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Fiche de lecture: Sociologie des quartiers sensibles

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Par   •  28 Août 2018  •  Fiche de lecture  •  1 929 Mots (8 Pages)  •  255 Vues

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FICHE DE LECTURE CM3: SOCIOLOGIE DES QUARTIER SENSIBLES PAR CYPRIEN AVENEL.

Présentation de l'auteur 

"Cyprien Avenel est sociologue.  Chargé de mission à la Direction des Statistiques, des Etudes et de la Recherche de la Caisse nationale des Allocations familiales.  Enseignant à l’IEP de Paris. Il a fait sa thèse au sein de l’Université Victor Segalen Bordeaux 2, où il a été allocataire de Recherche, enseignant moniteur, attaché temporaire d’enseignement et de recherche, puis chargé de recherche sous contrat du Ministère de la Recherche (Action Concertée Incitative Ville). Il enseigne au sein du Master Stratégies Territoriales et Urbaines de Sciences Po et à l’Ecole Nationale Supérieure de la Sécurité Sociale (EN3S). Il intervient dans diverses sessions à destination d’institutions privées/publiques sur les thématiques en lien avec la politique de la Ville, l’exclusion et les violences urbaines, les territoires, les politiques sociales et familiales. Il est membre du Pôle de recherche Villes/métropolis/cosmopolis du Centre d’Etudes Européennes de Sciences Po. Il est notamment membre du comité de rédaction de Recherches et Prévisions, participe à l’élaboration de divers numéro d’Informations Sociales, membre de la Commission Scientifique de l’EN3S, membre du conseil d’orientation de l’Observatoire national des zones urbaines sensibles. Ses thèmes de recherche portent essentiellement sur les habitants des quartiers dits « sensibles » français, par comparaison aux situations américaines de l’underclass notamment. Il travaille actuellement sur la politique de la Ville, le travail social et la rénovation urbaine. Ses recherches portent également aujourd’hui sur les situations de précarité et le Revenu Minimum d’Insertion. Il conduit notamment pour la CNAF le projet national d’évaluation de la décentralisation du RMI."  Source: http://master.sciences-po.fr/sites/default/files/avenel.pdf    Cela fait un bon moment que tout ce qui tourne autour des banlieues suscite de larges débats et analyses mais aussi une grosse couverture médiatique. Toute ceci est dû à l'insécurité mais aussi les problèmes sociaux que l'on retrouve dans les banlieues. Dans son ouvrage l'auteur va montrer cette  construction sociale des banlieues et ce processus de stigmatisation. Ainsi, de manière synthétique, l'auteur va présenter comment les banlieues virent au problème social, les luttes contre la stigmatisation et la ségrégation, les violences urbaines et enfin les politiques sociales ainsi que les politiques de la ville. Comme il l'a souligné dans introduction, les termes du débat confluent autour d'une approche géographique des problèmes sociaux. De ce fait, le débat va tourner autour des inégalités et les limites de l'égalité, le principe de mixité des populations. En mettant en avant ces aspects là, on bascule vers une nouvelle analyse des questions sociale sous l'aspect géographique.

C'est donc autour de cette thématique plurielle que l'auteur a choisi de concentrer ses recherches.   La construction massive des cités selon l'auteur est le fruit de l'urbanisation accélérée qu'à connu la France après la guerre; ce qui va générer des problèmes sociaux dans les années 50/70. Ces derniers étaient certes différents de ceux qu'on connait actuellement mais ont tout de même des traits communs. Racisme, incidents graves, meurtres, les cités commençaient déjà à faire parler d'elles et suscitaient l'intérêt des médias. On parle déjà d'une nouvelle pauvreté mal intégrée, on blâme les immigrés. Aujourd'hui, les banlieues rassemblent tous les maux de la société, c'est devenu un terme vague, une sujet surmédiatisé.  "La concentration spatiale des inégalités sociales" existe depuis toujours dans les villes selon l'auteur, cependant, cette inégalité est plus répandue dans les zones urbaines sensibles, c'est à dire plus de 725 en France. Cibles des politiques de la ville, ces zones là accumulent les difficultés sociales; Familles nombreuses, jeunes de moins de 25 et les étrangers y sont beaucoup plus nombreux.  Ces quartiers là ne sont pas homogènes et diffèrent entre eux. Les anciennes cités ouvrières ne ressemblent pas aux nouvelles cités d'après guerre. Les occupants des cités ne se ressemblent pas, certains ont des revenus faibles, d'autre ont un emploi stable et "transitent par les cités". Il existe des sous-quartiers selon Avenel, "plus on diminue l'échelle géographique, plus les clivages sociaux augmentent", les politiques de peuplement insistent sur le principe de mixité.   Avenel propose aussi d'analyser les mécanisme qui causent la ségrégation. Pour ce faire, il estime qu'il faut sortir des quartiers et s'intéresser de plus près la société Française. Il estime que les problèmes des banlieues à pour origines ses facteurs collectifs individuels à savoir le processus de l'emploi, la place des immigrés, et enfin les politiques de logements.

Le chômage de masse est le résultat de la crise des années 70 qui a paralysé les moins qualifiées. La politique de logement social qu'on a mené depuis la seconde guerre à favoriser la construction des zones urbaines en priorités.  La loi Barre (1977) va permettre aux familles en difficulté d'accès au logement. Les HLM vont très vite se transformer en zone où vivent les rejetés de la société. La stigmatisation des banlieues: Aujourd'hui, on arrive à ressentir les conséquences de la sur médiatisation, on associe rapidement les banlieues aux crimes et à l'insécurité. Pour exploité commercialement le sentiment de l'insécurité, la presse et la télé ont tendance à surfer sur le "stéréotype journalistique". Les médias vont donc dramatiser et exagérer, une volonté de proposer une approche spectaculaire de ce qui se passe dans les banlieues.   "Les banlieusards" savent pertinemment qu'ils ont une mauvaise réputation. cette nouvelle logique interne  va non seulement affecter leur relation avec les autres mais aussi leur relation avec eux même. Ces jeunes des cités par exemple auront tendance à incarner cette image de "racaille" qu'on attend d'eux plutôt que d'essayer de décrédibiliser cette mauvaise image "du jeune de la cité" que les médias véhiculent. Cette stigmatisation va leur rendre la vie professionnelle difficile, une crainte va s'instaurer dans leur relation avec autrui. Les adultes quant à eux dénoncent le fait que les entreprises ne viennent pas s'installer dans leur lieu de vie. Cette stigmatisation n'est pas vécue de la meme façon par les "personnes en transite", contrairement à eux, les personnes en difficulté tendent à penser que la vie dans la cité leur a été imposée et souhaitent quitter le quartier rapidement. Dans ces cas là, la famille est perçue comme un amortisseur. Dans un milieu précaire, la famille aura tendance à instaurer une certaine chaleur et les individus les plus pauvres vont plus se diriger vers leur proches. Cette dans cette logique là que Avenel parle de liens d'entraide et de soutien psychologique. Il estime que dans les quartiers sensibles, la vie des individus se résume à leur lieu de résidence, de ce fait, des liens spéciaux vont se créer entre les occupant des cités. Plus on est pauvre, plus on développe des liens de proximité plus intenses. Les relations des cités sont basées sur l'échange des biens et services, " un jeu de dons" et de "contre don" va se mettre en place. Les ragots et les rumeurs détiennent une place importante dans les cité; dans le sens où la réputation de chacun constitue son capital social. Les immigrants quant à eux s'adaptent dans leur pays d'accueil et se créent une nouvelle identité, ils sont à la fois rattachés à leur pays d'accueil sans oublier leur pays d'origine, le cas de la femme maghrébine en témoigne, cette dernière s'est bien intégrée et a accès au marché du travail, elle met au monde moins d'enfants.   L'auteur insiste beaucoup sur les "jeunes". L'appartenance des jeunes à une cité constitue une grosse part de leur identité. Ils se voient et se considèrent comme les principaux acteur du quartier, c'est ce qui explique leur attachement profond à leur lieu de résidence.  L'auteur parle aussi de "culture de rue", cette dernière est formée par des jeunes qui ont grandi ensemble. La conduite de cette "bande d'amis" repose sur l'honneur, la réputation et la compétition. Cette culture de rue pousse les jeunes à consommer, à être brancher et porter les meilleures marques. Une volonté de ressembler à la classe moyenne et de se détacher de leur milieu d'origine. Quant aux jeunes femmes, ces dernières subissent la stigmatisation des garçons qui souhaitent qu'elles rentrent dans un modèle traditionnel de la femme, dans le cas contraire, elles sont rejetées, insultées et méprisées. Certaines filles pour se fondre dans cet univers viril adoptent des comportements masculins et participent dans certain cas à la délinquance qui est souvent associée aux jeunes mâles. Une autre catégorie, "la moins pire" joue la carte de la discrétion et fait profil bas dans le cartier. Ici on vise la réussite scolaire et on essaie d'éviter les problèmes. Et enfin, le hip hop, le football et autres sports populaires marquent les cités, les jeunes rêvent de cette ascension sociale express et sont souvent motivés par les exs banlieusards qui gagnent leur vie dans l'univers de la musique ou du sport.

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