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Zola, excipit de Germinal

Commentaire de texte : Zola, excipit de Germinal. Recherche parmi 265 000+ dissertations

Par   •  5 Juin 2012  •  Commentaire de texte  •  1 397 Mots (6 Pages)  •  2 219 Vues

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Zola, excipit de Germinal.

Proposition de commentaire de texte littéraire rédigé.

Emile Zola voulait proposer avec son cycle romanesque Les Rougon-Macquart , histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second Empire, un état des lieux sans concession de la France d’après le coup d’Etat, à la fois triomphante (côté Rougon) et vermoulue (côté Macquart). Le fils de Gervaise Macquart, Etienne est le héros de Germinal, l’opus consacré à la souffrance des mineurs en plein boom industriel.

L’extrait ici étudie se situe à la toute fin du roman alors qu’Etienne et les mineurs ont conduit une grève durement réprimée. Le héros repart de là où il était venu, c’est-à-dire nulle part : il reprend la route et laisse derrière lui le Voreux.

Il s’agira de montrer en quoi cet extrait répond aux attentes d’un excipit romanesque, notamment en examinant les rappels et les effets d’écho, tout en ouvrant de nouvelles perspectives, qui au-delà de sa fonction traditionnelle dans la narration, font assumer à cet extrait une valeur d’allégorie et de prédication.

Après avoir vérifié la fonction de conclusive et récapitulative de ce passage, il faudra montrer en quoi cet extrait, aussi tourné vers l’avenir, va au-delà de son identité narrative au profit du discours symbolique et prédicatif.

Ce texte est bien la clôture du roman. Il assume un double rôle : récapituler et conclure.

D’abord il récapitule, c’est-à-dire qu’il reprend en résumant ou en évoquant ce que le lecteur sait déjà.

Son système référentiel va au-delà des lignes de ces trois paragraphes. Le texte repose sur des rappels et des évocations de faits et de noms antérieurs : noms de lieux (les noms des mines), des personnages (« la Maheude »). Ce passage est le plus souvent allusif, c’est-à-dire qu’il fait appel à des souvenirs dont il ne développe plus le contenu : les informations sont résumées (« la violence » renvoie en un mot à la protestation et à la grève qui ont pris dans le roman plus de deux chapitres) ou même juste évoquées, mises à distance par les synonymes « l’inutile besogne »).

Le lecteur peut avec le héros se positionner dans un système spatial (le « Voreux » ainsi que toutes « les autres fosses. […] Feutry-Cantel ») dont il maîtrise les repères. De même, il peut adhérer sans hésitation à la caractérisation rapide d’un personnage (la « Maheude » dont on ne retient qu’un trait, son « bon sens »).

Ensuite, il conclut, c’est-à-dire qu’il justifie la fin de l’ouvrage. Le roman se clôt parce que l’initiation du héros étranger (venu du sud comme il le dit à Bonnemort en début de roman) et inexpérimenté (d’où le recours à des initiateurs et des guides, comme les Maheu, qui l’introduisent dans le milieu minier et lui offrent même l’hospitalité) est arrivée à son terme. Pour s’en convaincre, l’on peut comparer le début et la fin de Germinal, et plus particulièrement les trois premiers et les trois derniers paragraphes. En présentant un incipit à trois paragraphes et un excipit, Zola pousse son lecteur à opérer une comparaison implicite entre début et fin de roman, l’un faisant écho à l’autre. La situation du héros solitaire d’abord fait sens : le héros marche des kilomètres et des kilomètres dans les deux cas, sur une « route » au début, sur un « chemin » en fin de roman. Les « lueurs » et la « fumée » se retrouvent dans la  « lumière » et dans les « fours qui fumaient » de la fin. Dans les deux passages, le lecteur s’approprie les extraits par le sens visuel, qui offre au début un « spectacle » et qui donne à « voir » dans l’extrait final. Enfin, la cohérence entre les deux passages est entre autres bâtie sur la métaphore filée tout au long de l’œuvre, de la germination et de la pourriture fertile contenue dans les « champs  de betteraves » qui ouvrent (au premier paragraphe) et ferment (au dernier paragraphe) le livre comme par symétrie.

Mais en fait cet écho est déséquilibré et joue sur un effet de contraste : l’espace entre les deux moments du roman a été apprivoisé, si bien que la « route » du début est réduite à un « chemin » à la fin. Sous l’apparente similitude se cache un jeu d’opposition subtil entre l’ouverture et la clôture du roman : le début s’ouvre

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