La dispersion du contentieux en droit
Dissertation : La dispersion du contentieux en droit. Recherche parmi 304 000+ dissertationsPar ttreb • 19 Septembre 2026 • Dissertation • 747 Mots (3 Pages) • 12 Vues
La dispersion du contentieux en droit français
“Bien plus que la mythologie de la séparation des pouvoirs, c’est l’idée que deux droits,
différents par leur règle, leur technique, leur esprit, seront mieux appliqués par deux ordres
de juridictions dont chacun se consacre à l’un de ses droits qui donne aujourd’hui sa
justification à la dualité des juridictions” soulignait le professeur Jean Rivero.
En effet, la dualité juridictionnelle qui impose au contentieux de se disperser selon sa
nature est une spécificité française motivée par son histoire propre. Si celle-ci fait partie
intégrante du droit français elle peut néanmoins sembler complexe et être source
d’ambiguïté pour le justiciable. C’est pourquoi le sujet nous invite à s’intéresser à la
dispersion du contentieux du droit français.
Gérard Cornu dans son Vocabulaire juridique définit le contentieux comme “l’ensemble
des litiges susceptibles d’être soumis aux tribunaux, soit globalement, soit dans un secteur
déterminé”
. Dans notre système juridictionnel, le contentieux se répartit alors dans
l’ensemble des tribunaux placés sous le contrôle de cassation d’une même juridiction
supérieure. Dans ce sens, se distingue un ordre judiciaire couronné par la Cour de cassation
et un ordre administratif placé sous l’égide du Conseil d’État.
La répartition du contentieux entre l’ordre administratif et judiciaire en droit français
peut contraster avec l’adoption d’un système moniste par un certain nombre d’États. C’est
par exemple le cas de la plupart des pays anglophones qui ont adopté le système du
Common law et qui ne connaissent donc pas la dualité de leur juridiction.
Si ce système unitaire se présente comme plus simple et lisible pour les justiciables,
l’organisation juridictionnelle française est le fruit d’une histoire qui remonte à la période
révolutionnaire en 1790. Elle est d’abord le résultat de l'application de la séparation des
pouvoirs théorisée par Montesquieu, via l’article 16 de la DDHC qui énonce : « Toute société
dans laquelle la garantie des droits n'est pas assurée ni la séparation des pouvoirs déterminée,
n'a point de Constitution». Soucieux de préserver l’administration des juridictions judiciaires
ayant acquis une forte importance dans le pays, les révolutionnaires consacrent de plus la
séparation des fonctions judiciaires et administratives avec la loi du 16 et 24 août 1790.
L’administration a donc pour charge de se juger elle-même, elle est à la fois juge et partie
selon la théorie de l’administrateur-juge jusqu’à la loi du 24 mai 1872 qui voit émerger le
Conseil d’État en tant que juge ainsi que le Tribunal des conflits. Les articles L211-1 du Code
d’organisation judiciaire et L111-1 du Code justice administrative énoncent aujourd’hui les
compétences respectives des tribunaux judiciaires et administratifs.
Cela nous amène ainsi à la question suivante : dans quelle mesure la dispersion du
contentieux en droit français continue-t-elle à être pertinente de nos jours ?
Nous y répondrons dans un premier temps en montrant que si le dualisme juridictionnel
pour répartir le contentieux reste nécessaire pour notre État de droit (I), un tel système
rencontre aussi des difficultés importantes qui le fragilisent (II).
I) La nécessité de la dispersion du contentieux via le dualisme juridictionnel
Si la dispersion du contentieux est un héritage révolutionnaire (A), elle demeure efficace et
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