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Commentaire sur "l'art de voyager" de Montaigne

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Par   •  5 Septembre 2021  •  Commentaire de texte  •  1 452 Mots (6 Pages)  •  36 Vues

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Eléments de corrigé du commentaire du texte « L’art de voyager » de Montaigne

Les Essais, œuvre majeure de Montaigne, constituent un ensemble de réflexions philosophiques fondées sur son vécu : « Je suis moi-même la matière de mon livre », écrit-il dans la préface « Au lecteur ». Dans le chapitre IX du livre III, l’auteur humaniste nous fait part de sa conception du voyage.

[Problématiques possibles : ]

-En quoi le voyage est-il un mode de découverte de soi, des autres et du monde ?

ou :

-Nous nous demanderons donc comment l’expérience personnelle est mise au service d’une philosophie humaniste du voyage.

Pour cela, nous commencerons par étudier l’implication personnelle de l’auteur dans le texte. Puis, nous analyserons la critique que Montaigne fait d’une certaine catégorie de voyageurs. Enfin, nous verrons que cet extrait propose une véritable leçon de philosophie humaniste.

I – Une expérience personnelle du voyage

  1. omniprésence du pronom personnel de la 1ère personne du sujet
  • « moi, qui le plus souvent voyage … » : mise en valeur su sujet par la forme emphatique
  • « Quand je me suis trouvé ailleurs qu’en France »… récit d’une anecdote de voyage,  souvenirs personnel
  • « ne me touche », « j’ai honte » = expression des sentiments
  • expression de la subjectivité de l’auteur
  1. un autoportrait
  • M. ne raconte pas un épisode particulier, un moment précis de son voyage : « quand j’ai été (…) je me suis toujours » : adv. & conj. Sub insistent sur la fréquence du fait. M. met en évidence un aspect/un élément constant de son comportement.
  • la gourmandise, « l’indiscrétion de son appétit » : « une généreuse faculté ». Le rapprochement des deux expressions met en vlaeur l’idée que le portrait est à la fois physique et moral. La gourmandise de M. est signe de sa curiosité.
  • NB : phrase située juste avant l’extrait « J’ai la complexion du corps libre, et le gout commun, autant qu’homme du monde » - « complexion » = ce qui caractérise une personne, aussi bien physiquement que moralement (au XVIe). + adj & GN qui peuvent concerner tout aussi bien le corps que l’esprit
  • plus qu’un récit autobiographique au sens propre, Montaigne élabore ici une analyse de lui-même, de sa personnalité. Il dresse son autoportrait
  1. Un portrait en creux
  • La présence de la 1ère pers. Du sg s’etompe néanmoins au centre de l’extrait. Après « j’ai honte de voir nos hommes… ».
  • L’autoportrait se fait en creux, par opposition avec ces autres voyageurs dont il se distingue.

Transition : Cet extrait est caractérisé par une écriture certes autobiographique, mais qui met aussi en valeur une conception du voyage : Montaigne y dresse de lui-même un autoportrait en voyageur, et expose sa conception du voyage en  dépassant le cadre des anecdotes personnelles pour proposer une réflexion humaniste.

II – Une critique des voyageurs fermés à l’altérité : le blâme des mauvais voyageurs

  1. Des effets d’opposition mettant en évidence la différence entre les « bons » voyageurs et les « mauvais »
  • Oppositions résolues du premier paragraphe (cf. : « chaud ou froid ») > tout est un (égal)
  • Au contraire, accumulation d’associations évoquant la fermeture d’esprit de « nos hommes » : « rallier et recoudre », « couverts et serrés ».
  1. Le blâme de ses compatriotes et des gens de la cour
  • succession de termes péjoratifs, tels que « honte », « sotte », « effaroucher », « abominent », « condamner », « barbare », « médire » « taciturnes », « incommunicable », « contagion ». : tonalité polémique. Montaigne blâme l’attitude de ses compatriotes qu’il juge fermés aux autres et hostiles à la nouveauté.
  • développement d’un argument par analogie, présenté comme une digression (un souvenir ajouté) : « me rappelle, dans un domaine semblable » : les gens de la cour (+ même voc péjoratif : « dédain ou pitié », « malhabiles ») sont blâmés pour leur attitude hautaine et méprisante envers tous ceux qui ne font pas partie de leur monde.
  •  La négation exceptive « ne…que » : « ne s’attachent qu’aux hommes de leur sorte » dénonce l’ étroitesse d’esprit des courtisans, qui ne considèrent que leur semblables.

 Montaigne montre par la satire qu’il réprouve l’étroitesse d’esprit des courtisans et leur volonté de s’extraire du monde.

  1. Humour et ironie au service du blâme des mauvais voyageurs
  • Des métaphores qui ridiculisent les mauvais voyageurs : la métaphore de la maladie épidémique : « contagion d’un air inconnu » (ridicule lié à l’exagération)  et le jeu sur la phrases « ne partent en voyage  que pour faire  le retour » visent à tourner en dérision les peurs de ses compatriotes, leur manque d’ouverture à l’inconnu , à l’autre.
  • Question rhétorique et DIL  : « Pourquoi ne seraient-elles pas  barbares, puisqu’elles ne sont françaises ? » (l.21) Montaigne adopte le point de vue de ces mauvais voyageurs français pour mieux s’en moquer et il dénonce ainsi le préjugé ethnocentrique sur lequel repose leur attitude à l’étranger : le barbare c’est l’autre.
  • « Encore sont-ce les plus intelligents qui les ont remarquées, pour en médire »l.22 : formule ironique sous-entend que les voyageurs français  n’ont pas eu l’intelligence suffisante pour s’intéresser aux coutumes étrangères ; toute « étrangeté » , toute nouveauté est source de médisance , or la médisance est toujours signe de bêtise.

Transition : Montaigne, blâme l’attitude de ses contemporains voyageurs, et par analogie, des courtisans. Nous retrouvons ainsi le thème de la vanité (qui donne son titre au chapitre, « de la vanité ») : les préjugés et l’absence de curiosité nous poussent sur la voie de la vanité (comprise comme prétention, orgueil). Mais derrière ce passage sur les voyageurs continue de se dessiner le portrait du voyageur tel que le pense Montaigne, et toute un philosophie humaniste du voyage.

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