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Y a t-il une inversion des roles dans Dom Juan (Acte III sc. 1)

Commentaire de texte : Y a t-il une inversion des roles dans Dom Juan (Acte III sc. 1). Recherche parmi 265 000+ dissertations

Par   •  5 Décembre 2019  •  Commentaire de texte  •  1 620 Mots (7 Pages)  •  559 Vues

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L’extrait étudié est tiré de la pièce Dom Juan par Molière. Le commentaire traite de l’Acte III Scène 1 de la ligne 1 à la ligne 50.

Dom Juan est une pièce de théâtre classique Française, une comédie en cinq actes, écrite par Molière et jouée pour la première fois le 15 février 1665. Lors de l’extrait étudié, Molière traite du thème de la foi en opposant deux personnages: Dom Juan, un homme séducteur qui a la tendance fâcheuse d'épouser des femmes puis de les quitter dès qu'il se lasse d'elles, et son serviteur Sganarelle. Le dramaturge met alors ces deux personnages en conflit vis-à-vis de sujets religieux. Cette manoeuvre risquée permet à Molière de critiquer subtilement le clergé Français tout en respectant les règles de bienséance et en offrant à son public une scène comique. Sganarelle, un valet superstitieux, interroge son maître sur ses croyances religieuse, on apprends alors que le second est un homme pragmatique qui se soucie peu de la théologie. La pièce se déroule en Sicile au XVIIe siècle, une époque et une région ou les normes religieuses étaient encore très strictes. C’est donc pourquoi il est choquant de voir le personnage principal d’une oeuvre théâtrale exprimer ouvertement des propos athées. Sganarelle tente de convertir son maître et de le ramener au droit chemin, il prends donc le dessus moralement. La question se pose alors: Sganarelle et Dom Juan échangent-ils de rôle? Dans un premier temps, nous étudierons de près la supériorité apparente de sganarelle, puis, dans un deuxième temps, nous nuançons avec des failles dans l’argumentation.

La supériorité apparente de Sganarelle se voit à travers deux angles différents: d’abords, une supériorité morale et religieuse, puis une supériorité intellectuelle.

La dispute commence par une question de Sganarelle: “Est-il possible que vous ne croyiez point du tout au Ciel?” l. 6-7 Cette première inquisition nous montre dès à priori plusieurs éléments sur le personnage de Sganarelle. Tout d’abords, il est inquisitif et curieux, il cherche à apprendre les croyance de son maître, un homme auquel il est subordonné, et auprès duquel il pourrait éventuellement se renseigner. L’usage de la proposition “Est-il possible” marque que, pour lui, et pour plusieurs gens de son époque, le scepticisme religieux est presque une impossibilité, tout homme raisonnable et sain doit croire, et c’est tout. Il faut aussi comprendre qu'à cet époque, l’église et l'état ne font toujours qu’un. La religion est un élément clé de la vie quotidienne du peuple, et la notion d'athéisme est réservé aux radicaux. Cela va donc de soi que le concept de la non-croyance est fort choquant, et même pratiquement révoltant. La réticence de Dom Juan à offrir une réponse claire nous sert alors de preuve de son non-conformisme. Il est inenvisageable, en tenant compte du contexte, d’estimer qu'un athée soit moralement supérieur à un croyant pieux. Par la phrase “Voilà un homme que j’aurais bien de la peine à convertir.” l. 15 On voit les réelles intentions de Sganarelle, il est de bonne foi en tous points, et ne cherche qu'à sauver son maître, et ami, des flammes de l'éternelle damnation.

En plus d'être un catholique dévoué, Sganarelle montre une démarche intellectuelle unique. En un premier temps, il cherche à comprendre l’avis de Dom Juan, il ne cherches pas simplement à s’exprimer. Lorsque Dom Juan reste silencieux, Sganarelle se sent intimidé, car son but n'est pas seulement de convaincre, mais aussi de comprendre. Il fait usage de plusieurs procédés argumentatifs, et tente de convaincre à travers des exemples concret pour faire appel aux croyances pragmatiques de Dom Juan: “Je voudrais bien vous demander qui a fait [...] ce ciel que voilà tout la haut.” l. 31-33 Malgré son manque d'éducation, on voit que Sganarelle domine le débat, sur les 50 lignes de l’extrait étudié, 38 sont énoncés par le valet, il a donc une large avance sur l'argumentation. Dom Juan n’utilise presque aucune stratégie argumentative pour se défendre alors que Sganarelle en trouve une multitude. Tout au long de l’extrait, Dom Juan n'emploi que des stichomythies, a l’exception d’une seule réplique. Cela peut dénoter son apparente manque d’argument, ou son incapacité à débattre. Sganarelle emploi aussi un ton autoritaire, marquant l’inversion des rôles entre maître et valet: “Il faut avouer qu’il se met d'étranges folies dans la tête des hommes” l. 26-27 Il conclut même en disant “il m'importe peu que vous soyez damnés.” l. 50 Il ne peut donc pas y avoire de preuves plus évidentes de l’apparente supériorité du Valet face à son maître.

A l’aide d’un premier regard superficiel, on voit que Sganarelle se démarque de son maître en tous sens, que ce soit dans sa réflexion intellectuelle, argumentative ou dans sa position morale. Cela est dû d’une part au fait que Dom Juan est moralement répulsif, il représente l’un des pires

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