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Jean-Paul Sartre, Les Mouches, Acte 2 Scène 7

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Par   •  20 Novembre 2012  •  2 534 Mots (11 Pages)  •  11 750 Vues

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Jean-Paul Sartre, Les Mouches, Acte II, scène 7, 1943

Durant l’Antiquité où il existe le théâtre classique, les tragédies mettent en scène des personnages héroïques hors du commun qui sont menés à la mort par leur bravoure. La tragédie romantique met en action des personnages normaux souvent exclus et devenant par leurs actions des héros. Cependant, au XXe siècle, le tragique s’inspire de la vie quotidienne donc les personnages sont ordinaires.

Jean-Paul Sartre demeure un grand personnage de cette époque ainsi qu’Albert Camus, Samuel Beckett ou encore Jean Anouilh. Sartre était un dramaturge, nouvelliste et philosophe. Il a écrit des textes littéraires comme la Nausée (1938) ou les Chemins de la liberté (1945) ; des textes philosophiques tels que L’être et le Néant (1943) ou L’existentialisme est un humanisme (1945) et des textes théâtraux prenant une grande place dans son activité littéraire comme Huit clos (1944) ou le Diable et le Bon Dieu (1951). Durant la seconde guerre mondiale, en 1940, il fut emprisonné dans un camp de détention en Allemagne. Il fut connu aussi pour son refus d’obtenir la Légion d’honneur en 1945 ou le prix Nobel de la littérature en 1964. Selon lui, ces honneurs lui auraient « pris » sa liberté.

Nous allons étudier un extrait de pièce de Jean-Paul Sartre intitulé Les Mouches. Découpée en trois actes. Cette première pièce est présentée devant un public. Elle est inspiré d’un mythe grec des Atrides afin de développer une conception philosophique de la tragédie mettant fin aux sanglants combats des fils d’Atrée. Nous nous focaliserons sur la scène 7 de l’acte II. On peut penser que cette scène est la péripétie ou sinon le nœud dramatique mais cela est moins évident. Cette scène représente un monologue de Electre devant le cadavre d’Égisthe qui fut tué par le frère de Electre, Oreste, afin de venger son père assassiné. Durant cette scène, nous y apprenons aussi le meurtre de Clytemnestre, sa mère, tuée par son frère. Donc, il y a un double meurtre. Dans cet extrait, comment la terreur est-elle mise en scène ? Nous analyserons dans un premier temps les doutes d’Electre avec son questionnement, l’auto-persuasion, la présence du manteau et l’opposition entre la réalité et ce qu’elle pensait. Dans un deuxième temps, nous verrons en détail le monologue lyrique avec l’expression de la haine, le désir et la ponctuation. Dans un troisième temps, nous étudierons l’évocation implicite de la mort de Clytemnestre par Oreste par la présence de la mère dans les paroles d’Electre ainsi de celle de son frère et l’assassinat.

Jean-Paul Sartre, dans cette scène, établit une situation où Electre est seule face au cadavre d’Egisthe, celui qui a tué son père. Ce meurtre commis par son frère et elle, est programmé afin de venger leur père, le roi Agamemnon donc l’homicide est voulu. Cependant, Electre se trouve dans un état où elle doute, ce qui nous est montré par le monologue.

Nous pouvons remarquer, dans le monologue, qu’Electre se pose de nombreuses questions. « Est-ce qu’elle va crier ?» (l.1). Elle évoque l’état de Clytemnestre, sa mère et la femme d’Agamemnon. On peut penser aussi que Clytemnestre sera tué par Oreste car à la suite de cette question, nous pouvons voir : « Il marche dans le couloir. Quand il aura ouvert la quatrième porte ... » (l.1-2). A ce moment, elle évoque l’action de son frère avant de tuer sa mère. Alors Electre se pose une question par rapport à la réaction de sa mère lorsqu’elle apprendra qu’elle mourra. « Qu’est-ce que je voulais donc ? » (l.12). Cette question est en rapport avec un doute entre un sentiment de joie envers la mort d’Egisthe et de Clytemnestre et un sentiment de remords mis en scène par l’application du manteau sur le visage du cadavre. « Est-ce que je me suis menti pendant quinze ans ? » (l.14-15). La question est encore en rapport avec le doute. Electre se le demande car depuis la mort de son père, elle a voulu la mort d’Egisthe et de sa mère qui est en train de mourir dans une autre pièce. Sauf qu’à ce moment, elle a des remords et elle se demande si elle a vraiment voulu la mort de ses « ennemis » (l.14) ou est-ce pour avoir le même avis que son frère.

Dans cette scène, le manteau joue un rôle important car il met en exergue le doute d’Electre. Ce manteau n’est jamais cité par le personnage important dans cette scène mais on le retrouve dans les didascalies qui montrent les gestes de la femme. « (Elle s’agenouille et jette un manteau sur le visage d’Egisthe) » (l.11-12). Juste avant cette didascalie, nous avons la cause de ce geste : « Ah ! je ne peux plus supporter ce regard. » (l.10-11). A ce moment, elle a des remords et elle ressent de la culpabilité. Elle n’accepte pas de voir Egisthe mort alors qu’avant son assassinat, elle le voulait comme cadavre. Donc, elle le recouvre d’un manteau pour lui enlever cette image, de cacher sa culpabilité. Mais, quelques lignes plus loin, « (Elle arrache le manteau) » (l.18-19), elle change d’avis. On y voit après la didascalie que le regard du mort ne lui fait plus rien ressentir : « Que m’importe ton regard de poisson mort. » (l.19). Elle assume sa culpabilité et elle accepte de voir Egisthe mort devant elle.

Durant le déroulement de l’action, nous y voyons une opposition entre ce qu’imaginait Electre et la réalité à laquelle elle est confronté. « Je ne m’en rendais pas compte » (l.4). A ce moment, elle imagine la mort de celui qui est devant elle. Mais, quand elle le voit réellement décédé, elle n’arrive pas à accepter de le voir ainsi malgré son désir. Egalement, comme Egisthe est mort, Clytemnestre mourra car ils étaient complices dans l’assassinat d’Agamemnon. Le but d’Egisthe et de Oreste était de venger leur père. Donc, elle n’imagine pas réellement le futur meurtre de sa mère au moment où elle parle. « Ses yeux étaient clos, il avait l’air de dormir (...), Il n’a pas l’air de dormir, et ses yeux sont ouverts, il me regarde. » (l.6- 8). Nous pouvons y voir un chiasme donc une opposition entre ce qu’elle imaginait, de le voir les yeux clos et la réalité, de le voir les yeux ouverts. Cela est comme un parallélisme. Nous y voyons bien l’opposition entre l’imagination d’Electre et la réalité.

Durant son état de doute, Electre essaye de se persuader qu’elle n’a pas de remords et qu’elle voulait la mort d’Egisthe et de Clytemnestre. Elle insiste sur son désir de les voir mourir ce qui montre que cela n’est pas sincère et qu’elle se force à y croire. Mais nous verrons plus tard l’expression du désir d’Electre. Mais nous avons un autre élément montrant l’auto-persuasion

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