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Madame Bovary - 601-102 MQ – Littérature et imaginaire

Dissertation : Madame Bovary - 601-102 MQ – Littérature et imaginaire. Recherche parmi 304 000+ dissertations

Par   •  24 Septembre 2026  •  Dissertation  •  977 Mots (4 Pages)  •  5 Vues

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601-102-MQ – Littérature et imaginaire

Première dissertation (20%)

Démontrez que la non-idéalisation de l’amour est similaire chez les différents personnages des extraits tirés des romans Madame Bovary (1857) de Gustave Flaubert (1821-1880) et Thérèse Raquin (1867) d’Émile Zola (1840-1902). 



DISSERTATION

Les œuvres à l'étude ont vu le jour pendant la deuxième partie du XIXème siècle, qui voit le déclin de la noblesse et l’avènement du capitalisme et de la bourgeoisie en France. Gustave Flaubert (1821-1880) est un romancier français issu de la bourgeoisie rouennaise, il marque la littérature par son souci de réalisme. Il écrit Madame Bovary en 1857, roman dans lequel il détaille les tourments d’une jeune mariée. Émile Zola (1840-1902) est un journaliste et écrivain, chef de file du courant naturaliste, il écrit Thérèse Raquin en 1867, un roman controversé qui explore lui aussi les états d’âmes d’un jeune couple. Nous verrons que les auteurs présentent une non-idéalisation de l’amour. On dira donc que les deux textes présentent une vision non-idéalisé de l’amour similaire parce qu’ils décrivent des nuits de noces malaisantes, qu’ils s’opposent parce que l’amour est platonique dans Madame Bovary et physique dans Thérèse Raquin, mais que la désillusion des personnages face à la réalité permet de constater une description de l’amour non-idéalisé.

Tout d’abord, les deux extraits présentent des situations semblables dans lesquelles les jeunes mariés vivent un profond embarras dès leur première nuit de noces. Dans Madame Bovary, on comprend la déception de ce moment dans le passage suivant : « Mais comment dire un insaisissable malaise, qui change d’aspect comme les nuées, qui tourbillonne comme le vent ? » (l.14-16). Cette comparaison rappelle les symptômes d’un mal de mer, traduisant l’état nauséeux d’Emma. Dans Thérèse Raquin, le mariage tant convoité n’est pas à la hauteur de leurs espérances, comme décrit ici : « Et le soir des noces venait enfin d’arriver, et ils restaient face à face, anxieux, pris d’un malaise subit. [...], et leurs bras semblaient mous, comme déjà las et rassasiés d’amour. » (l.22-25). Le terme « enfin » implique la fin d’une longue attente, contrastant avec leur malaise soudain. A cela s’ajoute la personnification de leurs bras, « las et rassasiés », qui justifie leur immobilité. Ainsi, les personnages des deux œuvres partagent le même malaise le soir de leurs noces, ce qui illustre la non-idéalisation de l’amour décrite dans ces 2 extraits. Cependant, d’autres aspects les différencient.

Ensuite, la notion d’amour est différente entre les protagonistes présents dans chaque extrait puisque c’est un amour platonique qui est décrit par Flaubert, alors que l’amour est plutôt physique dans l’œuvre de Zola. En effet, Emma semble avoir une idée de l’amour plus cérébral, platonique. C’est pourquoi elle exprime sa déception dans le passage suivant : « La conversation de Charles était plate comme un trottoir de rue, et les idées de tout le monde y défilaient, dans leur costume ordinaire, sans exciter d’émotion, de rire ou de rêverie. » (l.21-22). L’auteur utilise une comparaison et une personnification afin d’illustrer la banalité et l'ennui que lui inspire la compagnie de son époux dont le manque d’esprit exaspère. En revanche, c’est un amour physique et passionné que le couple de Thérèse Raquin s’attendait à vivre. Dans le passage suivant : « [...] il suffisait que la bouche de Laurent eût effleuré l’épaule de Thérèse, pour que leur luxure fût contentée [...] leur peau était vide de muscles, vide de nerfs. » (l.29-32). Le champ lexical du corps est mis en évidence par les mots « bouche », « épaule », « muscles », et « nerfs » dans une gradation menant de la surface aux entrailles du corps, donnant un aspect cru et dérangeant de la scène. À cela s’ajoutent les termes « luxure » et « passion » qui font références aux plaisirs sexuels et charnels. Ainsi, les deux œuvres se différencient par leurs descriptions de la notion d'amour. Pourtant, elles expriment un constat similaire pour les personnages.

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