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Psychologie intégrative

Dissertation : Psychologie intégrative. Recherche parmi 234 000+ dissertations

Par   •  27 Septembre 2019  •  Dissertation  •  2 234 Mots (9 Pages)  •  47 Vues

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I. L’approche intégrative

Dans un premier temps, je vais essayer de revenir sur la définition de l’approche intégrative. Pour cela, je me suis basé sur les ouvrages de Bachelart ainsi que de Marie-Cardine et Chambon.

Dans son ouvrage, Bachelart définit l’approche intégrative comme “l’assemblage de divers éléments, qu’ils soient théoriques ou pratiques, dans le but de former un tout original et pragmatique visant plus précisément à former une pratique évaluative et thérapeutique plus efficiente pour le patient”.

L’approche intégrative se veut unifiante et cherche à dépasser les limites propres à chacune des approches théoriques (psychanalytique, cognitivo-comportementale, humaniste, systémique, …) mais en prenant garde de ne pas tomber dans un méli-mélo déstructuré piochant par-ci, par-là, des éléments sans cohésion. Le but poursuivi n’étant pas de créer un nouveau courant qui entrerait dans la guerre des écoles mais bien de faire évoluer les mentalités et les pratiques afin d’offrir une meilleure compréhension et une meilleure prise en charge de la personne humaine.

La littérature dégage trois formes d’intégration : l’éclectisme technique, l’intégration théorique et l’approche des facteurs communs.

  • L’approche des facteurs communs : c’est l’idée, dans les années 1930, selon laquelle les différentes approches partagent un certain nombre de facteurs communs qui expliquent près d’un tiers des effets thérapeutiques alors que les facteurs spécifiques à chaque approche représentent seulement 15% des effets thérapeutiques (Chambon et Marie-Cardine).
  • L’éclectisme technique : c’est l’idée selon laquelle il est possible d’utiliser des idées et techniques issues d’une école différente de son école d’appartenance sans pour autant adhérer pleinement aux théories dont elles découlent. C’est une approche pragmatique, qui ne recherche pas une vérité absolue mais bien une instrumentalisation des théories.
  • L’intégration théorique : c’est l’approche qui recherche la création d’une métathéorie.

Chambon et Marie-Cardine empruntent, pour en faciliter la compréhension, la métaphore gastronomique de Norcross (cité par Chambon et Marie-Cardine, 1999) : “l’éclectisme technique compose un menu avec différents plats alors que l’intégration théorique compose un nouveau plat avec différents ingrédients”.

Pour ces mêmes auteurs, ces trois approches ne sont pas exclusives mais complémentaires. L’approche des facteurs communs fournit les techniques et attitudes de base au psychothérapeute. L’intégration théorique permet d’avoir une théorie rendant compte d’un maximum de phénomènes mentaux et l’éclectisme technique permet d’apporter l’aide la plus efficiente au patient.

Telle que je la comprends et la conçois, l’approche intégrative ne recherche pas la création d’une théorie holistique du comportement humain mais bien une intégration, un référentiel trans-théorique[1], puisant dans les différentes approches les éléments pertinents pour expliquer au mieux les comportements humains et alliant les pratiques relatives à ces différents courants afin de fournir une prise en charge la plus efficiente.

Ce qui importe avant tout relève plus de l’attitude du thérapeute plus que son orientation. Ce qui caractérise selon moi l’approche intégrative, c’est bien le regard critique que le psychothérapeute porte sur sa pratique, son école de référence, et sa capacité à se remettre en question, lui et son modèle théorique, et sa capacité d’adaptation, avec l’idée non pas d’utiliser l’outil qu’on maîtrise le mieux mais d’utiliser l’outil le mieux adapté au patient et à son contexte de vie. Pour illustrer cette attitude, Chambon et Marie-Cardine (1999) citent Sun-Tzu (L’Art de la guerre), comparant le psychologue à l’image de l’eau.

« De bonnes manœuvres sont comparables au mouvement de l’eau coulant des montagnes vers la plaine. Une bonne stratégie évite le puissant et attaque le faible. L’eau modifie son cours en fonction des changements du sol. L’armée doit adapter ses plans aux changements de l’ennemi. Tout comme l’eau n’a pas de forme définie, l’art de la guerre n’a pas de règles fixes. Un génie de la guerre est quelqu’un qui combat et gagne en s’adaptant aux changements de son ennemi. Une bonne stratégie est aussi changeante que les cinq éléments : le métal, le bois, la terre, l’eau et le feu. Aucun n’est jamais totalement dominant. Elle est comme la succession des saisons, toujours en mouvement. Elle est comme les jours, tantôt longs, tantôt courts. Elle est comme la lune, tantôt pleine, tantôt juste un croissant. Il n’y a pas de règles fixes pour une bonne stratégie. Elle doit être aussi changeante que l’eau qui s’accorde aux mouvements du sol. Il n’y a pas non plus de règle d’or pour la manœuvre des troupes. Evitez toujours les puissants et attaquez les faibles. Soyez toujours prêts à changer de stratégie en fonction des changements de votre ennemi. »

II. Approche psycho-Criminologique :

Concernant la psycho-criminologie, Villerbu nous dit que “toute situation criminelle se définit par un comportement observable (le modus operandi) une histoire personnelle et un environnement (le modus vivendi plus ou moins axiomatisable et susceptible d’impasses), une organisation psychique (structures et troubles de la personnalité, des processus et une psycho dynamique possédant ses propres décompensations).” A ces trois axes, Modus Operandi, Modus Vivendi et Organisation Psychique, vient s’ajouter un quatrième qui est celui de l’Opportunité pouvant se traduire par une vulnérabilité. Le sujet est porteur d’une histoire, d’apprentissages, de vécus traumatiques, de capacités cognitives, etc qui dans un contexte, en interaction avec un environnement, ont mené à une vulnérabilité, un déséquilibre ayant entraîné un passage à l’acte qui peut être vu comme tentative de (re)trouver un équilibre.

L’approche psycho-criminologique est donc psychodynamique car elle cherche à comprendre la conflictualité psychique du sujet, sa personnalité, son mode de vie, son histoire…Mais elle est aussi systémique car elle s'intéresse aux relations que nourri le sujet avec son environnement familial, professionnel, social, ... Ou encore cognitivo-comportementale car elle s'intéresse aux apprentissages du sujet, à ses cognitions et comment celles-ci vont influencer son comportement.

On voit ici tout l'intérêt d’une approche intégrative nous permettant de considérer le sujet, sa structure, ses processus mais aussi son histoire qui rentre en interaction avec un contexte donné, avec son environnement… Cette approche psycho-criminologique doit permettre au psychologue de se décaler du passage à l’acte pour ne pas réduire l’individu à son acte ni même réduire l’acte à une réponse judiciaire. Il s’agit de comprendre l’acte dans toutes ses dimensions, ce qui est rendu possible par l’approche intégrative.

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