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"Journal des faux-monnayeurs" La genèse des Faux-Monnayeurs

Étude de cas : "Journal des faux-monnayeurs" La genèse des Faux-Monnayeurs. Recherche parmi 237 000+ dissertations

Par   •  28 Février 2017  •  Étude de cas  •  3 332 Mots (14 Pages)  •  734 Vues

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  LA GENÈSE DES FAUX-MONNAYEURS et la réponse aux critiques  DANS LE JOURNAL D'ANDRÉ GIDE   

Instructions officielles : «   Le programme de l'enseignement de littérature en classe terminale de la série littéraire (arrêté du 12 juillet 2011 publié au B.O.E.N. spécial n° 8 du 13 octobre 2011) indique que le travail sur le domaine « Lire-écrire-publier » invite les élèves « à une compréhension plus complète du fait littéraire, en les rendant sensibles, à partir d'une œuvre et pour contribuer à son interprétation, à son inscription dans un ensemble de relations qui intègrent les conditions de sa production comme celles de sa réception ou de sa diffusion ». Dans cette perspective, l'étude conjointe du Journal des Faux-Monnayeurs et des Faux-Monnayeurs d'André Gide privilégiera la réflexion sur la genèse de l'œuvre, par la découverte et l'exploration du processus de création littéraire.

  Loin de donner à voir les différents états du roman, à travers les manuscrits et brouillons qui en constitueraient l'avant-texte, le Journal des Faux-Monnayeurs relate et réélabore l'histoire de sa composition. Du projet initial d'écrire une suite aux Caves du Vatican à l'élaboration d'une intrigue où Lafcadio est finalement absent, ces deux cahiers décrivent la mise au point d'un projet romanesque. À la fois carnet de travail et laboratoire de création, le Journal des Faux-Monnayeurs est le témoin du dialogue constant de l'écrivain avec lui-même, dont l'œuvre est le produit. Outre des anecdotes, des documents et des notations autobiographiques qui feront – avec de nombreux passages du Journal personnel de l'écrivain – la matière première de la fiction romanesque, Gide y recueille ses réflexions sur la porosité de la littérature et de la vie, la présence ou la dilution du romancier dans son œuvre, la transparence de la fiction, ses hésitations entre le « roman pur », sans parasite, et une forme qui agrège toutes les perturbations extérieures, personnelles, morales, voire idéologiques.

Avec le « Journal d'Édouard », ces réflexions se transposent au cœur du roman, lui-même conçu comme un laboratoire de création, « un carrefour à problèmes ». Simultanément création et théorie de la création romanesque, Les Faux-Monnayeurs se compose de deux « foyers » d'intrigue qui se font écho. Aux faits relatés par les différentes voix narratives répondent les interrogations de l'écrivain sur leur traitement romanesque, dans un retour constant sur sa propre réflexion qui mène à l'abandon des pistes d'écriture tour à tour explorées. À la fois double et repoussoir de l'auteur, Édouard incarne une conception du genre romanesque comme itinéraire soumis aux aléas des expériences et des rencontres, où le travail de production importe plus que le produit fini, conception avec laquelle contraste singulièrement la composition très concertée des Faux-Monnayeurs.

La question de la genèse du roman devient ainsi le centre de gravité d'un diptyque où le livre achevé n'est plus que l'une des composantes de l'œuvre, qui intègre aussi son travail préparatoire. En attirant l'attention sur le processus créatif, le roman et son journal interrogent non seulement la place de l'écrivain face à son œuvre ou dans son œuvre mais celle du lecteur, constamment ballotté dans un emboîtement de points de vue et de commentaires souvent divergents. Cette double instance suggère différentes postures de lecture, du lecteur impliqué et piégé par l'illusion romanesque au lecteur distant portant un regard réflexif sur ce qu'il vient de lire, voire sur ses propres expériences de lecture. Dès la conception de l'œuvre, Gide prend ainsi en compte les attentes du public, pour en jouer, les déjouer et finalement les bouleverser

  Il s'agira donc bien d'envisager deux des « actes » définis par les contenus du programme que sont « La genèse : lire-écrire » et « La publication : écrire-publier », en concentrant notamment les analyses sur la tension entre la publication d'un journal de bord de la création et celle d'un roman qui interroge, avec le genre romanesque, l'écriture dans son rapport à la vie. »

B.O. n°16 du 22 avril 2016. 

Organisation de la réflexion sur le roman à partir du Journal des Faux Monnayeurs (JFM) 

Source :

-le JFM

-David H. Walker, « la notice » sur le  JFM, dans la collection de la Pléiade, Gallimard, Paris 2009.

Introduction : Le Journal des Faux Monnayeurs est-il une confidence d’auteur destinée à être publiée avec le roman ?

 La génèse du roman devient ainsi plus importante que le roman lui-même.

G ne publie pas toutes les notes et réflexions qui lui viennent dans l’élaboration des FM car certains passages sont réservés à son Journal ou à son « cahier gris du roman ». Il distingue donc les éléments à publier ou non, le plus souvent, dès le moment de leur écriture : Il s’agit donc d’un choix réfléchi et délibéré.

De même, le choix d’une composition en deux journaux marque un tournant dans la création. On a l‘impression que le deuxième journal trouve une dynamique créatrice axée davantage sur les personnages dont le développement s’organise autour de deux axes celui de la « donnée extérieure » et celui de « l’effort du romancier pour faire un livre de cela ». La coupure entre les deux journaux n’est pas nette : le premier se termine le 7 décembre 1921 , le second commence en août 1921 choisissant les idées qu’il veut garder ou développer dans cette deuxième phase de création.

D’autre part ce JFM représente une réflexion sur le travail d’élaboration mais aussi un retour sur son écriture : il affirme le 28 octobre 1922 à propos de la présentation de ses personnages « Tout ceci, je le fais d’instinct. C’est ensuite que j’analyse. » Il est donc auteur et lecteur critique de son propre ouvrage.

  1. Le romancier et l’auteur

  1. Gide romancier ?

*  si G parle souvent de son roman, il refuse à plusieurs reprises d’assumer son rôle de romancier les manuscrits des JFM comportent deux ratures révélatrices «  ce n’est point tant en apportant la solution à certains problèmes que (le romancier barré) je puis rendre un réel service au lecteur » juillet 1919 puis vers la fin «  j’estime que ce n’est pas (au romancier barré) à moi de le faire » mars 1925. G utilise le terme de romancier pour désigner un personnage en partie imaginaire qu’il tient à distance comme Edouard

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