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Monologue Final De Rhinocéros De Ionesco

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Par   •  1 Novembre 2012  •  1 970 Mots (8 Pages)  •  2 292 Vues

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Le monologue final, Rhinocéros, Ionesco, p.243-245

Selon Ionesco lui-même, sa dixième pièce, Rhinocéros, représentée en France en 1960 est une pièce antinazie et plus largement, contre toutes les idéologies qui servent d’alibis aux « hystéries collectives ». Au fil de la pièce, toute la population d’une petite ville de province et tous les personnages se sont transformés en rhinocéros : violents, galopants, barrissant. La dernière métamorphose vient d’avoir lieue : celle de Daisy, la jeune femme qu’aimait Bérenger. C’est donc un monologue qui termine la pièce.

Que signifie ce dénouement ?

I/ Difficulté d’être seul contre la totalité des autres

Le monologue est imposé par la progression dramaturgique car Bérenger est le dernier homme, le seul qui parle au lieu de barrir. Le monologue, dans cette pièce, souligne la solitude absolue de Bérenger et le conflit intérieur que celle-ci provoque.

A) L’angoisse de l’individu absolument seul

a. Brusque affolement de Bérenger quand il se retrouve seul

C’est l’angoisse face à l’échec du couple, souligné par la reprise de l’apostrophe « Daisy ». Il multiplie les appels suppliants. Un comique du dérisoire c’est-à-dire tragique avec des mots tendres, ses tentatives de se raccrocher à un passé que la métamorphose de Daisy vient d’annihiler. Les didascalies théâtralisent le monologue : la gestuelle marque l’affolement. En gradation, l’angoisse d’être seul contre tous.

b. Difficulté d’admettre que cette solitude est définitive

A propos de Daisy, les contradictions dans le propos révèlent le conflit intérieur. L’angoisse de ne pas comprendre s’oppose à la culpabilité de n’avoir pas su convaincre.

A propos de tous les autres. L’individu qui n’adhère pas à l’hystérie collective voudrait croire que celle-ci est réversible. Ceci est marqué par les questions angoissées de Bérenger. Puis prise de conscience progressive : ceux que Bérenger a connus n’existent plus. Ils sont devenus des étrangers.

B) De l’affirmation de l’individualité au doute de soi

a. Bérenger revendique sa singularité par les pronoms employés

Opposition entre le « je » individuel et la masse collective. La revendication du moi individuel, du droit à penser contre les autres s’oppose aux autres, tous rhinocéros.

b. La mise en doute progressive de soi, de ses valeurs d’homme

Le doute de la capacité de communiquer, de sa raison et de son identité. Ce dernier est marqué par le rapport au miroir et par la recherche de soi dans les photos et les tableaux. C’est aussi la mise en doute de la validité de son refus : et si les autres avaient raison ? Ceci est marqué par la rupture de la concordance des temps qui marque un doute de plus en plus profond et par la multiplication des phrases interrogatives.

II/ La tentative d’abdiquer

La pièce entière nous a montré qu’il était plus facile de se réfugier dans l’anonymat de la pensée commune, de se libérer du fardeau de la liberté de penser : la prolifération des rhinocéros s’est accélérer, des personnages aussi différents que Botard, Dudard et Daisy ont cédé à la tentation.

A) La masse devient la référence

a. S’y conformer garantit l’appartenance au groupe social

La solitude est culpabilisante.

b. Ne pas pouvoir s’y conformer est source de honte

Bérenger a honte de sa laideur. Il utilise un vocabulaire dévalorisant pour évoquer son physique.

B) A l’inverse, admiration des rhinocéros

Bérenger utilise un vocabulaire valorisant. Il ressent un échec et le regret de n’avoir pas su être comme eux.

III/ La révolte

A) Irréfléchie, elle monte des « profondeurs » de l’être

a. Bérenger ressent l’extérieur, la rhinocérite comme une menace

Spontanément, il tente de s’en protéger. Cela apparaît dans la symbolique de l’espace avec le haut, le bas et l’encerclement. Bérenger est cerné par les rhinocéros. Il tente donc de s’en protéger en se calfeutrant dans son appartement et face à lui-même. L’espace scénique et les déplacements dans l’espace deviennent signifiants : le monde extérieur est une menace de destruction.

b. Bérenger, même quand il refuse spontanément, n’a pas d’argument

Il a seulement des certitudes profondes, marquées par des phrases asservies. Des certitudes sur la beauté de l’homme et sur son identité profonde : l’homme.

c. Ce refus, issus de l’être profond, l’emporte soudain sur ses doutes, balayant la tentation d’abdiquer.

Il assume sa condition d’homme : seul, impuissant, autre.

B) Une révolte concrètement vaine, mais humainement grande

a. Concrètement vaine

Il est menacé de toutes parts. Cerné. Incapable de se faire entendre. Son acte n’aura pas de conséquence concrète.

b. Humainement grande

Avec le passage au futur, le vocabulaire de l’absolu. Toutes les phrases sont exclamatives et enfin, l’ultime affirmation. Il est celui qui ose dire non à l’ordre établi, aux troupeaux de monstres. Il nous propose un modèle.

Un dénouement dont la forme originale, le monologue est signifiante, avec une théâtralisation tragique du conflit intérieur du personnage. Un dénouement qui souligne les enjeux de la pièce : difficulté d’être soi face à la montée d’une idéologie de masse ; nécessité profonde de la révolte même si elle est historiquement vaine. Un dénouement qui soulève des questions plus qu’il n’offre de solution : à chaque lecteur (spectateur) de s’interroger : que ferait-il dans es circonstances semblables ? Cèderait-il ? Résisterait-il ? Donc une pièce engagée, certes mais surtout une fable atemporelle, donc toujours vraie et toujours dérangeante : « L’apologue de Rhinocéros sera vrai pour tous les temps. (Pierre Aimé Touchard).

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