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Les Misérables

Commentaire de texte : Les Misérables. Recherche parmi 272 000+ dissertations

Par   •  11 Mai 2022  •  Commentaire de texte  •  2 142 Mots (9 Pages)  •  28 Vues

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Certains auteurs s’engagent à la fois dans leurs écrits et politiquement. C’est le cas notamment de Victor Hugo, qui a œuvré pour défendre les petites gens, par ses nombreux discours et son œuvre majeure des Misérables, rédigée entre 1845 et 1862. Initialement intitulé Les Misères, ce roman historique, social et philosophique s’attache au parcours du personnage principal, Jean Valjean. Au début du livre, nous le suivons, libéré en 1815 du bagne après y avoir purgé une peine de dix-neuf ans : initialement condamné à cinq ans de bagne pour avoir volé un pain afin de nourrir sa famille, il voit sa peine prolongée à la suite de plusieurs tentatives d'évasion. En liberté, son passé de forçat l'accable : il est universellement rejeté et seul Mgr Myriel l'accueille. L’évêque parviendra à convaincre Jean Valjean de se tenir à une conduite vertueuse et intègre. Cependant, perdu dans ses pensées, Jean Valjean commet un dernier vol : il doit cacher son identité pour ne pas risquer la prison à vie pour récidive. Le lecteur retrouve le personnage sous le nom de M. Madeleine : enrichi honnêtement en améliorant la fabrication dans l’industrie des verroteries noires, il devient le bienfaiteur de la ville de Montreuil-sur-Mer, dont il est nommé maire.

Un jour, pour éviter à un pauvre homme, un simple d'esprit nommé Champmathieu, reconnu à tort comme étant Jean Valjean, d'être condamné à sa place, M. Madeleine ira se dénoncer au terme d'une longue nuit d'hésitation. C’est de ce dilemme dont il est question dans cet extrait, le chapitre s’intitulant « Tempête sous un crâne ». Doit-il se dénoncer pour sauver Champmathieu ? Mais il n’a pas commis de crime qui justifie pour le moment qu’il soit arrêté… Au contraire, même, s’il est arrêté, il ne pourra plus contribuer au bien de la société, en étant notamment le maire de Montreuil-sur-Mer, ni au bien de la petite Cosette, qu’il a promis à Fantine d’aider. Le texte est un récit rédigé à la troisième personne du singulier, et l’auteur partage les pensées du personnage sous la forme d’un monologue intérieur, avec un point de vue interne.

En quoi cet extrait présente-t-il le questionnement moral du personnage principal ?

1er mouvement : la marche révélatrice du dilemme, de la ligne 1 à 9

2e mouvement : la réflexion en diptyque, Jean Valjean envisage ce qu’il risque de perdre s’il se dénonce, et ce qu’il va trouver en se dénonçant, des lignes 10 à 26.

Dernier mouvement : l’irrésolution, de la ligne 27 à la fin.

I. La marche révélatrice du dilemme (l. 1 à 9)

Le premier mouvement décrit la marche de l’homme comme une action en cours, avec l’emploi du verbe « reprit » et l’adjectif « monotone ». L’imparfait « troublait » et « réveillait » contribue également à montrer cette marche comme récurrente. Le cadre temporel, la nuit, est aussi évoqué avec le champ lexical du sommeil « ses rêves », « réveillait en sursaut », « l’homme endormi ».

La deuxième phrase répète le terme de « marche » et le met ainsi en valeur ; l’action produite est antithétique : « le soulageait » et « l’enivrait » ; la locution adverbiale « en même temps » confirme cette opposition.

Ensuite, le narrateur introduit sa phrase par une construction impersonnelle, et la réflexion ressemble à une maxime, avec l’emploi du présent de vérité générale (à la différence des temps du passé dans les phrases précédentes et suivantes). L’emploi du pronom « on » témoigne également de cette volonté généralisante. Cette maxime accentue l’idée de mobilité : avec le mot « marche » répété, les verbes « on se remue » et « en se déplaçant » forment le champ lexical du mouvement. Le narrateur inclut le lecteur avec cette phrase à sens universel, et nous rapproche du personnage.

La dernière phrase de ce petit paragraphe semble courte, par comparaison avec la précédente. Elle met l’accent sur le fait que Jean Valjean est désorienté et perdu : la négation « il ne savait plus où il en était » confirme son égarement.

Ligne 6, les deux phrases de ce paragraphe insistent sur les termes du dilemme, avec la répétition du chiffre « deux », et les expressions duelles « tour à tour » et le comparatif « aussi funestes l’une que l’autre ». Avec ce dernier adjectif, c’est un champ lexical du tragique qui apparaît, associé au terme « il reculait » et l’hyperbole « égale épouvante ». L’exclamation qui suit poursuit ce champ lexical, avec « Quelle fatalité ! », la phrase nominale accentuant encore davantage cette idée. L’insertion du tiret permet de présenter sous forme de discours direct les pensées de Jean Valjean. Ce procédé rapproche encore un peu plus le lecteur de Jean Valjean.

La deuxième exclamation évoque le personnage à l’origine du dilemme « Champmathieu », et la confusion funeste entre les deux rapportée à la forme passive « pris pour lui ». La dernière exclamation semble souligner le problème lié à sa fausse identité.

 Ce premier mouvement met ainsi l’accent sur l’agitation qui touche Jean Valjean, l’agitation physique, la marche, étant le reflet de son agitation intérieure, son hésitation face à son dilemme.

II. La réflexion en diptyque : Jean Valjean envisage ce qu’il risque de perdre s’il se dénonce, et ce qu’il va retrouver en se dénonçant. (l. 10 à 26).

Les premières phrases de ce mouvement permettent au lecteur de se rapprocher encore de Jean Valjean, grâce au point de vue interne avec les verbes de perception « il considéra », « Il envisagea ». Le personnage principal pense à se rendre, les exclamatives sont très claires « Se dénoncer, grand Dieu ! se livrer ! ». Elles sont sous forme de discours indirect libre, ainsi nous lisons directement les pensées de Jean Valjean. L’inquiétude est palpable avec l’appel à Dieu et l’hyperbole « avec un immense désespoir ». Le rythme binaire de la construction antithétique en parallélisme « tout ce qu’il faudrait quitter, tout ce qu’il faudrait reprendre » permet d’introduire le diptyque : Jean Valjean envisage ce qu’il risque de perdre s’il se dénonce, et ce qu’il va retrouver en se dénonçant.

La 1ère partie de ce diptyque est entièrement rédigée au conditionnel, soulignant

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