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Lecture analytique Tartuffe, acte 3 scène 3

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Par   •  23 Février 2016  •  Analyse sectorielle  •  1 530 Mots (7 Pages)  •  8 658 Vues

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Lecture analytique :

 Molière, Tartuffe (1669), Acte III, scène 3

        Tartuffe est une pièce du célèbre écrivain Français Jean-Baptiste Poquelin surnommé Molière, né le 15 Janvier 1622 et mort le 17 février 1673. Molière est un auteur reconnu et apprécié du roi Louis XIV quand, à l’occasion d’une fête à Versailles, il fait jouer, en 1664, sa comédie, Le Tartuffe. C'est une pièce dénonçant l'hypocrisie des faux-dévots (simule la dévotion : un menteur, manipulateur ou encore hypocrite). Ce qui l'amena à sa censure car le royaume est alors divisé autour des questions religieuses. Sa représentation ne sera autorisée qu’en 1669 après qu’elle ait été plusieurs fois remaniée. Dans les Actes 1 et 2, Tartuffe arrive dans la famille d'Orgon, celui-ci l'ayant rencontré auparavant décide de brisé un engagement envers Valère pour marier à sa place Tartuffe à sa fille Marianne. Tartuffe apparaît dans l'Acte III lorsque Elmire, seconde épouse d'Orgon, décide de le rencontrer pour qu'il renonce à ce mariage. Mais face à celle-ci, Tartuffe lui déclare son amour. Comment Tartuffe s'adresse-t-il à Elmire et comment s'y prend-il ? Pour répondre à cette problématique nous allons d'abord voir sa déclaration d'amour,  un orateur talentueux s'appuyant sur la religion et enfin la façade du faux-dévot qui se dévoile.

I- La déclaration d'amour

A) Un discours amoureux

        Dans cette scène, Elmire et Tartuffe sont tout les deux seuls, ce qui favorise un cadre amoureux.

 « l'aveu que je vous fais » à la ligne 11 et « Mes yeux et mes soupirs vous l'ont mille fois, Et pour mieux m'expliquer j'emploie ici la voix » aux lignes 19 et 20 renforce l'image de ce cadre amoureux. Tartuffe dit à la ligne 9 « Je sais qu'un tel discours de moi paraît étrange ». Il y comprend le champs lexicale de l'amour avec ligne 1 « déclaration », ligne 11 « charmant », ligne 18 « charme », et ligne 40 « amour » et plaisir ».

B) Exagération de la figure féminine

        Grâce à de nombreuses hyperbole, la figure de la femme est exagérée. Nous avons à la ligne 13 « splendeur plus qu'humaine », et à la lignes 25 « ô suave merveille ». Tartuffe mélange aussi le langage amoureux et le langage religieux pour créer d'autres hyperboles, à la ligne 15 « regards divins » et à la ligne 17 « vos célestes appâts ».

C) L'échec de son discours

        La seule réplique d'Elmire, bien que courte, nous montre son désaccord avec ces idées. Elle nous le fait savoir avec son ironie à la ligne 1 « La déclaration est tout à fait galante » et à la ligne 2 « un peu bien surprenante ». Elle utilise aussi le double langage employé par Tartuffe à la ligne 5 « Un dévot comme vous ». Le discours de Tartuffe était donc voué à l'échec avant d'être commencé.

II- Un orateur talentueux s'appuyant sur la religion

A) La justification pour son admiration

        

        Bien que Tartuffe soit un orateur talentueux, il utilise aussi la religion comme une arme pour convaincre Elmire. En effet, Tartuffe légitime sa passion en faisant croire à Elmire qu'en l'aimant, il aime l’œuvre parfaite de Dieu.

        Il s'exprime avec un « nous » qui désigne l'ensemble des hommes, et il emploie un présent de vérité générale « Nos sens facilement peuvent être charmés ». La religion permet à Tartuffe de justifier ses sentiments. L'utilisation de la litote (déguiser une pensée de façon à la faire comprendre) : « Cette passion peut n'être point coupable » signifie qu'il est innocent. Le modal « peut » signifie que son amour n'est pas un pêché.

Tartuffe utilise aussi le pronom personnel « je » qui lui permet de dévoiler plus clairement ses sentiments, aux lignes 6, 9, 10, 11, 13, 20 et 25.

B) L'autoportrait d'une victime

        A la ligne 8 « Un cœur se laisse prendre et ne résonne pas », montre que Tartuffe n'a pas eu le choix de succomber au charme d'Elmire. Tartuffe est considéré ici comme une victime innocente. Il exprime tout d'abord l'idée qu'il a tant bien que mal essayé de résister à cette attirance. Puis face à la réponse que lui soumet Elmire, il reprend par une interjection à la ligne 6 « Ah ! » qui nous montre son impuissance. Il se décris comme un homme faible à la ligne 6 « Je ne suis pas moins homme » et à la ligne 22 « votre esclave indigne », ce qui fait de lui son autoportrait. Il insiste sur ces tentatives de résistances à la ligne 17 « Jeûnes, prières, larmes » qui montre les différentes épreuves qu'il a enduré. Cet autoportrait le présente comme un homme esclave de ses sentiments, cette idée est renforcée par la personnification « où s'obstine son cœur ».

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