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Politique et morale

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Par   •  16 Janvier 2014  •  Analyse sectorielle  •  2 433 Mots (10 Pages)  •  876 Vues

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Politique et morale

Politique : 1) le vivre-ensemble, la communauté politique, les affaires publique ; 2) le gouvernement (pouvoir politique)

Morale : 1) normes du bien et du mal ; 2) intention de faire le bien ; 3) valeurs morales = ce qui doit être au sein d’une société, c’est-à-dire, entre les hommes : justice, égalité, respect, etc. S’oppose à l’égoïsme : on doit prendre en compte les intérêts d’autrui (cf. Levinas dans le cours sur autrui)

La politique doit-elle être morale ?

I- La politique, une entreprise morale

Si le but de la politique est de gérer la communauté des hommes, d’accorder la coexistence des libertés (cf. droit positif), alors, oui, la politique doit être morale :

Elle s’oppose par définition à l’intérêt personnel

Elle vise à nous faire écouter la raison (que l’on n’écoute pas suffisamment à l’état de nature, cf. Hobbes)

Le recours à la force ne doit avoir lieu qu’en dernier recours (cf. Rousseau, « force ne fait pas droit » + M. Weber –cf. textes ci-dessous)

Bref : la politique doit viser à rendre la paix possible, et pour cela, quoi de mieux que des hommes en paix, avec les autres et avec eux-mêmes ? –pour cela, mieux vaut que les désirs et la liberté, la dignité, même, des citoyens, soient satisfaits !

II- Pourtant, la politique doit-elle toujours suivre la morale ? N’est-ce pas dangereux et utopique ?

En politique, il faut agir, et parfois vite : l’intention seule ne suffit pas ! (exemple : la guerre) ; il faut prendre en compte les circonstances, ainsi que la nature humaine

Ici, les moyens peuvent être immoraux si l’intention est bonne (exemple : encore une fois, la guerre ; torturer un terroriste pour sauver une nation, etc.)

La sécurité, ici, l’emporte sur la moralité (cf. notion de raison d’Etat)

Ici, auteur utile : Machiavel

Max Weber, Le Savant et le politique ( 1919), trad. J. Freund, E. Fleischmann et É. de Dampierre, Éd. Plon, coll. 10/18, p. 124. Le monopole de la violence légitime

« S’il n’existait que des structures sociales d’où toute violence serait absente, le concept d’État aurait alors disparu et il ne subsisterait que ce qu’on appelle, au sens propre du terme, l’ « anarchie »1. La violence n’est évidemment pas l’unique moyen normal de l’État - cela ne fait aucun doute -, mais elle est son moyen spécifique. De nos jours la relation entre État et violence est tout particulièrement intime. Depuis toujours les groupements politiques les plus divers - à commencer par la parentèle2 - ont tous tenu la violence physique pour le moyen normal du pouvoir. Par contre il faut concevoir l’État contemporain comme une communauté humaine qui, dans les limites d’un territoire déterminé - la notion de territoire étant une de ses caractéristiques -, revendique avec succès pour son propre compte le monopole de la violence physique légitime ».

1 au sens “propre” ou étymologique : où il n’y a pas de pouvoir.

2 Famille au sens élargie, ensemble des parents.

Max Weber, Le Savant et le Politique (1919), trad. J. Freund revue par E. Fleischmann et É. de Dampierre, colt. «Bibliothèques», 1963, p. 206-207. Éthique de conviction et éthique de responsabilité

« Il est indispensable que nous nous rendions clairement compte du fait suivant: toute activité orientée selon l'éthique peut être subordonnée à deux maximes totalement différentes et irréductiblement opposées. Elle peut s'orienter selon l'éthique de la responsabilité ou selon l'éthique de la 5 conviction. Cela ne veut pas dire que l'éthique de conviction est identique à l'absence de responsabilité et l'éthique de responsabilité à l'absence de conviction. Il n'en est évidemment pas question. Toutefois il y a une opposition abyssale' entre l'attitude de celui qui agit selon les maximes de l'éthique de conviction - dans un langage religieux nous dirions : « Le chrétien fait son devoir et en ce qui concerne le résultat de l'action il s'en remet à Dieu» - et l'attitude de celui qui agit selon l'éthique de responsabilité qui dit: « Nous devons répondre des conséquences prévisibles de nos actes. » Vous perdrez votre temps à exposer, de la façon la plus persuasive possible, à un syndicaliste convaincu de la vérité de l'éthique de conviction que son action n'aura d'autre effet que celui d'accroître les chances de la réaction, de retarder l'ascension de sa classe et de l'asservir davantage, il ne vous croira pas. Lorsque les conséquences d'un acte fait par pure conviction sont fâcheuses, le partisan de cette éthique n'attribuera pas la responsabilité à l'agent, mais au monde, à la sottise des hommes ou encore à la volonté de Dieu qui a créé les hommes ainsi. Au contraire le partisan de l'éthique de responsabilité comptera justement avec les défaillances communes de l'homme (car, comme le disait fort justement Fichte--, on n'a pas le droit de présupposer la bonté et la perfection de l'homme) et il estimera ne pas pouvoir se décharger sur les autres des conséquences de sa propre action pour autant qu'il aura pu les prévoir ».

La raison d’Etat

Dérogation exceptionnelle à la morale ou au droit au nom de la nécessité. Concept lié à la problématique de l’art de gouverner (ensemble des connaissances relatives à la nature universelle et de la situation particulière de l’Etat, ainsi que l’ensmeble des décisiosnet des moyens utilisés, qui constituent la règle d’action et la pratique des gouvernants, jugés rationnellement nécessaires à la conservation ou à l’accroissement de la puissance de l’Etat). C’est l’intérêt de l’Etat, au sens large, qui constitue le but et la justification de l’action des gouvernants quelle que soit la forme du régime politique. La cnception de raison d’Etat désigne donc à la fois le mode d’agir rationnel de la politique d’un Etat et le motif sur lequel elle prend appui. De tels objectifs de conservation et d’accroissement de l’Etat peuvent se trouver en contradiction avec des normes éthiques et juridiques jugées essentielles, et la spécificité de la raison d’Etat

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