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Les personnages, Lorenzo de Medicis

Commentaire d'oeuvre : Les personnages, Lorenzo de Medicis. Recherche parmi 258 000+ dissertations

Par   •  12 Mai 2013  •  Commentaire d'oeuvre  •  1 316 Mots (6 Pages)  •  379 Vues

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Les personnages

Les personnages sont multiples, il suffit d’observer la didascalie initiale pour s’en rendre compte. Cette multiplicité va de pair avec la complexité de l’intrigue et participe à l’impression defoisonnement qui se dégage de la pièce.

a. Lorenzo de Medicis (dit « Lorenzaccio »)

• La pièce porte son nom. Son projet, son acte, sa psychologie sont au cœur de l’intrigue et sont le ciment de la pièce. Il a environ 23 ans au moment des faits. N’oublions pas qu’il s’agit d’un personnage historique : c’est un aristocrate héritier de la très puissante et très influente famille florentine des Médicis. Lorenzo est le descendant d’un frère de Côme l’Ancien, riche banquier qui prend le pouvoir de la ville de Florence au début du 15e siècle. Malgré plusieurs conspirations, les Médicis règneront sur Florence pendant plus de trois siècles. Historiquement, Lorenzo est surtout connu pour son acte, l’assassinat d’Alexandre, mais ses motivations réelles sont restées obscures. La fin de la pièce de Musset ne coïncide pas exactement avec l’histoire puisque dans la réalité, Lorenzo n’est assassiné à Venise qu’en 1548, après plusieurs années d’exil.

• Le personnage de Lorenzo interroge avant d’entrer en scène. Dans la liste des personnages dressée par Musset, il apparaît sous deux noms : son titre officiel, « Lorenzo de Médicis », et un de ses surnoms « Lorenzaccio » (« le mauvais Lorenzo »).

Il n’est pas anodin que Musset ait choisi ce surnom dégradant comme titre, le suffixe –accio étant clairement péjoratif. Apparaît d’emblée la duplicité, voire la multiplicité du personnage. D’autres surnoms lui sont attribués dans la pièce : le diminutif « Renzo », ou encore « Lorenzino » (« petit Lorenzo ») qui, dans la bouche de sa mère, évoque, au contraire de « Lorenzaccio », le Lorenzo du passé et sa facette positive.

Remarquons également le surnom donné par Alexandre, « Lorenzetta » (I, 4), qui traduit uneambiguïté à la fois physique, sexuelle, et morale : Lorenzo est décrit selon des traits peu virils, voire féminins, il est maigre et d’apparence fragile. Moralement, c’est son manque de courage et sa faiblesse qui transparaissent dans ce surnom. De son passé, on peut entrevoir une jeunesse sage et studieuse évoquée par sa mère et par lui-même.

On apprend par ailleurs (I, 4) qu’il a été banni de Rome par le Pape Clément VII pour avoir décapité les statues de l’arc de Constantin, ivre et sans doute par provocation. Le héros se présente donc selon un aspect particulièrement ambivalent. Ambivalence qui se manifeste dans son rapport à Alexandre dont il est à la fois le complice et l’opposant.

b. Alexandre de Médicis, duc de Florence

• Alexandre de Médicis est fait duc de Florence en 1532. Enfant illégitime descendant de la branche principale des Médicis, il est régulièrement qualifié de « bâtard » : on le dit en effet fils du Pape Clément VII, lui aussi un Médicis. Clément VII, allié à l’empereur Charles Quint, encourage le mariage d’Alexandre avec une fille illégitime de l’Empereur en 1536 afin de renforcer les alliances. Dans la pièce, il a environ 27 ans au moment de l’intrigue et gouverne entyran sur Florence, s’appuyant sur les soldats de la garnison allemande qui occupent la ville et le protègent. Malgré sa fonction de duc, le personnage n’est pas présenté dans sa dimension politique : il méprise sa fonction et ne remplit pas son rôle politique.

• Il méprise également ses sujets et est détesté du peuple. Il agit en despote et multiplie les injustices, les bannissements, les massacres, les abus de pouvoir. Au-delà de son rôle politique,il méprise son rôle moral et bafoue le code d’honneur de l’aristocratie : il est présenté comme un grand seigneur décadent, immoral, grossier et libertin. La première image de lui est celle d’un séducteur qui corrompt l’innocence d’une jeune fille. Il apparaît ensuite masqué, travesti en religieuse à la sortie d’un bal, ce qui révèle un profond décalage entre sa fonction et ses agissements qui s’apparentent à ceux d’un bouffon. La marquise Cibo tentera, en vain, d’éveiller sa conscience politique : « Florence t’appelle sa peste nouvelle » (III, 6). Sa cour (dont Julien Salviati) est

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