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Commentaire sur le roman La Princesse De Clèves de Madame de La Fayette: La scène de la première rencontre

Rapports de Stage : Commentaire sur le roman La Princesse De Clèves de Madame de La Fayette: La scène de la première rencontre. Recherche parmi 237 000+ dissertations

Par   •  18 Novembre 2012  •  3 598 Mots (15 Pages)  •  1 092 Vues

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La scène de première rencontre

« Elle passa tout le jour des fiançailles chez elle à se parer, pour se trouver le soir au bal et au festin royal qui se faisait au Louvre. Lorsqu’elle arriva, l’on admira sa beauté et sa parure ; le bal commença et, comme elle dansait avec Monsieur de Guise, il se fit un assez grand bruit vers la porte de la salle, comme de quelqu’un qui entrait, et à qui on faisait place. Madame de Clèves acheva de danser et, pendant qu’elle cherchait des yeux quelqu’un qu’elle avait dessein de prendre, le Roi lui cria de prendre celui qui arrivait. Elle se tourna et vit un homme qu’elle crut d’abord ne pouvoir être que Monsieur de Nemours, qui passait par-dessus quelques sièges pour arriver où l’on dansait. Ce prince était fait d’une sorte qu’il parut difficile de n’être pas surprise de le voir quand on ne l’avait jamais vu, surtout ce soir-là, où le soin qu’il avait pris de se parer augmentait encore l’air brillant qui était dans sa personne ; mais il était difficile aussi de voir Madame de Clèves pour la première fois sans avoir un grand étonnement. Monsieur de Nemours fut tellement surpris de sa beauté que, lorsqu’il fut proche d’elle, et qu’elle lui fit la révérence, il ne put s’empêcher de donner des marques de son admiration. Quand ils commencèrent à danser, il s’éleva dans la salle un murmure de louanges. Le Roi et les Reines se souvinrent qu’ils ne s’étaient jamais vu, et trouvèrent quelque chose de singulier de les voir danser ensemble sans se connaître. Ils les appelèrent quand ils eurent fini, sans leur laisser le loisir de parler à personne, et leur demandèrent s’ils n’avaient pas bien envie de savoir qui ils étaient, et s’ils ne s’en doutaient point.

- Pour moi, Madame, dit Monsieur de Nemours, je n’ai pas d’incertitude ; mais comme Madame de

Clèves n’a pas les mêmes raisons pour deviner qui je suis que celles que j’ai pour la reconnaître, je voudrais que votre Majesté eût la bonté de lui apprendre mon nom.

- Je crois, dit Madame La Dauphine, qu’elle le sait aussi bien que vous savez le sien.

- Je vous assure, Madame, reprit Madame de Clèves qui paraissait un peu embarrassée, que je ne

devine pas si bien que vous pensez.

- Vous devinez fort bien, répondit Madame la Dauphine ; et il y a même quelque chose d’obligeant

pour Monsieur de Nemours à ne vouloir pas avouer que vous le connaissez déjà sans l’avoir jamais vu. »

Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves, 1678.

Introduction

La Princesse de Clèves est un roman écrit par Madame de La Fayette en 1678. Cette œuvre, véritable joyau de la littérature française, est considéré comme un « roman moderne » précisément parce qu’il rompt avec les conventions du roman baroque. L’histoire se déroule dans un temps historique (le XVIème siècle) assez proche du temps de l’écriture de l’œuvre. Après un rapide tableau historique, Mme de La Fayette présente aux lecteurs un large panorama des figures importantes de la cour ainsi que les personnages principaux du roman. Parmi eux, le narrateur distingue le Duc de Nemours, absent de la cour parce qu’occupé à arranger une affaire matrimoniale, qui n’assiste pas à l’apparition éblouissante de Mlle de Chartres à la cour, ni à son mariage rapide avec le Prince de Clèves. Le texte a donc ménagé un certain suspens, en différant la rencontre de ces deux êtres.

La scène étudiée est la scène de première rencontre entre Madame de Clèves et le Duc de Nemours qui a lieu à l’occasion d’un bal donné en l’honneur des fiançailles de Claude de France et du Duc de Lorraine.

On peut donc se demander en quoi cette scène fournit des indices d’un amour impossible entre la Princesse et le Duc.

Notre lecture analysera dans un premier mouvement cette scène de rencontre comme une scène romanesque qui conduit à la naissance de sentiments amoureux deux protagonistes. Dans un second mouvement nous nous attacherons à expliquer cette scène de coup de foudre et enfin, nous montrerons que cette scène de rencontre affiche déjà que la passion naissante entre la Princesse et le Duc est condamnée.

I. La scène de rencontre : une scène romanesque

A. Les conditions de la rencontre

Le cadre dans lequel se rencontrent la Princesse de Clèves et le Duc de Nemours est un cadre prestigieux puisque cette rencontre se fait au Louvre, à un bal, à l’occasion des fiançailles de la fille d’Henri second. Le lieu a toute son importance d’une part parce qu’il il est un lieu idyllique, propice à la naissance d’une passion et d’autre part, parce que cette référence historique ancre la narration dans une situation réelle et renforce par là l’illusion de la véracité du récit : « Elle passa tout le jour des fiançailles chez elle à se parer, pour se trouver le soir au bal et au festin royal qui se faisait au Louvre. » l. 1-2. Nous pouvons remarquer que ce cadre magnifique est posé d’emblée, dès le début de l’extrait ce qui montre son importance pour la scène qui va être racontée.

L’arrivée de Monsieur de Nemours est peu discrète puisqu’elle attire l’attention de tous les convives présents au bal : « il se fit un assez grand bruit vers la porte » l.3, ce qui fait porter le regard de Madame de Clèves vers la porte également. Mais ce qui surprend le plus c’est que Le Duc et la Princesse sont amenés à danser ensemble sur la demande du roi : « le Roi lui cria de prendre celui qui arrivait » l.5. La rencontre se fait donc par effet de surprise, sans que l’un ou l’autre n’ait entrepris quoi que ce soit. Par ailleurs la narratrice se plaît à ne pas dévoiler leur identité pour ménager un certain suspens : c’est le pronom démonstratif« celui qui » l.5 qui désigne le Duc de Nemours. Le texte, bien que les deux parties devinent qui ils sont, préfère taire leurs noms. En effet, ce n’est qu’à la fin que leur identité est dévoilée et qu’on les présente vraiment : « mais comme Madame de Clèves n’a pas les mêmes raisons pour deviner qui je suis » l. 17-18, « et il ya même quelque chose de désobligeant pour Monsieur de Nemours » l.23- 24.

L’environnement dans lequel les héros se voient pour la première

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