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Tour de France royal de Charles IX

Commentaire de texte : Tour de France royal de Charles IX. Recherche parmi 303 000+ dissertations

Par   •  5 Février 2026  •  Commentaire de texte  •  1 109 Mots (5 Pages)  •  9 Vues

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Commentaire historique : Carte du “Tour de France royal” de Charles IX (1564–1566)


Entre 1564 et 1566, la cour de France entreprend un voyage d’une ampleur inédite : le roi Charles IX, alors âgé de quatorze ans, parcourt avec sa mère, la régente Catherine de Médicis, la quasi-totalité du royaume. Ce déplacement de plus de 8 000 kilomètres vise à rétablir l’autorité monarchique après les premières guerres de Religion. Quatre siècles plus tard, les historiens Jean Boutier, Alain Dewerpe et Daniel Nordman ont restitué cet événement dans Un tour de France royal (1984), en le dotant d’un appareil cartographique inédit : une carte qui retrace l’itinéraire du roi tout en figurant les durées de séjour de la cour dans chaque ville.


Ce document, à la fois géographique et politique, ne se contente pas d’illustrer le voyage : il propose une lecture spatiale et temporelle du pouvoir royal. À travers la répartition des cercles proportionnels et le tracé de l’itinéraire, la carte met en scène un pouvoir en mouvement, présent dans tout le territoire.

Problématique : Comment cette carte du voyage de Charles IX met-elle en évidence un pouvoir monarchique fondé sur la mobilité, la présence territoriale et la mise en scène de l’unité du royaume ?

I. Une carte scientifique qui reconstitue et symbolise le voyage royal


Le document étudié est une carte analytique moderne, publiée en 1984 dans l’ouvrage de Jean Boutier, Alain Dewerpe et Daniel Nordman. Elle reconstitue le voyage de Charles IX à travers la France, entre 1564 et 1566. Le tracé de l’itinéraire suit les routes principales du royaume, de Fontainebleau à Bayonne, puis vers Moulins et Paris. Les cartographes A. Le Fur et C. Dubut ont choisi d’y représenter les durées de séjour à l’aide de cercles proportionnels : plus le cercle est grand, plus la cour reste longtemps.


Cette carte se distingue donc par la combinaison d’une lecture géographique et temporelle. Dès la première observation, trois foyers majeurs apparaissent : Lyon, Bayonne et Moulins. Ces arrêts prolongés signalent des lieux d’action politique. Moulins, où la cour séjourne près de trois mois, correspond à la promulgation de l’édit de Moulins (1566), une réforme importante sur le domaine royal. À Bayonne, la rencontre diplomatique avec l’infante d’Espagne illustre la dimension internationale du voyage.


Le contexte du document éclaire son sens. Après la première guerre de Religion, Catherine de Médicis veut pacifier le royaume et affirmer l’autorité royale. Le roi et sa cour parcourent quinze provinces, rencontrent les notables, les parlements et les gouverneurs. Le tracé continu du voyage sur la carte symbolise une France parcourue et donc unifiée par la présence royale.

II. Une représentation spatiale du pouvoir itinérant et de son exercice


L’un des apports essentiels de cette carte est la prise en compte du temps. Les cercles de taille variable traduisent les rythmes du pouvoir. En observant la carte, on distingue des zones denses — comme le centre du royaume — où la cour s’installe durablement, et des zones de passage rapide, notamment dans le Midi. Cette articulation entre espace et temps transforme la carte en véritable outil d’analyse du gouvernement royal.


L’itinéraire suit les grands axes fluviaux du royaume : la Loire, le Rhône, la Garonne. Les villes à longs séjours, comme Lyon ou Moulins, sont des carrefours économiques et politiques. Cette observation, directement visible sur la carte, montre que le voyage n’est pas aléatoire : il relie les centres vitaux du royaume. La géographie du pouvoir se lit donc dans les symboles : la durée du séjour devient mesure de l’intensité politique.


Ce document illustre aussi une démarche de géohistoire. Les auteurs ne se contentent pas d’illustrer un événement : ils utilisent la carte comme instrument scientifique. Comme l’a noté Hervé Théry dans la revue Mappemonde (1986), ces « remarquables cartes et diagrammes donnent à voir les déplacements réels de la cour et les épisodes du périple ». La carte devient un langage du politique, où chaque symbole traduit un rapport concret entre le roi et son territoire.

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