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Terminale S, cours de philosophie: Le sujet.

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Par   •  28 Novembre 2016  •  Cours  •  3 922 Mots (16 Pages)  •  1 701 Vues

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I) Le sujet

A) Un sujet doué d'une conscience souveraine

La vision d'un sujet souverain et maître de soi est défendue par plusieurs courants :

  • Les rationalistes, tels que Descartes, pour qui l'homme est avant tout un être de conscience et de raison. Le sujet est pensant et conscient de soi : il a notamment la faculté de dire « je », comme le montre Kant. De plus, le sujet est immédiat avec lui-même : la conscience de soi est indépendante de toute extériorité ou toute médiation. Enfin, le sujet est unifié : grâce à la permanence de la conscience, le sujet peut unifier toutes ses représentations, malgré les changements qu'il subit au cours du temps.
  • L'existentialisme de Sartre défend également l'idée que le sujet est libre et indéterminé, car il est défini uniquement par ses actions et non par une essence ou des déterminismes (« L'existence précède l'essence »).

Le Cogito cartésien est le raisonnement de Descartes selon lequel la certitude première est celle de la conscience de soi (« je pense donc je suis »). Elle est à la base de l'opposition entre l'homme et l'animal, de la supériorité de la conscience sur le corps et de la conscience du monde.

B) Les remises en cause de la souveraineté de la conscience

Toutefois, plusieurs théories sont venues remettre en question la souveraineté de la conscience. Tout d'abord, on peut remettre en question l'indépendance de la conscience face au monde extérieur :

  • La phénoménologie de Husserl affirme que la conscience (le cogito) n'a pas une existence en elle-même, mais uniquement en rapport avec le monde extérieur : elle est toujours une intentionnalité qui vise un objet (le cogitatum).
  • Il semble que l'homme ait besoin, pour avoir conscience de soi, d'un rapport aux choses (ses œuvres ou ses productions) et surtout d'un rapport à autrui et la reconnaissance de l'Autre, comme le montre l'histoire de Robinson Crusoë.

Surtout, certains affirment que le sujet n'est pas maître de soi mais déterminé, et qu'en réalité « Je est un autre » (Rimbaud) :

  • Pour Marx, la conscience est soumise à des déterminismes matériels que sont les « conditions matérielles d'existence », comme la classe sociale ou le mode de production.
  • Pour Nietzsche, l'idée du sujet n'est qu'une illusion du langage, issue de l'habitude que l'on a de dire « je » (alors que l'on devrait dire « il » ou « soi »).
  • Pour Freud, le sujet est gouverné par son inconscient (un « ça ») constitué de pulsions refoulées et régies par le principe de plaisir : « Le moi n'est pas maître dans sa propre maison ». Seule la psychanalyse peut permettre au sujet de se connaître soi-même et ainsi de se maîtriser, en analysant les manifestations de l'inconscient (notamment les rêves) : « Là où était le ça, le je doit advenir » (Wo Es war Soll Ich werden).

C) L'homme, un être de désir

Le désir serait le moteur de l'homme. Pour Freud, l'appareil psychique est en effet gouverné par une foule de désirs inconscients (les pulsions du « ça »). C'est surtout Spinoza qui affirme que le désir est « l'essence même de l'homme » (son conatus) et que la raison y est soumise. Si Spinoza n'a pas une conception négative du désir, certains y voient une souffrance :

  • Le désir entraîne une aliénation de la raison : « La raison est, et elle ne peut qu'être l'esclave des passions » (Traité de la nature humaine, Hume, 1740).
  • L'insatiabilité des désirs est source de souffrance, car l'homme ne peut jamais être heureux et en paix : « Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer au repos, dans une chambre » (Pensées, Pascal, 1669). 
  • Il faut donc se libérer du désir, en changeant ses désirs comme le préconisent le stoïcisme et Descartes (« changer ses désirs que l'ordre du monde ») ou en limitant ses désirs, comme le préconise l'épicurisme (Épicure encourage à ne conserver que les désirs « naturels et nécessaires »).

II) La culture

A) Culture contre nature

La culture est ce qui caractérise l'homme en le séparant de la nature, et en l'élevant au-dessus du rang d'animal. Cela renvoie à « l'ensemble des coutumes, des croyances, des institutions telles que l'art, le droit, la religion, la technique » qui est propre à un groupe humain (Lévi-Strauss).

Plusieurs choses ressortent de l'analyse de l'origine et de la finalité de la culture :

  • L'apparition de la culture s'est faite par le travail, notamment à partir du passage de l'homme à la station verticale (André Leroi-Gourhan) et a nécessité une transmission.
  • La culture est une réponse à un manque, car l'homme est un être inachevé mais perfectible, comme le montre le mythe de Prométhée de Platon. Elle est donc synonyme de progrès car elle émancipe l'homme de la nature.

De plus, la diversité des cultures suppose de trouver un équilibre entre l'ethnocentrisme et le relativisme culturel excessif.

B) Le travail et la technique

D'un côté, le travail peut être vu comme une malédiction. Comme le montre Hannah Arendt, il a pu avoir une connotation négative dans l'Antiquité. De plus, Marx montre que, dans le système capitaliste, le travail est synonyme d'exploitation de l'homme par l'homme. C'est pourquoi certains auteurs préconisent la fin du travail (Marx) ou en font simplement la prédiction (Jérémy Rifkin).

Toutefois, le travail est souvent très valorisé, pour de multiples raisons. Selon Marx, il serait le lieu par excellence de l'humanisation (sauf dans le système capitaliste où il est aliéné). Il est très formateur, car il permet la conscience de soi et a une grande valeur morale, comme l'affirme la conclusion de Candide (Voltaire). Il libère également les hommes en leur permettant d'être « comme maîtres et possesseurs de la nature » (Descartes). En outre, la division du travail est à la source de la cohésion sociale selon Durkheim.

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