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Explication linéaire : Scarron, Le Roman comique

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Par   •  14 Avril 2026  •  Commentaire de texte  •  2 829 Mots (12 Pages)  •  6 Vues

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TEXTE :

EL: Le Roman comique, Paul Scarron : (20 lignes environ sont données à étudier le jour de l’oral).

1. SITUER BRIÈVEMENT L’EXTRAIT :

 titres, auteur, date, rapide contextualisation et résumé de l’extrait :

(attention ! seuls les éléments qui éclairent vraiment le texte sont retenus)

Durée approximative : 30 secondes.

2. LIRE À VOIX HAUTE : /2 points  Durée : 2 mn.

A présent, je vais procéder à la lecture du texte :

3. PRÉSENTER LES MOUVEMENTS DU TEXTE (3 maximums).

J’ai dégagé  mouvements dans cette scène de séduction / ce portrait en action de Mme Bouvillon (à adapter à l’extrait délimité) :

- le 1er s’étend de «  » jusqu’à « :

- le 2e commence à

- le 3e débute à

4. ANNONCER VOTRE PROJET DE LECTURE : il doit être personnel et l’ensemble de vos analyses doivent répondre à VOTRE PROJET :

(attention à la structure de l’interrogative directe ou indirecte) :

 Mon projet de lecture va consister à montrer 

comment cette scène de séduction provoque le rire du lecteur.

comment cette scène de séduction est peu conventionnelle.

en quoi cette scène ressemble à une farce.

comment ce portrait s’y prend pour provoquer le rire.

comment cette scène de séduction tourne en dérision les codes du roman héroïque.

5. ANALYSER LE TEXTE

  • 1er mouvement :

Ce 1er mouvement voit naitre les conditions de la mise en place d’une scène de séduction entre Mme Bouvillon et l’un des comédiens Le Destin.

Les premières lignes mettent en place le cadre d’une scène de séduction (= un topos romanesque*) en inversant les codes habituels :

  • on retrouve le moment typique d’une scène de séduction, la fin d’un repas, qui est indiquée avec le marqueur de temps « On desservit quand Le Destin cessa de manger ». Cela donne l’impression qu’il est le seul à manger et qu’il retarde délibérément la fin du repas ou qu’innocent, il profite de son repas alors qu’on attend pour le dévorer.
  • une inversion des rôles : la femme, « madame Bouvillon » se retrouve dans la position de la séductrice tandis que l’homme est celui que l’on cherche à séduire + désignation respectable du personnage « Mme » s’oppose à la désignation familière, populaire « Le Destin ».
  • la description du lieu et du comportement de la servante suggère les intentions de Mme Bouvillon : marqueur de lieu « sur le pied d’un lit » + l. 2 et 3.
  • Le piège semble se refermer sur Le Destin et le lecteur a l’impression que c’est lui qu’on s’apprête à manger. Connotation érotique de la nourriture.

S’ensuit un dialogue aux allures théâtrales entre les deux personnages :

  • La dénomination « La Bouvillon » succède à « Mme Bouvillon » et marque l’entrée dans le monde de la farce : le déterminant souligne son origine populaire. On s’éloigne du roman héroïque. + étymologie du mot « Bouvillon » : il vient de la racine bos, bovis qui signifie bœuf. Le bouvillon est un jeune bœuf (même racine que bouvier, bovin, bovidé). Le nom du personnage représente sa lourdeur, à la fois dans sa technique de séduction et dans son physique.
  • Intervention du narrateur qui ressemble à un metteur en scène « qui crut peut-être que Le Destin y avait pris garde » : explique les intentions de la dame et souligne l’innocence de sa victime qui n’est pas encore consciente du piège qui se referme sur lui.
  • Jeu de mot du narrateur « que Le Destin y avait pris garde » : « Le Destin » peut à la fois désigner le personnage, mais aussi le destin, autrement dit la destinée qui est en train de le conduire dans les bras de Mme Bouvillon. On peut y voir une parodie du tragique cher à la tragédie.
  • Le style soutenu, peu adapté aux personnages et à la situation qui se met en place : désignation « cette étourdie » = la servante. + « ! » : traduit la surprise. Mme B feint encore l’innocence et accuse le petit personnel. Elle joue le rôle de la dame des romans héroïque, de la femme vertueuse tandis que Le Destin se met au service de la dame : style soutenu, formule de politesse.
  • Contradiction entre les paroles de Mme B et ses intentions est mise en évidence avec le passage descriptif « en l’arrêtant » qui a des allures de didascalie. Elle se réfugie derrière la doxa, les convenances pour cultiver son image de femme vertueuse et faire en sorte que LD (= Le Destin) n’ouvre pas la porte : tournures généralisantes « deux personnes enfermées ensemble » + « on » = les gens, les bienséances.
  • Fausse naïveté ou stratégie de défense de la part de LD qui reste sur le terrain des qu’en dira-t-on : périphrase « des personnes qui vous ressemblent » = de votre qualité ? ou stratégie de défense pour échapper à la séductrice dont le lecteur en peut qu’imaginer le comportement pour l’instant. La désignation, vague, laisse le lecteur libre d’interpréter la scène. LD reste dans les formules généralisantes : téméraire = audacieux. On ne s’aventure pas à des jugements audacieux avec une personne comme B : par respect ? par peur ?
  • Un comique de répétition : « Je ne dis pas cela » : B s’enferre dans son discours, dans son raisonnement ; elle n’arrive pas à justifier son rôle vertueux. La fausse justification avec le discours généralisant, la doxa se poursuit : on peut éventuellement lire dans le blâme de la médisance un moyen de réfuter les rumeurs que Le destin aurait pu entendre au sujet de B.
  • LD tente de se défendre à l’aide d’une joute verbale (une joute = combat). Le verbe de parole « repartit » qui est répété après chaque prise de parole du personnage montre bien que LD cherche à se défendre, à argumenter pour se sortir d’une situation difficile. Son argumentation repose d’une part sur le rappel de l’importance du qu’en dira-t-on, en particulier pour une femme de la bourgeoisie et sur l’antithèse entre leurs deux conditions sociales : « un pauvre comédien » et « une femme de votre condition » afin de souligner, de rappeler l’incongruité (= action ou parole incongrue, déplacée) de cette éventuelle liaison aux yeux de la société, de cette mésalliance.
  • Le comique de répétition chère à la farce : « Vous plait-il (…) que j’aille ouvrir la porte ? » suivi du « Je en dis pas cela » de B : LD insiste pour se sortir de cette situation qu’il sent difficile. Le fait que l’homme insiste pour ouvrir la femme alors que la femme cherche à la laisser ouverte provoque el rire et montre combien LD est dans une mauvaise posture.
  • L’échange verbal ayant échoué, B agit « en allant fermer au verrou » = didascalie : le piège se referme sur LD, le mot verrou rappelle l’enfermement. Il est redoublé par la répétition à trois reprises de « fermée ». B se métamorphose en véritable geôlier : « notre consentement » elle semble parler d’elle à la 1ere personne du pluriel (nous de majesté), LD ayant manifesté à plusieurs reprises sa volonté de laisser la porte ouverte. Il devient donc soumis à B.
  • Une fois de plus le pronom « on » renvoie à l’opinion publique. O, les domestiques sont partis et B sait pertinemment ce qu’elle veut faire.
  • Au terme de cet échange verbal où les rôles de séducteur et de séduit sont inversés, B impose sa domination et réussit à fermer la porte pour le plus grand plaisir du lecteur qui attend la suite des événements avec impatience. Après les mots, place à l’action.

  • 2e mouvement :

Incapable de séduire LD par ses paroles, elle a recours à de grands moyens pour faire comprendre ses intentions : 1. Montrer sa poitrine ; 2. Forcer LD à un contact qui semble répugnant. La scène de séduction se poursuit : il s’agit à présent pour B d’établir un contact physique avec LD. Cette 2e phase donne lieu à un portrait en action plein d’humour de la séductrice.

Dans un premier temps, elle exhibe ses atouts :

  • Une séductrice dont les paroles engendrent des actes : « L’ayant fait comme elle l’avait dit » + B prend des initiatives (se montrer) et en cela elle est inconvenante.
  • Son portrait suscite le rire car il est exagéré : elle associe l’embonpoint avec la description « son gros visage » à la sensualité débordante : hyperbole « fort enflammé », « fort étincelants »la désignation la grosse sensuelle ».
  • L’antithèse entre la grosseur du visage et la petitesse des yeux suggère la laideur (pas d’harmonie dans les proportions), mais aussi la sournoiserie. Nous sommes loin des portraits des héroïnes des romans héroïques.
  • L’euphémisme du narrateur met en évidence le peu de vertu, de pudeur de la dame « et lui donna bien à penser de quelle façon il se tirerait à son honneur de la bataille … »
  • La scène se présente comme un combat : métaphore du combat pour désigner l’opération de séduction de B. répétition de « fort » qui insiste sur la force de la séductrice + « la bataille ». Ce combat se fait au détriment de l’homme, LD, qui doit s’interroger sur les façons de se sortir de cette situation (l. 16 et 17) : il n’a donc pas l’avantage de la force pour lui. Inversion des rôles + situation : provoquent le rire du lecteur.
  • La phrase suivante, longue mime la réalité décrite et le débordement de chair. La désignation « la grosse sensuelle » renvoie à l’appétit sexuel du personnage, le verbe « étaler » évoque le marché où l’on étale les marchandises, l’hyperbole « 10 livres de tétons » qui se développe en s’amplifiant « c'est-à-dire la troisième partie de son sein, le reste étant distribué à poids égal sous ses deux aisselles ». Cette description propose une caricature qui par son excès, fait rire le lecteur qui imagine LD étouffer sous l’abondance de chair de la dame, l’indication du narrateur « qui n’y prenait pas grand plaisir » telle une didascalie, laissant imaginer la figure du pauvre homme, loin de partager les désirs de B.
  • Les hyperboles qui décrivent la poitrine de Mme B par leur excès suggère la laideur, ce qui est en décalage avec sa tentative de séduction. Décalage entre le physique de B et son intention (séduire LD).
  • Contrairement aux héroïnes classiques, Mme B n’a pas une blancheur de teint qui laisse présager une âme innocente et pure : son portrait souligne sa rougeur : l.20 et 21 + comparaison exagérée « l'un et l'autre ensemble auraient été pris de loin pour un tapabor[1] d'écarlate. » (1 = Un bonnet, ici, de couleur rouge, dont on peut rabattre les bords sur les épaules.). Cette couleur révèle son désir, mais c’est aussi l’occasion pour le narrateur de tourner en dérision le manque de pudeur de la dame qui faisait mine de se soucier de sa réputation au début : intervention humoristique du narrateur dans les parenthèses « (car elles rougissent aussi les dévergondées) » : antithèse comique entre la rougeur des prudes, liées à la pudeur, à la timidité et la rougeur des dévergondées, liées au désir. Cette indication avec l’usage du pluriel fait de B un type = celui des dévergondées.
  • L’inversion des rôles entre l’homme et la femme se poursuit dans la description des réactions : LD incarne le rôle de la femme prude tandis que B joue celui de l’homme prédateur. + échec de la tentative de séduction de B.
  • La pudeur du narrateur avec son euphémisme « je vous laisse penser de quoi » s’oppose au désir excessif de son personnage et, tout en empêchant de sombrer dans la grivoiserie (= obscénité, propos érotique gai et vulgaire) provoque le rire du lecteur.

Dans un deuxième temps, elle use d’une ruse pour établir le contact :

  • Elle semble mimer les attitudes des femmes élégantes. Or, elle est dans l’excès ce qui la rend ridicule et provoque le rire : ses actions (paroles + mouvements) vont dans le sens de l’exagération : « elle s’écria ».
  • B est comparée à un animal : le « harnais » désigne son corset et renvoie au lexique de l’agriculture et doit être mis en relation avec la signification du nom Bouvillon. + écho avec « bête » + l. 26 « lui tâtant les flancs » : l’action de B transforme LD en animal avec lequel elle souhaiterait copuler. La scène de séduction se transforme en scène de copulation, bestiale.
  • Manque d’élégance de B : antithèse entre la « petite bête » et la grosseur de Mme B. + « se remuant dans son harnais » = animal.
  • Inversion des rôles continue à provoquer le rire : chaque parole de Mme B est suivie d’un geste de LD dont le narrateur souligne les réticences : discours indirect « elle pria LD d’y fourrer la main » suivi du passage descriptif « le pauvre garçon le fit en tremblant ». la désignation « pauvre garçon » souligne les réticences du personnage + compassion du narrateur et du lecteur qui se moque de la situation dans laquelle LD se trouve. // scène de théâtre.
  • Tension dramatique est au sommet avec cette scène de contact : B s’approche de plus en plus de LD : « Là où s’arrête au niveau de la taille, la veste courte du Destin. » La séductrice s’approche de plus en plus de l’intimité de LD. La phrase semble mimer se rapprochement : 1ere phase LB touche B ; 2e moment B touche LD.
  • 3e mouvement :

Alors que le combat est au sommet, le lecteur attend la chute, comme dans une pièce de théâtre : le coup de théâtre

  • Scène de parodie de combat : métaphore de la guerre « il fallait combattre ou se rendre » semble marquer l’issue, la chute.
  • Coup de théâtre, renversement de situation avec l’arrivée de Ragotin qui met un terme au combat : celui-ci se méprend sur la scène à l’intérieur de la chambre, comme le manifeste son empressement à faire ouvrir la porte (passage descriptif « frappant des pieds et des mains… » ce qui amplifie le comique du passage.
  • Les précautions du destin (ne pas toucher B), son mouvement, la conséquence de son geste (« se choqua la tête contre un banc ») sont détaillés dans une phrase qui s’allonge, sorte de ralenti surprenant qui s’oppose à l’empressement que manifeste les deux autres personnages.
  • Le détail « tira sa main du dos suant » provoque le dégoût du lecteur et participe au tableau de B.
  • Antithèse entre la lenteur de LD et l’empressement de B (« à la hâte) provoque le rire.
  • Inversion des rôles est une nouvelle fois source de rire : Ragotin pense venir en aide à la vertu de Mme B. or, sans le savoir, il sauve LD. Alors qu’il vient en aide à la dame, comme dans les romans héroïques, il la blesse. Ragotin est une caricature de chevalier « l’impétueux Ragotin », « toute sa force ».
  • La chute de Mme Bouvillon matérialise l’échec de sa tentative de séduction et provoque le rire du lecteur. Elle est à rapprocher des personnages de farce dont les coups reçus prêtent à rire.
  • Chute comique de l’extrait : antithèse : « Elle cria » = énergie, vie / « qu’elle était morte ».

6. CONCLURE (très rapidement) :

Au terme de cette étude, le lecteur a pu s’amuser de la reprise et du détournement des codes des romans héroïques et en particulier des scènes de séduction. L’inversion….

Proposition de plan de commentaire :

...

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