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Commentaire de texte Dom Juan acte III, scène 2

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Par   •  20 Février 2019  •  Commentaire de texte  •  2 703 Mots (11 Pages)  •  379 Vues

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Séquence 3 : Théâtre

Étude de l'oeuvre complète : Dom Juan, Molière, 1665

Devoir maison : Commentaire

Molière est un dramaturge du XVIIe siècle, dont la pièce intitulée Dom Juan et écrite en 1665 prend place dans une trilogie de l'hypocrisie également constituée de Tartuffe écrit en 1664 et du Misanthrope écrit en 1666. Après s'être fait censuré Tartuffe, une pièce jugée comme une attaque à la religion par les dévots, Molière s'empresse d'écrire Dom Juan en quatre mois afin de faire jouer sa troupe. Inspirée d'une autre pièce de théâtre intitulée El Burlador de Sevilla, Dom Juan brosse le portrait d'un grand seigneur libertin qui enchaîne mariages et conquêtes féminines, accompagné de son valet Sagnarelle. Mais plus qu'un libertinage amoureux, on observe chez Dom Juan un libertinage religieux et de pensée qui le pousse à provoquer sans cesse Dieu ce qui lui vaudra une fin tragique. Dans cet extrait de l'acte III, scène 2, Dom Juan et Sganarelle qui fuit les frères d'Elvire se retrouvent déguisés dans la forêt, Sganarelle qui est alors habillé en médecin teste, après avoir tester sa foi religieuse, la foi de Dom Juan en la médecine. Dom Juan explique à Sganarelle qu'il ne s'agit pour lui que d'affabulation, quand ils rencontrent alors un pauvre dont Dom Juan va tester la foi religieuse dénonçant la religion de la même manière que la médecine. Nous verrons donc en quoi cette scène témoigne de l'athéisme de Dom Juan et de son libertinage religieux en voyant dans un premier temps l'image de la religion incarnée par le pauvre dans une scène symbolique, puis dans un second temps, l’attitude de Dom Juan.

Le pauvre placé sur le chemin de Dom Juan fonctionne ici comme un symbole religieux. En effet, il représente un des nombreux avertissement de la fin tragique de Dom Juan, et par conséquent une opportunité de se repentir. On observe ainsi de nombreuses références religieuses dont la métaphore au début du dialogue entre Dom Juan, Sganarelle et le vieillard, dans lequel Sganarelle demande son chemin au vieillard « Enseignez-nous un peu le chemin » comme s'il cherchait la voie de la rédemption pour Dom Juan. On retrouve dans la réponse du pauvre la formule « main droite » qui rappelle également la bonne voie à prendre, soit celle de la religion mais également une mise en garde contre « des voleurs » qui est en réalité une mise en garde de la mort à venir de Dom Juan. Le personnage du pauvre est d'autant plus sacré qu'il a fait le choix de vivre en ermite pour se consacrer a Dieu « [...]retirer tout seul dans ce bois depuis dix ans, et je ne manquerai pas de prier le Ciel ». Afin de marquer la piété du pauvre il est construit en opposé de Dom Juan. En effet, il est respectueux et vouvoie Dom Juan et son appel à la charité le place directement en positon de soumission face à ce dernier qui encore une fois va se jouer de son interlocuteur en le poussant à blasphémer pour un louis d'or. Cette soumission est d'ailleurs soulignée par la formule hyperbolique qu'utilise le pauvre pour décrire sa situation « Je suis dans la plus grande nécessité du monde ». Enfin le pauvre qui est un vrai croyant et qui utilise le vocabulaire religieux « aumône », « Ciel », « prier », « pécher », est désintéressé contrairement à Dom Juan qui ne cherche que son propre plaisir, il prie pour le bien-être des autres avant le sien « prier le Ciel tout le jour pour la prospérité des gens de bien » et préférerait mourir que se détourner de sa foi religieuse « j'aime mieux mourir de faim ». La scène est donc symbolique puisqu'il s'agit d'un affrontement entre Dom Juan et la religion dans lequel Dom Juan tente de faire blasphémer le pauvre religieux en l'achetant avec un louis d'or, soit trente deniers qui est également la somme donnée à Judas pour dénoncer Jésus. Finalement nous pouvons nous demander si derrière l’intention de Dom Juan de pervertir le pauvre ne se cache pas une jalousie de Dom Juan dont l'existence ne sera jamais satisfaite face à quelqu'un qui a su trouver sa voie à travers la religion et dont l’existence à un but. Dans cette scène c'est la religion qui l'emporte face à l'impiété de Dom Juan, mais en le plaçant devant son opposé religieux, Molière montre l'athéisme et le libertinage de Dom Juan qui ignore avec ironie les derniers avertissements de rédemption qui lui sont proposés.

En effet, face à la médecine et à la religion Dom Juan représente la raison pure. Comme l'explique Sganarelle, « Il ne croit qu'en deux et deux sont quatre, et en quatre et quatre sont huit ». Dans cette scène afin de démontrer l'impuissance de Dieu, Dom Juan qui a le dominant sur le pauvre en raison de son argent, se fait manipulateur et cruel envers le pauvre et cherche à le ridiculiser en ironisant sur sa situation. En effet, Dom Juan voit dans le pauvre un suppôt de Dieu et entraperçoit en lui quelque chose de divin qui le dérange puisqu'il fuit toute influence de Dieu. Ainsi, lorsque le pauvre annonce prier Dieu, Dom Juan feint de ne pas comprendre comment en étant un fidèle croyant il pourrait souffrir de mauvaises conditions de vie, puisque les religieux clament que Dieu donne tout à ses fidèles « Il ne se peut donc pas que tu ne sois bien à ton aise », « Tu te moques : un homme qui prie le Ciel tout le jour, ne peut pas manquer d'être bien dans ses affaires ». Il insiste donc sur l’incompétence de Dieu à réellement aider les nécessiteux et fait ainsi la critique de l’aumône à travers le terme « étrange » qu'il emploie pour parler de la situation du pauvre « Voila qui est étrange, et tu es bien mal reconnu de tes soins », et on voit également avec la dernière partie de cette formule que Dom Juan tente de pervertir le pauvre en montrant une fausse compassion. Dans cette scène Dom Juan incite le pauvre au blasphème par le chantage « je m'en vais te donner un louis d'or tout à l'heure, pourvu que tu veuilles jurer ». On observe également dans cette scène un tension montante chez Dom Juan d'abord courtois avec le pauvre mais qui, au fur et à mesure qu'il réalise que ce dernier n'est pas assez cupide pour céder à ce chantage et renier la religion, le presse et insiste « si tu jures ; tiens, il faut jurer », « prend, te dis-je, mais jure donc » jusqu'au refus final du pauvre « Non, monsieur ». Nous pouvons donc ici retrouver une facette joueuse de Dom

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