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Commentaire de Marx sur l'aliénation du travail

Commentaire de texte : Commentaire de Marx sur l'aliénation du travail. Recherche parmi 241 000+ dissertations

Par   •  8 Mai 2019  •  Commentaire de texte  •  2 452 Mots (10 Pages)  •  502 Vues

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Laporte Lily - Philosophie        

Le texte que nous allons étudier est un extrait du très célèbre Manuscrits de Karl Marx, père fondateur des idées du communisme, datant de 1844. Le sujet de ce texte est très intéressant puisqu'il traite du travail (et plus particulièrement, du travail ouvrier) mais également de la dépossession de celui-ci. Le travail peut être défini comme étant l'ensemble des activités par lesquelles l’homme transforme la nature et la réalité dans un sens qui lui est utile, en vue de la satisfaction de ses besoins matériels et immatériels. Ainsi, on peut considérer que le travail constitue l'accomplissement de ce que l'on qualifie de ''condition humaine'', c'est-à-dire un besoin de la part de l'homme d'exercer (ou non) librement ses capacités créatives, physiques, mentales et morales afin d'obtenir une production ; ce qui est un besoin proprement humain et non animal. Effectivement, ceux-ci se contentent d'effectuer les tâches qui sont seulement nécessaires à la survie. La dépossession du travail, quant à elle, correspond à une ''non-possession'', une mise à l'extérieur, de quelque chose pour un individu ; c'est-à-dire à une privation de cette chose. Or quand cette chose est essentielle à la constitution de cet individu, cela entraîne donc pour lui une mise à l’extérieur de soi - une dépossession - soit une aliénation de l'individu même.

Ainsi, ce texte pose une problématique par rapport à ces concepts, et ce de façon directe : En quoi consiste la dépossession du travail ? Ce qui peut être traduit par la question, comment se fait l'aliénation du travail ?

La thèse de Karl Marx sur cette interrogation est claire : selon lui, le travail de l’ouvrier est négatif, il est absolument aliéné. Et plus encore, il en devient aliénant pour l'homme présent dans l'ouvrier. Il semble que son objectif est de montrer les travers du monde ouvrier et de son fonctionnement, de montrer sa désapprobation de celui-ci.

Pour cela, son texte est fait d'une question en une phrase, puis de trois arguments à la suite (la logique de l'un entraînant souvent celle du suivant) et une conclusion générale ramenant au concept philosophique du travail. Nous suivrons donc la marche du texte pour analyser cet extrait : D'abord, nous verrons comment Marx introduit son sujet et quel est son premier argument (l'extériorisation de travail), puis son deuxième argument (l'obligation de travailler), son troisième argument (l'absence de propriété privée) et enfin nous ferrons une partie plus petite afin d'analyser les conséquences et la porté de tout de tout cela, avant de conclure.

                Marx débute directement son texte avec une question qui peut sembler ''vague'' : « En quoi consiste la dépossession du travail ? ». Cela n'est pas sans raison. En effet, il s'agit de la question à laquelle Marx va tenter de répondre, de la définition qu'il va s’efforcer de donner. Or, la dépossession ramène indéniablement au concept d'aliénation (les deux concepts sont très proches), soit le processus par lequel un individu est privé de ce qui le constitue. Par ailleurs, il important d'apporter des précisions à cette phrase. En disant « dépossession du travail », on pourrait penser que Marx dit que l'homme est dépossédé, aliéné, par le travail mais en réalité, ce n'est pas ce qu'il dit (du moins pas directement) : en effet, cette tournure ambiguë ne doit pas être traduite par le fait que le travail en lui-même est aliénant pour l'homme directement mais par le fait que le travail peut devenir dépossédé (et peut-être, ainsi, dépossédant). Marx va donc développer ces éléments et leurs diverses conséquences. De plus, l’étymologie du mot « dépossession » est intéressante, car elle indique que ce qui n'est plus possédé l'était avant ou du moins n'est pas universelle.

Le premier argument de Marx est présenté par la phrase « D'abord dans le fait que le travail est extérieur à l'ouvrier ». Par celle-ci, il fait comprendre qu'il ne parle pas du travail comme concept général mais uniquement du travail de l'ouvrier. Celui-ci est caractérisé par un travail à la chaîne, régulé par des machines, extrêmement répétitif et ne demandant ni réflexion ni initiative. Ainsi, quand Marx dit « le travail est extérieur à l'ouvrier », il entend que c'est la mécanisation du travail qui réduit le travailleur à un simple outil dans la chaîne du travail, puisqu'il n'a plus de contrôle dans son activité. C'est donc cette mécanisation qui ainsi rend le travail étranger à son but premier (c'est-à-dire être l'action de la production de la libre-expression de l'homme) et donc le dépossède de son essence, le dénature. Or, il explique par la suite que c'est cette dépossession de la nature du travail qui provoque le fait que l'homme ne s'y reconnaisse pas avec  l'expression « c'est-à-dire qu'il n'appartient pas à son être ». En effet, l'homme est ainsi dépossédé de tout travail au sens philosophique du terme (car son but n'est plus atteint) et en même temps, il se retrouve aliéné par ce même travail puisqu'il l'effectue malgré tout, alors qu'il a perdu son essence. Le travail est donc extérieur à l'ouvrier. Le connecteur logique « c'est-à-dire » montre que cette partie de la phrase est une précision de l'idée précédente et « il » désigne bien évidemment le travail. Il utilise le mot « être » car il veut souligner l'idée que le travail ouvrier ne correspond pas à quelque chose de naturel pour l'homme, qu'il n'appartient pas à son essence. Marx apporte ensuite une deuxième précision à son argument en disant « que, dans son travail, l'ouvrier ne s'affirme pas, mais se nie ». De la sorte, Marx explique et développe l'idée que si le travail de l'ouvrier ne rempli pas le but originel et réel du travail, attendu par sa nature et nécessaire à l'homme, alors le continuer revient à ne pas satisfaire sa condition humaine. Nous rappelons que celle-ci passe par le besoin d'expression de l'individualité, de la réflexion et de la possibilité de choisir à travers un ouvrage. Donc cela revient à être aliéné. Au final, l'expression « se [l'ouvrier] nie » signifie que l'ouvrier travaillant nie ses besoins humains et donc sa nature. On pourrait même considérer qu'elle sous-entend qu'il n'est même plus humain puisqu'il n'accomplit pas ces besoins.

Marx donne finalement une preuve à tout cela en complétant « qu'il [l'ouvrier] ne s'y [son travail] sent pas satisfait, mais malheureux », car une des caractéristiques de l'homme est aussi son besoin de chercher avant tout son bien-être, de ne pas uniquement se contenter de la chose présente. Ainsi, on voit que l'ouvrier, en niant un de ses besoins humains (exprimer sa capacité de penser), nie un autre besoin étroitement lié et constituant son humanité (sa recherche d'un ''mieux''). Par la suite, il devient encore plus précis en expliquant « qu'il [l'ouvrier] n'y [son travail] déploie pas une libre énergie physique & intellectuelle ». Le mot ''libre'' montre encore une fois que l'ouvrier n'exerce pas son don de choix. On peut même y voir l'idée que, pour Marx, cette énergie est gâchée. Aussi et surtout, cette aliénation est responsable du malheur de l’ouvrier de façon plus mesurable. En effet, Marx précise que le travail ouvrier « mortifie son corps » c’est-à-dire le dégrade considérablement. Effectivement, la dimension répétitive du travail par l’ouvrier porte atteinte à ses capacités physiques mais aussi psychologiques. L’ouvrier n’exerçant plus sa capacité de penser et choisir n'est plus qu'une machine. Il risque ainsi de perdre partiellement ou totalement ses capacités intellectuelles, ce que Marx traduit par « ruine ainsi son esprit ».

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