (SPIP) de Papeete (Tahiti). Il n’était alors plus question de volontariat.

Comment expliquer que la problématique n’accroche pas plus en France métropolitaine et qu’en outre mer ? Pourtant, l’on en (soit l’un soit l’autre) parle de plus en plus, depuis les années 1980 avec la création des premiers centres d’accueil pour hommes violents. Les moyens (matériels, humains et financiers) seraient-ils insuffisants, ou bien serait-ce un manque de volonté ou de coordination de la part des décideurs, des travailleurs sociaux, des professionnels en général ? Cela peut-il venir de l’homme violent lui-même qui ne parviendrait pas à se remettre en question et donc à se porter volontaire pour participer à ce genre d’accompagnement ? La société peut-elle craindre un certain parti pris vis-à-vis de l’homme auteur de violences conjugales ?

Comment les professionnels abordent-ils

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