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Philosophie Et Sagesse

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Par   •  28 Novembre 2012  •  2 714 Mots (11 Pages)  •  867 Vues

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Sujet : Philosophie et Sagesse

Introduction

La sagesse est un terme extrêmement vague qui évoque une sorte d’attitude dans la vie qui revient à une utilisation juste, moralement valable de l’expérience. Dans un autre registre, ce mot est associé à un savoir historique érudit rattaché à l’histoire des philosophes grecs. Dans l’Antiquité, la sagesse résultait de la Connaissance de l’Être, mais elle était aussi l’habileté et la compétence qui en résulte, et par suite la rectitude de jugement d’un homme réellement qualifié. Ceux que l’on appelait les sept sages de la Grèce étaient des législateurs compétents, le sage étant le philosophe accompli, l'homme vertueux, raisonnable, intelligent et instruit. Aujourd’hui, cette présentation paraît étrange car elle met ensemble des choses dont la représentation reste très fragmentaire. En effet, aujourd’hui la « compétence » est assimilée à une maîtrise technique ; la « Connaissance » à un savoir scientifique. Quant à l’homme Intelligent, il peut être ramené à «l’intellectuel , l’instruit » renvoi à une culture d’ordre universitaire. Bref, nous sommes bien loin de comprendre ce que pouvait représenter dans les traditions anciennes la figure du sage. Par contre, nous savons très bien ce qu’est l’intellectuel, l’aventurier, le technicien, l’homme politique, le scientifique. Mais malgré tout, peut-on affirmer aujourd’hui pouvoir définir la philosophie indissociablement de la sagesse ? La philosophie peut-elle se passer de la sagesse ?

I/ Contre une définition de la philosophie comme amour de la sagesse

Bien qu’étymologiquement définie comme amour de la sagesse, la philosophie est perçue par certains courants philosophiques comme une affaire de la Pensée et l‘Action. C’est ainsi que ce que l’on nomme « sagesse ou sagesses », se situe hors de la philosophie. Autrement dit, les formes de pensée dont l’origine tient à des traditions spirituelles et non à « la tradition philosophique » seraient d’une grande inutilité. Cette attitude de dénigrement implicite de la sagesse se rencontre essentiellement dans la philosophie politique, où il est d’usage de voir dans la philosophie une activité intellectuelle dont la visée est politique, dont les valeurs se situent dans la laïcité, de sorte que la morale de la citoyenneté de notre époque donnerait à la philosophie son cadre et sa destination. Le discours de la dérision vis-à-vis de l’ambition d’une sagesse philosophique de la vie ne date pas d’hier. Platon lui-même lui a donné une voix dans le personnage de Calliclès. (Personnage apparaissant dans le dialogue de Platon intitulé le Gorgias. Présenté comme un sophiste, il s'oppose aux lois de la Cité au nom d'une morale aristocratique reposant sur une discrimination entre les « forts » et les « faibles ». Ses thèses s'opposent frontalement à celles défendues par Socrate). Il est considéré comme porte-parole du mépris de la philosophie comme quête de sagesse. Il fait la comparaison entre politique (action) et philosophie ( sagesse) en discréditant la seconde en faveur de la première. Ce type de discours s’apparente à l’attitude postmoderne des technocrates qui privilégient l’action efficace et rentable à la réflexion. C’est ce qui fait dire à certains : « ils feraient mieux de faire du secrétariat et de la comptabilité au lieu de faire de la philosophie » ! ! Sous-entendu qui revient à dire : « faites en sortes qu’ils ne réfléchissent pas trop, mais deviennent des travailleurs efficaces, des techniciens compétentes, des citoyens obéissants ». Cela fait aussi penser au mot de Taylor devant la plainte d’un ouvrier à la chaîne, qui n’arrivait plus à penser : « vous n’êtes pas payé pour penser, il y en d’autres qui sont payés pour ça » ! Au fond, pour Calliclès, dans une société bien rodée, il faut que l’individu soit un rouage bien huilé et dans la postmodernité, un consommateur docile, qui ne se pose pas de questions, mais obéisse. Il est dans la même optique tout à fait souhaitable que le politique non plus ne se pose pas de question, mais agisse en manager efficace, pour faire tourner cette entreprise qu’est la société, tout en se réservant les moyens de préserver son pouvoir. Calliclès explique également que la liberté est un privilège des forts. Que les plus faibles servent les plus forts et la société sera ordonnée ! Et de déduire que c’est pour le peuple que l’on a inventé la « morale » et la « sagesse » et la « religion ». La morale est une invention arbitraire des faibles pour se protéger des forts. La sagesse, c’est un catalogue de règles de vie pour les impuissants.. Quand on a la puissance, quand on la richesse et le pouvoir, on se moque de la morale et de la sagesse et on n’a que faire de la religion. On satisfait ses désirs et on méprise ces histoires à dormir debout que racontent les philosophes et les prêtres, on n’a que sarcasme pour ces espèces de recommandations prudentes adressées aux faibles que sont les paroles de sagesse ! L’homme fort ne connaît qu’une loi, la loi du plus fort et il n’a que mépris pour la justice, la morale ou la sagesse. Ou plutôt, il est assez rusé ou malin pour dire : oui, la justice, la morale, la sagesse, la religion, c’est très bien pour le peuple¸ mais au fond de lui-même, il est assez malin pour penser le contraire sans se laisser duper et ne suivre que ses désirs. Cela signifie qu’en définitive, l’homme fort selon Calliclès vit, pense et décide à partir d’une représentation cynique de la vie et s’y tient. Si l’attitude du Calliclès de Platon est encore plus que jamais

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