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Linguistique, les Bretons et leur accent

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Par   •  12 Octobre 2012  •  Dissertation  •  8 616 Mots (35 Pages)  •  929 Vues

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Les Bretons et leur accent

Etude des représentations sociolinguistiques attachées

à l'accent du français de Basse-Bretagne

Sous la direction de M. Ronan Calvez,

Maître de Conférences

Département de Celtique

Mémoire de maîtrise Université de Bretagne Occidentale

Emporter de chez soi les accents familiers,

C'est emporter un peu sa terre à ses souliers,

Emporter son accent d'Auvergne ou de Bretagne,

C'est emporter un peu sa lande ou sa montagne !

[…]

Avoir l'accent enfin, c'est, chaque fois qu'on cause,

Parler de son pays en parlant d'autre chose !...

Miguel Zamacoïs, L'accent.

Je tiens à remercier M. Ronan Calvez pour avoir accepté de diriger ce mémoire et m'avoir aidée à mener à bien cette étude, et M. Yves Le Berre, qui a accepté de faire partie du jury.

Un grand merci aux personnes qui ont accepté de répondre à mes questions ; ce mémoire n'aurait été qu'une collection de pages blanches sans leur gentillesse et leur disponibilité.

Merci à l'équipe du Centre de Recherche Bretonne et Celtique pour son professionnalisme.

Merci enfin à ma famille et à mes amis d'ici et d'ailleurs pour leur soutien, leurs encouragements et leurs précieux conseils, sans oublier les relectures.

Introduction

On ne parle pas français de la même façon de Cherbourg à Avignon, de Saint-Etienne à Pointe-à-Pitre. L’accent, les tournures de phrase, le lexique varient d’une région à l’autre, d’une ville à l’autre. C’est une des richesses du français, chantée par Yves Duteil.

C’est une langue belle, avec des mots superbes

Qui porte son histoire à travers ses accents

Où l’on sent la musique et le parfum des herbes

Le fromage de chèvre et le pain de froment [1]

Tout le monde parle avec un accent. Une langue non accentuée est un non-sens. Or, on considère, à tort, que les personnes les plus éduquées, les professionnels des médias, n’en ont pas. Ils parlent en fait un français standard, et c’est généralement cette façon de parler qui est la plus valorisée, celle qui est dotée du plus grand prestige. Il se trouve que c’est généralement cette façon de parler qui est la plus valorisée, celle qui est dotée du plus grand prestige. Ainsi, rares sont les présentateurs de télévision qui parlent avec un accent régional ; à l’exception notable de certains Messieurs-météo originaires du sud de la France : il est vrai qu’une pointe d’accent méridional peut rendre le soleil encore plus éclatant. Les accents régionaux ne sont pas les bienvenus dans la petite lucarne. Si Amina, candidate de la Star Académy [2] se fait reprendre sur la chanson de Jacques Dutronc Il est 5 heures, Paris s’éveille, ce n’est pas à cause de la justesse de son interprétation, mais bien parce qu’elle prononce « cinq » à la Toulousaine. Et pourtant, de Marcel Pagnol à Maïté, en passant par Fernandel, l’accent du Midi est celui qui a toujours été le plus utilisé au cinéma ou à la télévision.

La perte de l’accent est souvent considérée comme une nécessité pour qui veut s’élever dans la société. Certains députés parlent toujours avec le même accent que leurs électeurs, mais qu’en est-il des ministres ? Consciemment ou inconsciemment, ils ont pour la plupart abandonné leur accent pour un français plus standard, plus policé.

Cependant, au quotidien, les variations régionales restent une réalité, notamment dans les régions où le français cohabite avec une autre langue, comme en Bretagne par exemple. Mon étude, basée sur l'analyse de 18 entretiens, est centrée sur les représentations sociolinguistiques que ces variations entraînent. Cependant pour bien comprendre les phénomènes dont je vais parler il est important de connaître ce qui distingue l'accent breton de l'accent standard français.

L’accent breton

Parler de « l’accent breton » est en fait un raccourci. En effet il n’y a pas un seul accent breton : les différences sont importantes selon que l’on se trouve à Kerlouan (29), Callac (22) ou Theix (56), et encore plus si l’on franchit la frontière linguistique qui sépare la zone bretonnante, dite Basse-Bretagne (à l’ouest) du pays gallo, la Haute-Bretagne (à l’est). Les personnes que j’ai interviewées ont d’ailleurs souvent soulevé ce point (Antoine : Je pourrais pas le définir, il est tellement varié, d’une région de Bretagne à l’autre. Jérémy : En fait quand je suis arrivé, en fait au début j’étais dans le Morbihan, et au début quand je suis arrivé dans le Finistère on me disait justement que j’avais un accent différent). De plus, deux individus de la même ville ne parlent pas forcément de la même façon : des critères tels que l’âge ou la situation professionnelle entrent aussi en ligne de compte.

Je vais ici m’attacher à décrire l’accent du français parlé en Basse-Bretagne uniquement. Pour ce faire, je me baserai sur les observations de mes 18 informateurs et sur mes propres constatations. Autant que possible, les exemples sont tirés des interviews.

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