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Commentaire sur le chapitre 1 du conte philosophique Candide de Voltaire

Mémoire : Commentaire sur le chapitre 1 du conte philosophique Candide de Voltaire. Recherche parmi 259 000+ dissertations

Par   •  25 Avril 2013  •  502 Mots (3 Pages)  •  590 Vues

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Le dernier paragraphe présente le précepteur de Candide : Pangloss. L’ironie y est constante.

« Pangloss, écrit Voltaire, enseignait la métaphysico-théologo-cosmolo-nigologie ». Selon le principe de l’antiphrase, cette proposition commence avec des termes élogieux et se termine avec des mots dévalorisants qui contredisent les précédants. Le verbe « enseigner » et les termes abstraits qui le suivent semblent vanter le grand savoir du précepteur. Il enseigne la « métaphysique », c’est à dire les fondements de la condition humaine ; la « théologie », la théorie de Dieu ; la « cosmologie », la science des astres et de l’univers. Tout cela paraît très savant. Mais le mot « nigologie », dérivé de « nigaud » qui veut dire « stupide », suggère que toutes ces sciences ne sont que des sottises. Le long mot composé utilisé par Voltaire est d’ailleurs satirique dans sa forme même : il connote des idées de complication et de confusion, il ironise sur le pédantisme du jargon philosophique.

« Il prouvait admirablement, ajoute Voltaire, qu’il n’y a pas d’effet sans cause ». On reconnaît à nouveau le procédé de l’antiphrase. La proposition commence par deux termes valorisants, le verbe « prouver » et surtout l’adverbe « admirablement ». Mais la suite contredit ce début de phrase emphatique : par définition, tout effet est produit par une cause, c’est une évidence. La compétence philosophique de Pangloss se borne à prouver ce qui n’a pas besoin de l’être.

Ce paragraphe vise donc à ridiculiser Pangloss, et à travers lui, la philosophie optimiste de Leibniz. En effet, le lecteur peut reconnaître derrière le discours de Pangloss des formules habituelles du grand philosophe allemand. Leibniz affirme qu’il ne se produit sur cette terre aucun événement qui n’ait été voulu par Dieu : il n’y a pas d’effet qui n’ait une cause divine. Voltaire ridiculise cette formule en la déformant et en la réduisant à une lapalissade.

Une autre idée célèbre de Leibniz est que nous vivons dans « le meilleur des mondes possibles ». Le mal étant nécessaire à l’équilibre de la création, notre monde n’est pas parfait mais il est le meilleur que Dieu pouvait nous offrir. A la fin du paragraphe, Pangloss applique mécaniquement cette philosophie optimiste à ses maîtres et à leur château : « dans ce meilleur des mondes possibles, le château de monseigneur le baron était le plus beau des châteaux, et madame la meilleure des baronnes possibles ». On peut y voir de la part de Voltaire une façon de critiquer la naïveté de Pangloss, et peut-être même sa servilité. Pangloss serait alors l’exemple de l’intellectuel officiel, qui utilise sa prétendue philosophie pour justifier le système social et faire sa cour à ses maîtres.

L’intention de Voltaire dans ce passage est donc d’indiquer la mauvaise influence exercée par ce maître sur le jeune et naïf Candide.

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