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Étude du roman Barrage Contre Le Pacifique de Marguerite Duras

Dissertation : Étude du roman Barrage Contre Le Pacifique de Marguerite Duras. Recherche parmi 274 000+ dissertations

Par   •  21 Mars 2013  •  10 340 Mots (42 Pages)  •  2 914 Vues

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André Durand présente

‘’Un barrage contre le Pacifique’’

(1950)

roman de Marguerite DURAS

(360 pages)

pour lequel on trouve un résumé

puis successivement l’examen de :

l’intérêt de l’action (page 2)

l’intérêt littéraire (page 4)

l’intérêt documentaire (page 6)

l’intérêt psychologique (page 10)

l’intérêt philosophique (page 15)

la destinée de l’œuvre (page 15)

Bonne lecture !

Résumé

À la fin des années vingt, dans une région du Sud de l’Indochine appelée «la plaine de Ram», une institutrice française vit avec ses deux enfants, Joseph, qui a vingt ans, et Suzanne, qui est une belle adolescente, dans une concession au bord du Pacifique dans l’achat de laquelle elle avait investi toutes ses économies, mais qui lui avait été vendue par de malhonnêtes agents du cadastre de Kam qui ne lui avaient pas dit que le terrain était inondé par l’eau salée à chaque grande marée et que toute culture y était impossible, tandis que le bungalow, à moitié achevé et sans balustrade, était attaqué par les vers. Elle s'était alors lancée dans une lutte vaine contre le cadastre, puis avait tenté, avec l’aide de paysans de la région et, en particulier, de son fidèle «caporal», un Malais, de construire des barrages contre la mer. Mais «en juillet, la mer était montée comme d'habitude à l'assaut de la plaine. Les barrages n'étaient pas assez puissants. Ils avaient été rongés par les crabes nains des rizières. En une nuit, ils s'effondrèrent».

Or passe par la piste, qui est l’unique attraction de cette morne plaine, M. Jo, un jeune homme riche mais laid, vêtu d'un costume de tussor, qui conduit une splendide voiture et qui tombe amoureux de Suzanne. Joseph le juge ainsi : «Merde quelle bagnole... Pour le reste, c'est un singe». Cependant, la mère semble prête à donner sa fille à cet homme, non sans rétribution. Mais il a beau lui rendre visite tous les jours, faire preuve de beaucoup de délicates attentions, il n'obtient d'elle que la possibilité de la voir nue alors qu'elle se lave. Le cadeau d'un diamant achève paradoxalement de compromettre ses chances auprès d’elle. Il est prié de ne plus venir, tandis que la mère s'apprête à vendre le diamant à la ville.

Ils s’y rendent tous les trois pour un long séjour. Tandis que la mère tente une transaction qui est compliquée par le fait que le diamant a un crapaud, Joseph part à la recherche de femmes, et Suzanne, qui a trouvé une amie en Carmen, une tenancière d’hôtel, passe le plus clair de son temps au cinéma. S’intéresse alors à elle un autre homme âgé, Barner, représentant d’une usine de filatures de Calcutta qui, depuis dix ans cherche à «se marier avec une Française, très jeune et vierge si possible», mais qui est découragé par tant d’immoralité, la mère essayant de lui vendre le diamant. Cependant, Joseph en obtient vingt mille francs de Lina, une femme qui est amoureuse de lui, qui le lui a acheté et le lui a rendu. La mère peut alors payer les intérêts des prêts en retard. Joseph raconte la folle nuit où il a, au cinéma, rencontré Lina et son mari qui est, au cours de cette nuit de beuveries et ensuite, si indifférent qu’ils font l’amour et qu’elle promet de venir le chercher. L’attente dure un mois au terme duquel il quitte la concession avec elle. Suzanne espère que s’arrête pour elle un des chasseurs qui passent sur la piste, mais c’est avec un garçon du voisinage, Jean Agosti, le fils d’un contrebandier de pernod, qu’elle perd sa virginité sans toutefois vouloir l’épouser alors qu’il commence à l’aimer, car elle veut partir. La mère meurt. Joseph revient avec sa maîtresse pour l’enterrer, et ils emmènent Suzanne loin de la concession.

Analyse

(la pagination indiquée est celle de l’édition dans “Folio”)

Intérêt de l’action

Le roman, où l’on sent l’influence du réalisme des romans américains de William Faulkner ou d’Erskine Caldwell comme de l'existentialisme français et qui est en même temps construit à la manière d’un drame antique, présente une intrigue prenante, même si, entre le passé, c’est-à-dire l’histoire des barrages qui est sans cesse évoquée et répétée («Je suis sûr que toutes les nuits elle recommence ses barrages contre le Pacifique» [page 281]) et l’avenir, à savoir le départ mythique, la vie des personnages n’est qu’attente et répétition de la même routine, à rester au bord de la piste, à écouter “Ramona”, à manger chaque soir le même ragoût d’échassier, etc.. La deuxième partie répète la première : la tentative d’évasion y prend une autre forme ; ce n’est plus à Ram, c’est dans la grande ville qu’on part se livrer à d’innombrables démarches pour essayer de vendre la bague et chercher la personne qui sera médiatrice du départ définitif vers la vraie vie ; la mort de la mère fait écho à la mort du cheval et devient moteur du départ de Suzanne.

''Un barrage contre le Pacifique'' peut être qualifié de roman épique du fait qu'on y trouve ces caractéristiques de l'épopée que sont :

- le grossissement des événements et des personnages (celui de la mère en particulier dont il est dit qu'elle est «un monstre dévastateur» [page 183], «un monstre au charme puissant» [pages 183-184], ses enfants craignant de «se laisser dévorer à leur tour par elle» [page 184]) ;

- le grand rôle donné aux forces de la nature (le Pacifique toujours à l'assaut de la côte).

Et Marguerite Duras a donné à son roman la puissance des grandes histoires tragiques de la littérature.

En effet, il se déroule toujours avec une grande intensité, sans bavure ni temps mort. Il est animé de bout en bout d’une vivacité

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