Etude linéaire du poème Mignonne allons voir si la rose
Commentaire de texte : Etude linéaire du poème Mignonne allons voir si la rose. Recherche parmi 304 000+ dissertationsPar Vinougradus • 19 Septembre 2026 • Commentaire de texte • 2 669 Mots (11 Pages) • 8 Vues
Etude linéaire :
« Mignonne, allons voir si la rose ... »
| Mignonne, allons voir … A Cassandre |
Présenter l’auteur | |
Présenter le recueil | |
1550 : Odes | |
1552 : Amours 1553 : 2e édition des Amours , dont le poème « Mignonne allons voir si la rose » | |
1555 : Continuation des amours | |
Présenter le texte | |
Ode pindarique : cf le poète Pindare , poète grec du 5e siecle av JC | |
Ode = poème de 3 strophes + célébration d’une personne ou d’un lieu | |
Chaque strophe alterne 2 rimes suivies , puis 2 rimes embrassées | |
Thème de la promenade au jardin = pastoral + amoureux | |
PROBLEMATIQUE | |
Comment le poète détourne le thème pastoral à des fins amoureuses = dans un but de déclaration amoureuse | |
MOUVEMENTS | |
M1 = str 1 = la beauté de la rose et de la femme | |
M2 = str 2 = l’existence éphémère de la fleur | |
M3 = str 3 = exhortation à la femme aimée de profiter de la vie | |
1ER MOUVEMENT = Strophe 1 = La beauté de la rose et de la femme | |
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V 1 | « Mignonne » |
= le « e » de « Mignonne » est élidé malgré la virgule = apostrophe + 2 syllabes courtes = rythme dynamique | |
= exprime l’élan amoureux | |
v. 1 | « allons voir » |
= impératif qui unit les deux personnages | |
>>> exprime la volonté de faire communion avec la femme aimée | |
v. 1-2-3 | Allitération en « l » : allons , la , déclose , soleil |
>>> exprime l’élan de l’invitation | |
v. 1 | Position en début de vers et en fin de vers : Mignonne / rose |
= exprime l’association et la comparaison constante entre les deux personnages | |
= transforme les 2 en deux protagonistes | |
v. 2 | « Qui ce matin avait déclose » |
= temps au plus – que – parfait | |
= temps lointain, qui suggère que la rose peut avoir changé | |
+ ce matin | |
= suggère qu’une première promenade a eu lieu | |
= proximité familière entre le poète et sa muse | |
Déclore = personnification de la rose | |
V 2 – 3 | V2 = avait déclose / v. 3 = Sa robe de pourpre au soleil |
Sa robe de pourpre = COD rejeté = enjambement | |
= >>>> exprime le long déroulement du temps entre ce matin et ce soir | |
Robe = personnification | |
>>> Ronsard donne à l rose des attributs de la beauté féminine, pour pouvoir ensuite retourner l’argument et comparer la femme à la rose | |
v. 3 | v. 3 = Sa robe de pourpre au soleil |
Pourpre + soleil = lumières vives | |
= exprime l’éclat de la beauté ; cf Apollon et Vénus | |
v3-4-5-6 | = rimes embrassées = masculine + féminine |
= sonorités apaisées + harmonie entre le poète et la femme | |
v. 3-4-5 | Allitération en « p » : pourpre , point , perdu , vesprée , pareil |
= exprime une atmosphère inquitétante | |
V2-3-4 | Construction géométrique encadrée : « qui ce matin » > « cette vesprée » |
= les 2 CCT cloturent la phrase | |
= >>>>> souligne le déroulement du temps du matin jusqu’au soir | |
v.4-5 | « A point perdu cette vesprée » « Les plis de sa robe pourprée |
= le COD du verbe « perdre » est rejeté dans le vers suivant = enjambement | |
= effet d’éloignement dans le temps | |
= >>> renforce le thème de la perte et de l’éloignement | |
« les plis de sa robe pourprée » | |
= allitération en « p » | |
= > atmosphère inquiétante | |
« les plis de sa robe » = hypallage (elle a perdu le pourpre et non les plis) | |
= personnification de la rose , parée comme une femme , d’une belle robe | |
= > transformation de la rose en femme , avant le phénomène inverse | |
v. 5 | « pourprée » |
= cf « pourpre » au vers 3 | |
+ mais il y a eu transformation — > participe passé (pourpre > pourprée) | |
= >>> allusion discrète à la transformation de la rose au cours du temps | |
v.6 | « et son teint » = personnification = Ok |
« et son teint au vôtre pareil » | |
= la rose est belle parce qu’elle vous ressemble | |
= >>>> argument indirect, voire inverse, versus : vous êtes pareille à une rose | |
= >>>> subtilité du compliment = >>>> genre de l’ode | |
v.6 | « et son teint » |
:: 2e COD du verbe « a perdu » ( a perdu les plis + a perdu son teint) | |
Dc la vieillesse fait perdre à la fois la forme et la couleur | |
+ votre teint de rose : signifie votre teint de jeune fille | |
> dc le poète insiste sur l’association entre beauté et jeunesse | |
- > signifie que la jeune fille est belle parce qu’elle est jeune | |
> la beauté est réduite à la jeunesse | |
v.3-v.6 | Les rimes masculines entourent les rimes féminines (rimes embrassées) |
: symbolise l’union amoureuse entre l’homme et la femme | |
+ le rôle masculin est détenu par le Soleil (S majuscule, dc c’est une divinité) | |
--→ c’est grâce au Soleil que la fleur resplendit | |
→ dc c’est grâce au poète que la beauté de Cassandre resplendit | |
v1-v.6 | « Mignonne, allons voir si la rose » (…) « Et son teint au votre pareil. » = ABBA = chiasme |
= >>> le chiasme a pour effet de renforcer l’équivalence entre la rose et la femme | |
M1 : cette première strophe adopte le ton d’une pastorale : harmonie de la nature et discrète allusion à l’amour La fleur est comparée à une femme : technique d’éloge valorisante ; cette comparaison précède son renversement dans la 3e strophe dc le poème est un raisonnement en 3 étapes | |
2E MOUVEMENT M2 = str 2 = l’existence éphémère de la fleur | |
v.7 | Las ! |
: signifie « hélas » - vocabulaire soutenu, élégant , voire grandiloquent | |
: exprime la douleur | |
→ tonalité élégiaque | |
=> le poète fait preuve de compassion à l’égard de la jeune fille | |
--Monosyllabe > rupture de rythme = rupture de ton | |
=> le but du jeu est de provoquer la tristesse ou la peur, sous couvert de faire preuve de compassion | |
v.7 | Voyez |
:: impératif => le poète joue le rôle de précepteur | |
Voyez = signifie « rendez-vous compte » = sens concret + sens abstrait (syllepse) | |
=> dc la visite au jardin est une allégorie, qui sert de base à une leçon de philosophie | |
v.7 | Voyez comme en peu d’espace : signifie « en peu de temps » |
Le temps est exprimé sous forme visuelle (espace) ; c’est le principe d’une allégorie : exprimer une idée abstraite par une image concrète | |
v.8 | Mignonne, |
Le terme « mignonne » est répété 3 fois au coutrs du texte : vers 1 , vers 8 , vers 13 | |
Sa place évolue au sein de la phrase : au vers 1 « mignonne » est en début de phrase » ; au vers 8 « mignonne » est placé en position de rejet → éloignement | |
=> au cours du texte, la distance augmente | |
=> le ton du poète prend plus de liberté, il devient plus autoritaire | |
v.9 | Las, las |
= répétiton + redoublement | |
→ exprime l’hébétude, difficulté à parler à cause de l’émotion => tonalité tragique | |
Ne pas perdre de vue que ce ton tragique est feint : il s’agit d’une stratégie de séduction | |
v.9 | Las, las ses beautés laissé choir ! |
« ses beautés » : COD placé en position de rejet : il arrive tardivement dans la phrase | |
=> exprime le passage du temps et l’arrivée de la vieillesse | |
v.8-9 | Elle a (..) ses beautés laissé choir |
Le verbe « laisser choir » a pour sujet « elle » , comme si elle était responsable de l’action | |
=> manière de culpabiliser les femmes qui ont eu le tort de ne pas profiter de leur jeunesse | |
v.9 | Choir : signifie « tomber » = image visuelle , qui symbolise la déchéance de la vieillesse |
v.9-12 | « choir » rime avec « soir » |
=> dc le temps qui passe est forcément synonyme de déchéance | |
v.10 | ô vraiment marâtre Nature, |
Le « ô » plaintif devrait s’adresser à la Nature, mais la suite de la phrase s’adresse plutôt à Cassandre : le poète fait mine de faire preuve de compassion en se plaignant de la nature | |
v.10 | ô vraiment |
« vraiment » est un adverbe trivial , presque déplacé en poésie | |
=> ce ton trivial indique une forte émotion : le poète semble scandalisé par l’injustice de la nature | |
v.10 | Marâtre Nature |
Le mot « Nature » possède une majuscule → figure divine , à qui on s’adresse avec respect | |
Paradoxe : « marâtre » est un terme péjoratif, signifie « mauvaise mère » | |
=> dc pour s’attirer la sympathie de la jeune fille, Ronsard n’hésite pas à critiquer une divinité mythologique | |
=> invoquer la figure divine de la Nature a pour effet de démontrer que la vieillesse est inéluctable => ton tragique | |
v.10-11 | Rime « Nature » / « ne dure » |
La rime associe la nature au temps qui passe : c’est dans l’ordre des choses , donc on n’y peut rien | |
v.11 | Puisqu'une telle fleur ne dure |
« puisque » = conj de subordiantion = connecteur logique | |
: appartient au discours logique, fait pour convaincre | |
=> prépare le raisonnement logique du carpe diem | |
v.11-12 | Ne dure que = négation restrictive |
: renforce le tableau pessimiste de la vieillesse | |
v.12 | Que du matin jusques au soir ! |
NB « jusques » avec un « s » s’emploie en poésie , mais aussi dans l’expression « jusques et y compris » , pour de des raisons d’euphonie | |
Cette expression occupe une vers entier | |
=> exprime l’allongement du temps qui passe | |
Message : la vie passe vite, elle semble une journée, sous-entendu : et donc on risque d’avoir des regrets à la fin de sa vie | |
=> dc le poète se positionne en précepteur (il est plus âgé que Cassandre) , qui donne une leçon de vie à la jeune fille | |
M2 = ton élégiaque , voire tragique , qui enseigne que la beauté ne dure pas Le maître avertit la jeune fille, et prépare la conséquence logique de la 3e strophe. | |
M3 = str 3 = exhortation à la femme aimée de profiter de la vie | |
M3 = str 3 = carpe diem | |
v.13 | Donc, |
= 1 seule syllabe = 2e changement de ton | |
Cette fois le ton ne sera pas cela de la compassion mais celui de l’exhortation | |
Donc = connecteur logique | |
=> le discours se présente comme un raisonnement logique (discours / vs / ode) | |
v.13 | Donc, si vous me croyez, |
« si vous me croyez » = euphémisme = croyez-moi = discours conatif | |
v.13 | Donc, si vous me croyez, mignonne, |
« mignonne » est placé en fin de vers - 3e occurrence | |
=> le ton est de plus en plus familier | |
v.14 | « tandis que » = signifie « tant que » |
Exprime l’urgence de profiter du temps présent | |
v.14 | vôtre âge fleuronne |
= terme hypocoristique = affectueux = cf mignonne | |
Terme affectueux, presque paternaliste ; et qui comporte une idée de profusion, donc de désordre (un jardin qui fleuronne est composé de bcp de fleurs qui poussent plus ou moins vite) | |
+ la comparaison est renversée : a – la fleur comparée à la femme (beauté) ; b – la femme comparée à la fleur (vieillesse) Donc la louange du départ se transforme en une technique de persuasion | |
v.15 | En sa plus verte nouveauté, |
« verte » permet de filer la métaphore femme-fleur | |
+ contient une connotation de naïveté (encore vert = jeune et naïf) | |
=> dc le poète se place ici encore en position de sage précepteur | |
v.13-14-16 | Donc (..) tandis que (…) cueillez, cueillez |
= effet d’attente + répétition = pour donner de l’ampleur à l’impératif | |
+ la répétition donne un sentiment d’urgence : vite, vite ! | |
v.16 | Cueillez votre jeunesse |
= carpe diem = cueille le jour = Horace , 1er s av JC | |
= profite de l’instant présent = épicurisme, Epicure : profiter des plaisirs de la vie | |
=> signifie : profitez du présent … et cédez à mes avances ! C’est donc un conseil intéressé. Ah ces hommes, tous les mêmes. | |
v.16 | Cueillez, cueillez = répétition =cf Las, las |
Donc la joie du présent est un remède à la tristesse de la vieillesse | |
Le moment présent est rendu primordial par une réflexion sur le temps qui passe | |
Humanisme de la Renaissance : Pindare, Horace , Epicure : auteurs gréco-latins | |
On peut ajouter Pétrarque (Renaissance italienne, 14e s ) : thème de l’amour non réciproque | |
v.16 | : deux points : |
Signifie : puisque → Encore un signe que le poème est une démonstration logique | |
v.17 | Comme à cette fleur, la vieillesse |
= explicitation de l’image allégorique de la 2e strophe | |
Rensersement de la comparaison ; ce renversement est dégradant | |
v.16-17 | Rime « jeunesse » / « vieillesse » |
= rapprochement des deux termes | |
=> indique que la vie est courte | |
v17-18 | Enjambement : pas de commentaire |
v.18 | Fera ternir votre beauté |
Pointe finale qui est une pique (règle qui appartient plutôt au sonnet) | |
Le conseil impératif (cueillez, cueillez) précède le pronostic alarmant (ternir votre beauté) , pour donner plus de poids à la menace du temps , donc pour faire réagir | |
=> Discours pour persuader plutôt que convaincre : faire appel aux émotions | |
=> Discours conatif : vise à faire réagir | |
M3 : carpe diem = profitez de l’instant présent = référence à la sagesse gréco-latine (Horace , Epicure) , mais c’est aussi une stratégie de séduction | |
Conclusion | |
Derrière le prétexte de l’ode (louange de l’être aimé) et de la pastorale (promenade amoureuse au jardin), Ronsard délivre un discours argumentatif et conatif, pour persuader (ou convaincre?) , et délivrer une leçon de sagesse héritée des Anciens. Héritage classique typique de l’humanisme de la Renaissance. Habile stratégie de séduction. Pétrarque n’est pas loin : amour non réciproque, hérité de l’amour courtois. Epicurisme ou hédonisme ? Grand poète platonicien, ou espiègle littérateur coquin ? |
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