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Dissertation à propos de Germinal, de Zola (1885)

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Par   •  14 Mai 2016  •  Dissertation  •  2 265 Mots (10 Pages)  •  2 066 Vues

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Bérangère                           Dissertation à propos de Germinal, de Zola (1885)

ROY 1er SA

Note :

Observations :

Le 22 mars 1885, au lendemain de la publication de Germinal, Zola écrit au critique littéraire Henry Céard : « Nous mentons tous plus ou moins, mais quelle est la mécanique et la mentalité de notre mensonge ? Or – c’est ici que je m’abuse peut-être – je crois encore que je mens pour mon compte dans le sens de la vérité. J’ai l’hypertrophie du détail vrai, le saut dans les étoiles sur le tremplin de l’observation exacte. La vérité monte d’un coup d’aile jusqu’au symbole. » Zola, auteur des Rougon Macquart, définit le romancier comme un scientifique et le roman comme un laboratoire, qui permet d’expérimenter les lois de l’hérédité et l’influence du milieu sur l’évolution des individus. Chaque roman explore un univers nouveau, un objet ou encore des lieux familiers, qui deviennent des forces menaçantes et prennent une dimension mythique. Le roman Germinal est ainsi celui de la mine. Zola s’est rendu sur place, à Anzin, afin d’être au plus près de cet univers qu’il souhaite décrire. Il assiste même à la grève de 1884 des mineurs. Mais, dans quelle mesure Zola dit-il la vérité dans Germinal ? Dans une première partie, nous montrerons comment le roman évoque la réalité du monde de la mine telle qu’elle est. Dans une deuxième partie, nous verrons que cependant Zola ne peut éviter de mentir. Enfin dans une troisième partie nous expliquerons le fait que le romancier doit mentir pour aller « dans le sens de la vérité ».

Dans le roman Germinal, nous pouvons observer qu’Emile Zola retranscrit dans son œuvre la réalité du monde de la mine telle qu’elle est. Nous savons que le carnet de note réalisé par Zola comporte plus de mille cinq-cents pages. Ainsi nous pouvons remarquer que Zola fait partie d’un courant prénommé le naturalisme qui a pour devise d’être « l’observateur et l’expérimentateur ». L’observateur, ici donc Zola, accumule des renseignements sur les milieux sociaux, sur les conditions de vie et d’environnement. Le romancier naturaliste à un but moral, ici, nous voyons que Zola veut dénoncer la condition de vie des mineures, qui survivent dans un milieu rude, où la misère est présente en abondance. Ce roman est tiré d’un fait d’actualité, les grèves, qui influencent les personnages de son roman. Plus généralement Zola fait de ses personnages principaux des représentations de la société dans laquelle il vit. Dans Germinal, les personnages sont socialiste, révolutionnaire, anarchiste ; où les influences sont nombreuses comme le marxisme et le totalitarisme. La précision des descriptions effectuées sont de l’ordre d’un documentaire. C’est grâce à Alfred Girard qu’il pourra découvrir ce monde, le pays de la mine. Il pénètre dans l’intimité même des familles des mineures pour réaliser sont reportage, le plus justement possible.

Cependant, les descriptions sont précises et minutieuses. Le vocabulaire technique employé est très précis. Zola joue le rôle d’enquêteur social.  Il se met dans la peau d’un anthropologue pour analyser la société dans laquelle il vit, avant 1885, la date de parution de Germinal. Lorsqu’Etienne Lantier découvre pour la première fois la fosse, le vocabulaire technique est très recherché : « Hangar goudronné du criblage, la tourelle carré de la pompe d’épuisement » (p.62). On a presque l’impression qu’Etienne Lantier est un expert de cette fosse. Zola écrit : « Nous sommes les juges d’instruction des hommes et de leurs passions, c’est-à dire des moralistes expérimentateurs ».    Les métiers sont très précis : « machineur, charretier » (p.61). La description est très minutieuse : «Elle s’allongeait sur une pente douce, ceinte d’une haute futaie, des hêtres superbes, dont les troncs, droits et réguliers, l’entouraient d’une colonnade blanche, verdie de lichens ; et des géants abattus gisaient encore dans l’herbe, tandis que, vers la gauche, un tas de bois débité alignait son cube géométrique. ».

Le naturalisme est un courant littéraire qui se situe au XIXème siècle. Emile Zola et Guy De Maupassant appartiennent à ce courant littéraire. Vers le milieu du XVIIIème siècle, le terme « naturalisme » s’emploie pour dénommer les théories excluant toute expression littéraire du surnaturelle. Ensuite, le mot s’emploie aussi en science pour désigner le caractère naturel d’un phénomène. Enfin ce terme changera de signification lorsqu’une critique d’art en rapport avec un tableau de Courbet sera dressée, le sens ici qui lui est attribué, est celui d’une peinture traitant la nature avec réalisme. Lorsque, dans le roman, Cécile est tuée par Bonnemort, page 658, les détails de sa mort respectent les lois de la science humaine : « la face bleue, étranglée. A son cou, les doigts avaient laissé l’empreinte rouge ». Le naturalisme  propose essentiellement des figures populaires comme les ouvriers et petits fonctionnaires dans un décor urbain. Ce qu’il appelle la descente aux enfers, c’est-à dire la descente vers la mine à 675 mètres de profondeur, est une chose qu’il a lui-même expérimenté.

Fondateur et chef de file du Naturalisme, Zola se présente comme un savant qui analyse l’influence des instincts et le rôle du milieu chez les individus. Chaque personnage est à sa place et sert la cause de l’auteur. Les descriptions sont précises, presque réelles.

Or Le romancier ne peut éviter de mentir dans certains cas. Il a besoin d’une part d’attirer le lecteur, de susciter son attention tout au long du roman. Et d’autre part, Zola donne de l’amplitude à son roman, notamment par les scènes épiques, car le romancier capte le lecteur à travers le personnage principal. Or, le genre épique est un genre spécifique à la Grèce Antique : on reconnaît donc l’influence du déterminisme défini par Taine dans ses œuvres de critique littéraire, influence reconnue par Zola. Par exemple lorsqu’Etienne Lantier parle dans les bois, page 400, il incarne un héros qui crée un mouvement de protestation, qui dirige ce peuple de mineures, ces familles affamés vers la révolution communiste : « Alors Etienne se tint un instant immobile sur le tronc d’arbre. », page 400. Nous pouvons voir qu’il est en supériorité par rapport au peuple « Notre tour est venu, lança-t-il dans un dernier éclat » (p.405). L’écrivain est amené à créer une histoire. Cette histoire peut être, celle d’un récit épique, celle d’une scène romantique ou celle d’une description. Le roman sert à faire connaître des individus et le roman apporte une réflexion sur la société dans laquelle vie le protagoniste. Aragon : « Le roman est une machine inventée par l’Homme pour l’appréhension du réel dans sa complexité ».

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