Bergson, La pensée et le mouvant
Commentaire de texte : Bergson, La pensée et le mouvant. Recherche parmi 304 000+ dissertationsPar jspinord • 4 Mai 2026 • Commentaire de texte • 872 Mots (4 Pages) • 5 Vues
texte Bergson, La pensée et le Mouvant. Éléments de correction
La vérité serait déposée dans les choses et dans les faits : notre science irait l'y chercher, la tirerait de sa cachette, l'amènerait au grand jour. Une affirmation telle que "la chaleur dilate les corps" serait une loi qui gouverne les faits, qui trône, sinon au-dessus d'eux, du moins au milieu d'eux, une loi véritablement contenue dans notre expérience et que nous nous bornerions à en extraire. Cette conception de la vérité est naturelle à notre esprit et naturelle aussi à la philosophie, parce qu'il est naturel de se représenter la réalité comme un tout parfaitement cohérent et systématisé, que soutient une armature logique. [ ... ] Mais l'expérience pure et simple ne nous dit rien de semblable. L'expérience nous présente un flux de phénomènes : si telle ou telle affirmation relative à l'un d'eux nous permet de maîtriser ceux qui le suivront ou même simplement de les prévoir, nous disons de cette affirmation qu'elle est vraie. Une proposition telle que "la chaleur dilate les corps", proposition suggérée par la vue de la dilatation d'un certain corps, fait que nous prévoyons comment d'autres corps se comporteront en présence de la chaleur ; elle nous aide à passer d'une expérience ancienne à des expériences nouvelles : c'est un fil conducteur, rien de plus. La réalité coule ; nous coulons avec elle : et nous appelons vraie toute affirmation qui, en nous dirigeant à travers la réalité mouvante, nous donne prise sur elle et nous place dans de meilleures conditions pour agir.
Bergson, La Pensée et le Mouvant
Plan du texte :
1er moment : une supposition, la vérité serait « déposée » dans les choses. La science est alors l’outil le mieux adapté, apparemment, pour révéler cette vérité dans un réel présupposé lui-même comme un ensemble immuable et organisé. C’est une conception vue comme « naturelle » car habituelle et dérivée de la philosophie, puis perdurée dans les dogmes des religions théistes.
Par exemple, l’allégorie de la caverne de Platon est un modèle qui pense que le réel est déjà ordonné par lui-même, déjà intelligible en dehors de l’ordre que l’homme y trouvera. Pour accéder à ses vérités du réel seule la science, le savoir, sont légitimes. Cela nous paraît donc naturel car ancré dans nos habitudes de penser. Les vérités sont déjà là il faut aller les chercher.
2nd moment : opposition et limite d’une telle conception naïve du réel, et donc de la définition habituelle (« naturelle ») de la vérité scientifique qui en découle. Bergson nuance donc cette vision et n’y voit qu’un présupposé selon lequel le réel serait déjà ordonné.
Il oppose à cela une conception héraclitéenne : le réel est un flux constant, dont nous pouvons faire l’expérience directe, par nos perceptions et notre vécu. En conséquence ce que nous appelons « vrai » c’est ce qui me permet d’anticiper ce flux constant du réel, ce qui me permet d’agir sur ce flux, ce qui est donc « utile » à mon action dans le réel : « rien de plus ». Cela ne signifie donc pas qu’il faudrait pour autant désespérer du vrai, mais comprendre que la science et notre savoir en général, ne sont peut-être pas les seuls outils pour traduire le réel dans son entièreté.
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