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Cours de psycho du développement

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Par   •  10 Janvier 2019  •  Cours  •  11 806 Mots (48 Pages)  •  88 Vues

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LA PSYCHANALYSE ET LE

DEVELOPPEMENT PSYCHO-AFFECTIF

FREUD ET LA PSYCHANALYSE

En 1885, le médecin autrichien Sigmund FREUD (1856-1939) devient l'élève du célèbre professeur CHARCOT de l'hôpital de la Salpêtrière à Paris. CHARCOT venait de démontrer, grâce à ses traitements par l'hypnose, les relations existant entre les paralysies hystériques et les chocs émotionnels. Quelques années plus tard, Freud se rend à Nancy, dans le service du Dr BERNHEIM où il découvre les effets thérapeutiques de la suggestion. De son côté, le médecin neurologue JANET optait pour une action pathogène (= propre à entraîner des maladies) d'un souvenir oublié lié à une émotion violente.

Par ses observations d'adultes névrotiques, Freud découvre que le fait de ramener à la conscience un souvenir ayant sombré dans les profondeurs de l'inconscient pouvait entraîner la guérison.

Freud et BREUER donnèrent le nom de "cathartique" à cette méthode qui "purifiait" l'inconscient. Mais Freud qui avait des difficultés à mettre ses patients sous hypnose, préféra bientôt recourir à la suggestion et aux associations libres à l'état de veille, ce qui fut le tremplin de la méthode psychanalytique proprement dite.

Dès 1905, Freud émet la première théorie de l'appareil psychique qui serait composé du conscient, du préconscient et de l'inconscient, avec les notions de censure et de refoulement. Il l'améliore en 1923 en introduisant la seconde théorie de l'appareil psychique comprenant le Ça, siège des pulsions ; le Moi, médiateur au contact de la réalité ; le Surmoi, gardien de la moralité inculquée par les parents notamment.

Puis c'est la notion de pulsions qui fait également progresser la théorie, ces poussées entraînant une tension de l'organisme qui s'oriente vers un but : la disparition de cette tension interne. Mais les pulsions sexuelles, animées par une énergie, la libido, sont parfois l'objet de refoulement, de rejet dans les profondeurs de l'esprit, lorsqu'elles sont accompagnées d'un sentiment de culpabilité ou bien si elles choquent la morale ou le Moi. D'où l'importance, dans l'appareil psychique, de la sexualité et de la notion de conflit déclaré entre le désir et l'interdit de sa réalisation qui mène tout droit à l'angoisse qui s'expriment dans les symptômes d'une névrose ou d'une psychose. Cette notion de pulsion sera enrichie par la description de la cohabitation dans l'esprit de la pulsion de vie (Eros) et de la pulsion de mort (Thanatos).

Enfin, Freud établit une chronologie des pulsions qu'il met en parallèle avec la maturation du corps humain. D'où sa thèse du déplacement des zones érogènes (dont l'excitation procure du plaisir) avec les stades oral, anal et phallique. Il les complétera par la suite par le complexe d'Oedipe, la période de latence et la période adolescente lors de laquelle “tout se rejoue”.


Telles sont les grandes lignes de la théorie freudienne qui sera critiquée, développée, enrichie, modifiée au fil du temps et en fonction des auteurs.

Dans ce cours, nous essayerons de décrire les différents termes cités dans cette introduction et d'aborder succintement certains auteurs (dont la liste est loin d'être exhaustive) venus approfondir la théorie psychanalytique.

LA CURE PSYCHANALYTIQUE

Tout d'abord, qu'est-ce que la psychanalyse ? C'est :

        - une théorie nouvelle (pour l'époque !) de la psyché

        - “un procédé d'investigation des processus psychiques et psychosociaux non accessibles directement” (Colette CHILAND)

        - “une méthode originale de traitement des désordres psychiques, du temps de Freud essentiellement les névroses mais aussi aujourd'hui les états limites, les psychoses et les troubles du comportement des délinquants” (J-P CHARTIER).

“Ceux qui vivent du traitement des malades mentaux doivent s'efforcer de faire quelque chose pour eux” disait Freud, ce qui en dit long sur l'attitude des psychiatres de son temps, plus enclins à isoler et à rejeter sans traitement toute personne "différente" dans un asile, qu'à tenter de la soigner (encore faut-il penser que l'on peut le faire !).

Selon Freud, la psychanalyse a donc une véritable portée thérapeutique.

Selon J-P CHARTIER, “on peut se poser l'embarrassante question de savoir ce que l'homme souffrant peut attendre aujourd'hui de la psychanalyse ? Ou, pour formuler cette question de manière plus incisive : la technique inventée par Freud pour libérer l'homme de ses liens névrotiques ne s'est-elle pas transformée en une machine à suraliéner le patient, à cause de l'effet pervers de certaines pratiques, qui ont changé la doctrine en dogme et la technique en rituel ? (...) Le doute peut exister quant à l'efficacité thérapeutique des analyses interminables qui sont en train de se généraliser. En effet, il y a deux destins possibles de l'analyse : rendre autre, c'est à dire changer et transformer, ce qui est la visée originelle et principale de cette thérapeutique, mais aussi rendre étranger voire fou, ce qui peut se produire par la force même de cette technique, mais surtout du fait de certaines théorisations et pratiques analytiques actuelles. Ainsi, la psychanalyse est sans doute, parmi toutes les démarches psychothérapeutiques, celle qui libère le mieux le sujet souffrant, mais certaines praxis d'aujourd'hui risquent d'en faire le plus puissant moyen de suraliénation du patient.”

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