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Commentaire texte de claude Levi strauss "L'ethnocentrisme"

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Par   •  12 Juin 2019  •  Commentaire de texte  •  2 181 Mots (9 Pages)  •  1 546 Vues

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[1. Accroche] Selon l’UNESCO, la « diversité culturelle multiplie les choix, nourrit un éventail de compétences, de valeurs humaines et de visions du monde et tire du passé la sagesse nécessaire pour éclairer l’avenir. » Pourtant, il ne nous est pas toujours évident d’accepter les différences culturelles et de les considérer comme des richesses ; au contraire, ce qui est différent de nos coutumes, de nos mœurs, nous fait généralement peur et suscite une réaction de rejet de notre part. [2. Présentation de l’auteur et de son œuvre en général] C’est d’ailleurs ce qu’affirme l’anthropologue Claude Levi-Strauss, dans l’un de ses ouvrages, Race et Histoire, publié pour la première fois en 1952. Cet ethnologue rencontrera le succès auprès du grand public lors de la parution de son ouvrage Tristes tropiques, en 1955 ; mais déjà apparaissent dans Race et Histoire les thèses de Levi-Strauss, qui condamne le racisme et en appelle à plus de tolérance envers les différentes cultures. [3. Présentation du passage étudié] Le passage soumis à notre étude est extrait du chapitre trois ; dans ce passage, l’auteur cherche à décrire l’attitude des hommes face à la diversité culturelle et, d’une certaine manière, à l’expliquer tout en la condamnant. [4. Annonce de la problématique] Ainsi, nous pouvons nous demander comment l’auteur parvient à rendre son argumentation contre l’intolérance culturelle particulièrement efficace. [5. Annonce du plan] Nous étudierons dans un premier temps la rigueur dans la construction argumentative du passage, avant de nous intéresser à la condamnation faite par l’auteur de l’attitude des hommes.

Développement : première partie

[1er alinéa : annonce de l’axe et des sous-parties] Dans ce premier mouvement consacré à l’étude de l’efficacité argumentative (=Axe I), nous analyserons tout d’abord la construction rigoureuse du texte (=1er argument), avant de nous pencher sur le développement des arguments et des exemples par l’auteur (2e argument). Enfin, nous nous intéresserons à la thèse de Levi-Strauss, qui défend la diversité culturelle (=3e argument).

[2e alinéa : 1er argument] Nous remarquons en premier lieu que le passage est divisé en trois paragraphes. Les deux premiers paragraphes semblent mettre en opposition deux réactions, comme le prouve l’adverbe « rarement apparue aux hommes », qui s’oppose à une attitude habituelle, qualifiée par le superlatif « la plus ancienne » et qui « tend à réapparaître chez chacun de nous ». La deuxième attitude, la plus commune, est beaucoup plus développée par l’auteur que la première, mais c’est bien dans le premier paragraphe que s’exprime la thèse de Levi-Strauss. La suite du texte développera quant à lui la réaction des hommes face à cette diversité des cultures, réaction certes la plus courante, mais que l’auteur condamne. On remarque un mouvement de déduction entre les deux premiers paragraphes, puisque l’auteur parle d’abord des « hommes » en général, puis de « nous », c’est-à-dire qu’il s’inclut ensuite dans les comportements humains les plus communs. Le dernier paragraphe fonctionne quant à lui comme une sorte de résumé de la pensée de l’auteur, et opère une reprise de la thèse, formulée

différemment. La syntaxe avec mise en emphase de l’expression « Le barbare », reprise par le présentatif « c’est », met en valeur l’aspect universel et véridique de cette affirmation qui clôt notre passage : « Le barbare, c’est d’abord l’homme qui croit à la barbarie. » On note un changement de ton entre ce dernier paragraphe et les deux précédents ; en effet, jusqu’alors, Claude Levi-Strauss avait utilisé de nombreux modalisateurs, comme pour faire mieux accepter ses arguments à un lecteur qui ne serait pas d’emblée convaincu. Nous pouvons relever par exemple les verbes impersonnels « Il semble » ou « il est probable », les locutions adverbiales « plutôt » ou « sans doute », ou encore la formulation « une sorte de ». À l’inverse, dans les dernières lignes du texte, l’ethnologue est tout à fait catégorique dans ses affirmations, et il ne laisse plus de place à l’hésitation.

[3e alinéa : 2e argument] Par ailleurs, nous pouvons remarquer que le deuxième paragraphe est plus développé que les deux autres car c’est dans ce passage que l’auteur déploie des exemples venus étayer ses arguments. Ainsi, les premières lignes annoncent l’argument, formulé au présent de vérité générale (« L’attitude la plus ancienne […] consiste à répudier purement et simplement les formes culturelles […] qui sont les plus éloignées de celles auxquelles nous nous identifions. »). S’ensuivent trois exemples, qui font tous appel à des référents linguistiques. En effet, si l’on observe le nombre d’expressions mises entre guillemets (« Habitudes de sauvages », « cela n’est pas de chez nous », « on ne devrait pas permettre cela »), on s’aperçoit que ce qui prouve en partie cette intolérance, c’est le langage ; c’est par le langage que s’exprime notre rejet des autres cultures. L’adverbe « ainsi » amène deux exemples plus précis : celui de l’emploi du mot « barbare » durant l’Antiquité, et celui du mot « sauvage » en Occident. La conjonction « or » annonce l’analyse de ces deux exemples, analyse qui renvoie à une étude étymologique des deux termes : selon Levi-Strauss, nous opposons notre propre culture, que nous plaçons du côté de la civilisation, aux autres cultures, que nous renvoyons au monde « animal ». Ces deux exemples et l’analyse qui en est faite viennent prouver la thèse, que l’auteur formule avec un « on » impersonnel qui semble l’inclure dans l’ensemble de l’humanité, et au présent de vérité générale encore une fois : « Dans les deux cas, on refuse d’admettre le fait même de la diversité culturelle ; on préfère rejeter hors de la culture, dans la nature, tout ce qui ne se conforme pas à la norme sous laquelle on vit. » On voit bien ici que les deux termes « culture » et « nature » sont mis en antithèse, comme pour mieux prouver notre rejet.

[4e alinéa : 3e argument] La thèse de l’auteur apparaît donc très clairement, et à deux reprises dans ce passage. En effet, l’expression « pour ce qu’elle est » vient proposer comme vraie une définition de « la diversité des cultures » par l’anthropologue. Cet aspect de définition est d’autant plus claire qu’elle est précédée par deux-points et formulée dans une phrase averbale : « un phénomène naturel, résultant des rapports directs ou indirects entre les sociétés ». On comprend par l’emploi

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