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Le mécanisme du rire

Commentaire de texte : Le mécanisme du rire. Recherche parmi 257 000+ dissertations

Par   •  17 Mai 2015  •  Commentaire de texte  •  702 Mots (3 Pages)  •  344 Vues

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Le rire est une réaction spontanée ou « mécanique », avons-nous dit. Il faudrait donc commencer par se demander ce qui déclenche le rire pour comprendre, peut-être, ce qui l’arrête. Nombreux sont ceux qui ont ainsi essayé d’étudier le mécanisme du rire : « du mécanique plaqué sur du vivant » pour Bergson, « une économie » pour Freud – peu importe, pour le moment, que l’on comprenne ce que ça signifie. Plusieurs penseurs comme Descartes ou Kant montrent que le rire est déclenché par une situation inattendue, incongrue, voire absurde, quand on voit un chevalier armé d’un poulet dans le film des Monty Python, Sacré Graal ! Ou quand Charlot mange une chaussure dans La Ruée vers l’or. Schopenhauer, qui explique un peu le rire de la même manière, en vient même à conclure : « Voilà, en abrégé, la vraie théorie du rire. » Mais au fond, il semble difficile, voire impossible de résumer « en abrégé » ce qui provoque le rire. Il y a tellement de techniques différentes qu’on aurait même du mal à en faire la liste : le burlesque, le comique de situation, l’humour noir, l’ironie, le comique visuel, les chatouilles aussi, bref, il y a de multiples manières de déclencher le rire et par suite, il doit sans doute y avoir de multiples mécanismes.

La vérité, c’est que le rire dépend de chaque individu et de chaque société : on ne rit sans doute pas de la même manière et des mêmes choses selon son caractère, son époque ou sa culture : on parle bien de l’ « humour juif » ou de l’ « humour anglais ». Il arrive qu’on se raconte une blague entre amis, et que quelqu’un s’immisce dans la conversation en nous demandant ce qui nous amuse : « Laisse, c’est une private joke, tu ne peux pas comprendre ! » Une « blague privée », parce qu’elle parle de quelqu’un qu’il faut connaître ou parce qu’elle se réfère à un souvenir que nous avons en commun. Et ceux qui ne l’ont pas vécu ne peuvent pas comprendre. Mais au fond, n’importe quel rire repose sur des références qu’il faut avoir pour trouver ça drôle. Ne serait-ce que les jeux de mots, souvent intraduisibles d’une langue à l’autre : « You make like the tree, you leave » (« Tu fais comme l’arbre, tu t’en vas », sauf qu’en anglais leave signifie aussi « feuille »). Pour traduire cette réplique de Retour vers le futur, on a donc choisi un jeu de mot équivalent : « Tu fais comme dans l’infanterie, tu te tires ailleurs » – évidemment, il y a mieux. Mais s’il n’y avait que les problèmes de langue : chaque société a son histoire et ses références culturelles. Si Desproges se permettait de rire des camps d’extermination, c’est que les sujets sensibles n’étaient pas les mêmes en 1986. À l’époque, on riait aussi beaucoup des sketchs de Michel Leeb qui imitait les Noirs : « Ce ne sont pas mes lunettes, ce sont mes narines, là dis donc. » Aujourd’hui, il se retrouverait directement au tribunal – alors qu’on tolère toujours très bien le rire à propos des Chinois. En bref, ce n’est peut-être même pas qu’on riait plus hier qu’aujourd’hui : simplement, les références n’étaient pas les mêmes et de ce fait les limites non plus. D’ailleurs, on remarque ainsi que le rire n’est pas si naturel que ça : il est spontané, certes – on rit automatiquement sans trop savoir pourquoi –, mais il dépend de notre culture et sans doute

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