Explication de Texte Kant "Tribunal Intérieur"
Dissertation : Explication de Texte Kant "Tribunal Intérieur". Recherche parmi 303 000+ dissertationsPar Alix Mariovna • 31 Décembre 2025 • Dissertation • 1 489 Mots (6 Pages) • 25 Vues
La conscience renvoie à l’idée de connaissance, à la fois de son environnement, mais aussi de soi, de ses actions. Le mot provient du latin « cum scientia » signifiant « avec science ». Mais la conscience ne se limite pas à une simple perception de soi et de notre environnement, mais aussi à notre capacité à juger nos propres actions et à leur appliquer une valeur morale. C’est bien de cette conscience morale que parle Kant dans ce court extrait où il répond à la question de la façon dont notre conscience se manifeste à nous. Il va d’abord s’employer à la décrire, avant d’expliquer la façon dont elle nous force dans une dualité avec nous-même, comme dans notre rapport à l’autre.
Kant décrit tout d’abord la conscience comme le « sentiment d’un tribunal intérieur ». Cette métaphore est intéressante, tout d’abord parce qu’elle renvoie à quelque chose d’extérieur : un tribunal, qui est une force externe qui vient juger nos actions individuelles. Mais nous reviendrons sur ce point dans la seconde partie. Cette métaphore est également intéressante parce qu’elle renvoie à une structure sociale et légale. Le tribunal juge nos actions en les comparant aux lois établies dans notre société. Or, ici, il est question de morale, comme le souligne Kant à la fin de son introduction : « [le sentiment d’un tribunal intérieur] correspond à la conscience morale. » C’est-à-dire le bien fondé de nos actions, et la façon dont nous agissons afin de remplir notre devoir. Il ne s’agit pas là uniquement d’un aspect purement législatif, mais bien d’une considération morale.
Quand on parle de conscience, on sépare généralement la conscience psychologique de la conscience morale. Comme évoqué dans l’introduction, la conscience psychologique englobe tout ce qui a trait à la perception : la perception de notre environnement, de nous-même, appelée « conscience immédiate », mais aussi la réflexion sur nos actions, appelée « conscience réfléchie ». Ici, il est bien question de conscience morale, c’est-à-dire de notre capacité non seulement à prendre du recul sur nos actions, mais également à les juger et leur attribuer une valeur morale.
Kant poursuit en affirmant que « Tout homme a une telle conscience ». En effet, il a longtemps été considéré que l’homme se distinguait de l’animal par sa conscience de lui, comme Descartes l’affirmait avec son désormais célèbre « Je pense, donc je suis », qui affirme par là l’idée qu’avoir conscience de soi et conscience de sa pensée était un élément déterminant de la condition humaine. Cependant, l’avancée des connaissances scientifiques et de la réflexion philosophique nous ont poussé à remettre cette idée en cause : de nombreux animaux montrent ainsi une conscience d’eux-mêmes, et notre état de conscience fluctuant dans notre vie, cela sous-entendrait que nous puissions être plus ou moins humains en fonction de notre état de conscience. Ce qui serait alors spécifique à l’homme et universel serait notre conscience morale : notre capacité à juger nos propres actes, ou du moins à y tenter d’y parvenir.
Kant personnifie ensuite notre conscience en la décrivant comme un « juge intérieur » qui nous observe, nous menace, et nous tient en respect. Il est intéressant que l’auteur utilise encore cette métaphore légale. En effet, pour juger quelqu’un, il faut comparer ses actions avec un référentiel, un modèle de ce qui « doit » être fait : le devoir. Or, le devoir peut faire référence aussi bien à notre devoir citoyen, aux règles établies par une société et qui vont dicter notre vie ; qu’au devoir moral, qui peut être dicté par la religion, l’éducation, ou notre propre morale interne. En effet, tout ce qui est légal n’est pas moral, et tout ce qui est illégal n’est pas forcément immoral. Notre société a ancré le rôle de juge dans le domaine légal, pourtant c’est bien d’un juge plus universel dont parle Kant. En effet, il continue en expliquant que « cette puissance » (=notre conscience) n’est pas le produit de notre société, de l’éducation, mais bien « incorporée dans [notre] être ». Cela semble signifier que pour le philosophe, notre conscience serait une force innée, et non acquise. Elle transcenderait donc les cultures, les religions, les sociétés, et serait propre à l’être humain. Bien que cela peut être remis en question en comparant les valeurs morales autour du monde, il est un fait que chaque société humaine possède des valeurs morales communes, un désir de faire le bien, de faire son
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