LaDissertation.com - Dissertations, fiches de lectures, exemples du BAC
Recherche

Devoir 1 Culture Générale et Expression Cned BTS

Étude de cas : Devoir 1 Culture Générale et Expression Cned BTS. Recherche parmi 275 000+ dissertations

Par   •  13 Mars 2017  •  Étude de cas  •  1 931 Mots (8 Pages)  •  1 262 Vues

Page 1 sur 8

Nom du professeur correcteur :

Note :

Observations générales :

  1. Étude des paratextes :

1.1 : Le premier document proposé, un poème de Jacques Prévert, possède un paratexte composé de plusieurs éléments.

      En premier lieu, certains éléments renseignent sur la provenance et sur l'auteur, parmi lesquels on retrouve un texte introductif, dont on ignore l'auteur, Qui est Jacques Prévert ? présentant l'auteur, célèbre poète du XX° siècle. Cette brève biographie nous indique la grande popularité de l'auteur en son temps, son style particulier et non conventionnel d'écriture ainsi que ses thèmes de prédilection qui peuvent se résumer par la défense du faible face au fort. Jacques Prévert était donc un auteur renommé, engagé, poète mais aussi scénariste qui a su toucher le plus grand nombre grâce à ses jeux de mots.

Le texte s'accompagne d'une dédicace juste avant le poème ainsi qu'une note en bas de page qui explique cette dédicace. Jacques Prévert dédie son texte à Marianne Oswald, une amie à lui. On peut en conclure que cette amie a un rapport au texte, que ce soit par le thème du poème ou l'utilisation qu'il en sera faite.

Enfin, nous disposons du nom de l'auteur, Jacques Prévert, ainsi que le titre de l’œuvre, Paroles, recueil de poèmes, et la date d'écriture, 1934, soit la même année que l'événement qui a eu lieu à Belle-Ile-en-Mer.

          Dans un second temps, nous retrouvons des informations ayant trait au contenu lui-même. La présentation du texte nous renseigne sur le contexte historique de l'écriture. Jacques Prévert est scandalisé par un fait divers concernant l'évasion de dizaines d'enfants du bagne de Belle-Ile-en-Mer en réponse aux mauvais traitements qui leurs sont infligés. L'administration, ainsi que des riverains et des touristes, se sont lancés à leur poursuite mais un enfant a réussi à s'échapper.

Le poème est précédé de son titre : Chasse à l'enfant, qui, par sa connotation, montre que l'auteur prend parti pour les enfants et qu'il cherche à sensibiliser le lecteur en utilisant la violence du mot « chasse face » à l'innocence de « l'enfant ».

1.2 :  Le second document est un article. Cela se comprend grâce aux éléments du paratexte concernant la provenance et l'auteur.

        Tout d'abord, le nom du journal est indiqué : « Le Monde diplomatique ». La date étant notée avec le mois et l'année, on en déduit qu'il s'agit d'un mensuel. L’article provient donc du mensuel de juin 2002. L'auteur de l'article est Jacques Bourquin. Une courte présentation de lui se situe à côté de l'article où l'on découvre ses fonctions au sein d'une association et au sein d'une revue. On peut en déduire qu'il s'agit d'un journaliste parfaitement informé, spécialiste des mineurs délinquants et engagé auprès de la protection des mineurs.

         Le paratexte de cet article renseigne aussi sur son contenu. Précédent le texte, on trouve un chapeau censé attiré le lecteur. On y décèle le thème de l'article qui est le recours ou non à l'enfermement des adolescents délinquants comme punition. Ce chapeau prend clairement position, l'auteur y indique en effet que les expériences d'enfermement ont toutes échoué par le passé et conteste la possibilité d'éducation par l'enfermement dans cet extrait : « comme si l'on pouvait éduquer un délinquant en l'enfermant ». Le chapeau montre que la réflexion de l'article se base sur une décision ministérielle annonçant la création de centres fermés pour les adolescents.

Le titre de l'article, Jeunes délinquants entre éducation et punition, reprend clairement le thème dont il est question. Le sous-titre, Le fantôme des maisons de redressement, montre la position de l'auteur quant à la décision de rouvrir de tels centres, il est contre cela et ses connaissances historiques sont là pour donner du poids à sa position.

2. Identification des genres, des types et extraction du propos directeur :

2.1 :   Le premier document est un poème de type narratif écrit par Jacques Prévert en 1934.

Ce poème narre la traque en 1934, par l'ensemble des adultes présents sur Belle-Ile-en-Mer, des enfants pensionnaires de la maison de redressement qui se sont évadés suite aux mauvais traitements qu'ils y ont subi.

2.2 :  Le second document est un article de presse de type informatif et argumentatif écrit en juin 2002 par Jacques Bourquin.

L'auteur retrace l'évolution en France, des années 1830 à 2002, des mesures prises à l'encontre des adolescents délinquants et constate la régression par les politiques contemporains qui ont décidé de réinstaurer l'enfermement de ces jeunes malgré les échecs successifs d'une telle disposition.

2.3 :   Le troisième document est un article de presse de type descriptif et argumentatif écrit par Emmanuelle Bouchez en 2006. L'auteure fait le résumé d'un téléfilm, Les Vauriens, qui concerne la découverte, par le personnage d'Ana, du quotidien de son père qui vivait dans une colonie pénitentiaire de Belle-Ile-en-Mer au XX° siècle lorsqu'il était enfant, et fait suivre son résumé d'un commentaire critique élogieux du film en insistant sur le caractère horrible des conditions de vie dans ce bagne.

  1. Sélection d'idées dans un document :

     L'article du document 2 retrace les différentes étapes historiques du rapport éducation-répression en France.

Avant 1860, l'enfant délinquant ne serait pas une cause perdue, l'accent est mis sur l'éducation, on soutient, on épaule l'enfant pour qu'il revienne vers le droit chemin.

1860 est un tournant dans le rapport éducation-répression. En effet, on pense désormais que la délinquance des adolescents doit être réprimée par l'enfermement de ces jeunes dans des bagnes où leurs conditions de vie sont rudes et rythmées par des châtiments. Les enfants y restent des années et sont peu à peu considérés comme des animaux qu'il faut dresser. A leur sortie de ces colonies pénitentiaires, c'est l'armée qui les prend en charge et poursuit ce travail disciplinaire extrême.

En 1912, sous la III° République, l'essor de la psychologie infantile et les progrès de la protection de l'enfance amène la législation française à créer le premier tribunal pour enfant.

Malgré cela et les protestations de la presse qui dénonce les violences des maisons de redressement, les colonies pénitentiaires perdurent.

C'est la révolte et l'évasion des enfants du bagne de Belle-Ile-en-Mer en 1934 ainsi que les protestations relayées par la presse qui permettent en 1935 la dépénalisation du vagabondage des mineurs ainsi que la prise de mesures d'assistance éducative servant à protéger les enfants.  Ces réformes débutent en 1937-1938. Les enfants délinquants sont désormais réinsérés dans le système éducatif classique. Il faut encore une vingtaine d'années pour que l'enfermement des enfants ne soit plus requis.

Jusqu'en 2002, où les ministres Luc Ferry et Nicolas Sarkozy ont annoncé la création de nouveaux centres fermés pour adolescents délinquants.

  1. Comparaison de documents :

         Le corpus de documents proposé regroupe un poème de Jacques Prévert, Chasse à l'enfant, datant de 1934, un article de presse écrit par Jacques Bourquin en 2002 ainsi qu'un article de Emmanuelle Bouchez, publié en 2006.

Ces trois documents ont pour thème commun l'enfance et plus précisément le sort des jeunes délinquants en France.

1- Les jeunes délinquants

        Les trois documents ont pour objet l'enfance. Il est fait mention d'« enfant » dans les trois textes, mais aussi de « gamins » et de « jeunes » dans l'article de Bouchez et de « jeunes », d'« adolescents » et de « mineurs » dans celui de Bourquin. Ces termes renseignent sur les tranches d'âge des délinquants concernés, allant du jeune enfant à l'adolescent, excluant les majeurs, les adultes. Les trois auteurs parlent d'enfants vivants en France. Bouchez et Prévert se concentrent sur les enfants de périodes précises du XX° siècle, les années 1920 pour la première et 1934 pour le second. Bourquin aborde également ces périodes mais s'intéresse aussi au XIX° et au XIX° siècle puisqu'il relate des faits allant de 1830 à 2002.

2- Le bagne : une réponse à la délinquance

      L'ensemble des documents fait référence au bagne de Belle-Ile-en-Mer. Il s'agit d'une maison de redressement destinée aux enfants et adolescents. L'article de Emmanuelle Bouchez fait part de la vie de ces jeunes au sein de cet établissement, tandis que les deux autres documents traitent d'un événement particulier lié à ce bagne. Il s'agit de la révolte et de l'évasion des enfants de ce bagne en 1934. Comme l'expliquent l'article de Bourquin  et celui de Bouchez, les enfants y étaient envoyés en punition à leurs mauvais comportements, à leur délinquance afin de prendre le relais suite à une éducation des parents n'ayant pas suffit. Bouchez parle alors d'un enfant quasi abandonné par ses parents, Bourquin de mineurs placés dans une logique d'exclusion et de punition.

Les trois auteurs exposent les violences et mauvais traitements dont sont victimes les enfants au sein de cette maison de redressement. Ils sont de diverses natures et abordés dans les trois textes. Le poème de Prévert évoque la violence des gardiens à l'encontre des enfants, Bourquin parle de châtiment, de dressage, de soumission et de la dureté du régime disciplinaire, l'article de Bouchez informe de l'horreur, de l'état de peur permanente, de la violence et la maltraitance voire de la mort d'enfant.

3- Les différentes réactions

         Le lexique employé dans les textes nous indique la vision qu'avaient les adultes de ces jeunes délinquants. Dans le poème de Prévert, les adultes à la poursuite des enfants les nomment « Bandit, Voyou, Chenapan, Voleur ». Dans l'article de Bourquin, on passe de « l'innocent coupable » au « criminel né », et « les dortoirs sont compartimentés en cages à poules ». Enfin Bouchez écrit « du simple chapardeur au violeur pervers » et le « caïdat ». Cela montre qu'il s'agit bien de jeunes délinquants, aux motifs les plus divers, mais aussi que les adultes ne les considèrent plus comme des enfants, des êtres humains. Ils ne sont alors plus que des criminels qui agissent comme des caïds et qui doivent être exclus et enfermés comme des bêtes.

Les attitudes à adopter vis à vis de ces jeunes délinquants divergent. Certains approuvent ces traitements et cet enfermement. Ainsi, Prévert montre que toute la population adulte de l'île aide les forces de l'ordre à endiguer la révolte et l'évasion des enfants et les traque pour les enfermer à nouveau. Bourquin explique comment l’État et le gouvernement prennent part à la création de centres de redressement. Enfin, Bouchez rappelle que des parents placent leur enfant dans ce bagne mais aussi l'indifférence générale quant au sort de ces jeunes au sein de l'établissement. Les trois textes démontrent donc qu'une part de la société, de l’État et des familles consentent à enfermer et à déshumaniser les enfants délinquants.

Cependant il ne s'agit pas de l'ensemble de la population. Les auteurs des trois textes dénoncent personnellement ces conditions de vie et traitements envers les jeunes délinquants. Par ailleurs, il est fait mention de l'indignation de la presse et des littéraires contre ces bagnes, comme celles de Louis Roubaud en 1925 ou de Alexis Danan citées par Bourquin et Bouchez.

    Ces trois documents sont donc des dénonciations des maltraitances et des enfermements des enfants délinquants comme punition. Ils montrent comment ces jeunes ont pu être déshumanisés et traités avec violence ou indifférence alors que l'Histoire montre que ce système des maisons de redressement ne fonctionnent pas pour la réinsertion des jeunes délinquants.

Commentaires du correcteur :

...

Télécharger au format  txt (11.9 Kb)   pdf (98.5 Kb)   docx (15 Kb)  
Voir 7 pages de plus »
Uniquement disponible sur LaDissertation.com