Étienne de La Boétie, Discours de la servitude volontaire, péroraison
Commentaire de texte : Étienne de La Boétie, Discours de la servitude volontaire, péroraison. Recherche parmi 304 000+ dissertationsPar gaspardmr • 13 Mai 2026 • Commentaire de texte • 791 Mots (4 Pages) • 180 Vues
Texte 12– Étienne de La Boétie, Discours de la servitude volontaire, péroraison
Problématique :
Comment La Boétie construit-il, dans cette péroraison, une condamnation violente des courtisans tout en donnant à son discours une portée morale et persuasive ?
I. (l.1 à 8/9) Condamnation des courtisans par le peuple
Idée :
La Boétie renverse l’opinion commune : ce ne sont pas les tyrans mais leurs serviteurs qui concentrent la haine universelle.
Arguments :
- Renversement argumentatif (opposition) :
« Mais » / « D’ordinaire… mais bien ceux… »
→ figure : opposition + correction
→ La Boétie corrige une idée reçue et déplace la responsabilité vers les courtisans. - Généralisation et universalité :
« le peuple, les nations… jusqu’aux paysans, jusqu’aux laboureurs »
→ figures : énumération + gradation descendante
→ Toutes les classes sociales sont citées, des plus larges aux plus humbles → la haine est universelle. - Amplification de la haine :
« mille outrages, mille injures, mille malédictions »
→ figures : accumulation + hyperbole + anaphore (« mille »)
→ Exagération volontaire pour montrer une hostilité massive et collective. - Insistance sur la responsabilité totale :
« toutes leurs prières, tous leurs vœux, tous leurs malheurs… »
→ figures : anaphore (« tous/toutes ») + accumulation
→ Les courtisans sont rendus responsables de tous les maux du peuple. - Corrélation malheur / courtisans :
→ procédé argumentatif : causalité implicite
→ Le peuple attribue systématiquement ses souffrances à ces hommes. - Opposition apparence / réalité :
« en apparence… mais en leur cœur »
→ figure : antithèse
→ Dénonce l’hypocrisie : respect affiché / haine réelle. - Déshumanisation :
« plus grande horreur que les bêtes sauvages »
→ figures : comparaison + hyperbole
→ Les courtisans sont rabaissés au-dessous de l’animal → condamnation morale extrême.
Conclusion du mouvement :
La Boétie construit une haine collective contre les courtisans pour dissuader le lecteur de devenir complice du tyran.
II. (l.9 à 15) Châtiment et condamnation des courtisans
Idée :
Les courtisans subissent une punition totale : morale, physique et surtout mémorielle.
Arguments :
- Ironie violente :
« Voilà la gloire, voilà l’honneur »
→ figures : anaphore (« voilà ») + antiphrase
→ Faux éloge qui dénonce en réalité une situation honteuse. - Violence imagée :
« un morceau de leur corps »
→ figure : hyperbole + image concrète choquante
→ Montre jusqu’où va la soumission → perte de dignité. - Insatisfaction permanente :
→ procédé : négations répétées (« ne… pas », « jamais »)
→ Les courtisans ne sont jamais comblés → critique de leur illusion. - Châtiment posthume :
« traînés dans la boue par la postérité »
→ figures : métaphore dévalorisante
→ Leur réputation est salie pour toujours → condamnation éternelle. - Amplification de la mémoire collective :
« mille plumes », « mille livres »
→ figures : hyperbole + accumulation
→ Leur honte est diffusée partout et pour toujours. - Dégradation symbolique :
→ « boue » = image d’abaissement moral
→ métaphore → perte totale d’honneur.
Conclusion du mouvement :
La Boétie met en place une stratégie dissuasive : servir le tyran conduit à une honte éternelle, pire que la mort.
III. (l.16 à 21) Dimension didactique et morale (condamnation divine)
Idée :
La Boétie transforme sa dénonciation en une leçon morale fondée sur la religion et la conscience.
Arguments :
- Tournure didactique :
« Apprenons… apprenons… »
→ figure : anaphore + impératif
→ Discours pédagogique → volonté de guider le lecteur. - Exhortation :
« Levons les yeux vers le ciel »
→ figure : impératif + métaphore (élévation)
→ Invitation à prendre du recul moral. - Gradation des valeurs :
« honneur → vertu → conscience → Dieu »
→ figure : gradation
→ Montée vers une valeur suprême → Dieu comme juge ultime. - Argument d’autorité :
« Dieu tout-puissant », « juste juge »
→ référence religieuse
→ Donne une légitimité incontestable à la condamnation. - Engagement personnel :
« moi, je pense »
→ figure : énonciation (1ère personne)
→ Renforce la crédibilité et l’implication de l’auteur. - Condamnation divine :
« peine particulière »
→ figure : euphémisme
→ Atténuation apparente qui renforce en réalité la gravité du châtiment.
...