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Guillaume Apollinaire : Alcools, Automne malade commentaire

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Par   •  27 Juin 2016  •  Commentaire de texte  •  1 192 Mots (5 Pages)  •  2 125 Vues

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Introduction :

« Automne malade » est un poème élégiaque, publié pour la première fois dans Alcools. Sa date de composition est incertaine, peut-être 1902. Situé dans le recueil après la série des Rhénanes, il se rattache aux textes inspirés par le séjour du poète en Rhénanie. Mais le décor géographique importe moins que dans le traitement du thème de l’automne.

Le poète voit dans l’automne, symbole du temps qui passe, sa saison de prédilection. Il est sensible à l’opposition qui marque cette époque de l’année, féconde par ses fruits, mais menacée par l’hiver. Enfin, le poète réussit à faire passer dans la musique de ses vers les rumeurs de l’automne qui l’enchantent. Telles sont les trois directions de recherche que nous esquisserons successivement.

Une saison « mentale »

Apollinaire qualifie ainsi l’automne dans « Signe » :

Mon Automne éternelle ô ma saison mentale

C’est dire l’importance qu’il attache à cette saison, nommée ou évoquée dans les titres de nombreux poèmes du recueil d’Alcools, ou leur sujet principal.

La relation affective qui unit le poète à l’automne est bien marquée, dès le premier vers, par l’adjectif à la rime « adoré ». La répétition du verbe « aimer », au vers 14, renforce l’idée. Le poème « Signe » nous indique qu’il s’agit, dans cette passion pour la nature automnale, d’une sorte de déterminisme astrologique :

Je suis soumis au Chef du Signe de l’Automne

Apollinaire, en effet, est né un 26 août, sous le signe astrologique de la Vierge, qui marque le début de l’automne. On peut donc bien parler ici d’une saison « mentale », d’un thème de prédilection, dans lequel s’exprime naturellement la sensibilité du poète, en plein accord avec le sujet de ses vers.

La concordance entre l’affectivité du poète et la saison automnale se voit également par la personnification de l’automne. Elle se manifeste essentiellement, dans le discours poétique, par le choix de la deuxième personne du singulier, comme si Apollinaire dialoguait avec la saison. Ainsi, l’apostrophe des vers 5 et 6 souligne-t-elle la sympathie apitoyée du poète :

Pauvre automne

Meurs en blancheur et en tristesse

Il en va de même avec les deuxièmes personnes « Tu mourras » (v.2) et « tes rumeurs » (v.14). Enfin, le choix de l’adjectif « malade » du titre, repris au vers 1, contribue à l’humanisation de l’automne, dont la fragilité rappelle celle de l’homme.

2. La fragilité de la richesse

La fragilité, l’instabilité, le changement sont les premiers caractères de l’automne apollinairien. Ils se manifestent d’abord dans l’opposition des couleurs. Une version manuscrite du début du poème, non retenue, montre bien l’origine visuelle de l’adjectif « adoré » :

Un arbre est tout en or dans le jardin

« Or » est répété plus loin dans le manuscrit, et repris par « doré ». L’idée de l’opulence de l’automne est ainsi, dans le texte définitif, développée par le champ lexical suivant : « adoré » (v.1, / doré), « vergers » (v.4), « richesse » (v. 6), « fruits mûrs » (v. 7), repris par « fruits » (v. 15).

Mais à la couleur de l’or des fruits s’oppose la blancheur hivernale de la neige. Au champ lexical de l’opulence s’oppose, exactement terme à terme, celui de la destruction ;

─ v. 1 : « malade » / « adoré » ;

─ v. 3-4 : « aura neigé » / « vergers » ;

─ v. 6 : « blancheur » / « richesse » ;

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