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Le Théâtre Est Le Lieu De La Plus Grande Liberté, De L'imagination La Plus Folle

Commentaires Composés : Le Théâtre Est Le Lieu De La Plus Grande Liberté, De L'imagination La Plus Folle. Recherche parmi 279 000+ dissertations

Par   •  9 Mai 2013  •  1 691 Mots (7 Pages)  •  10 744 Vues

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Pensez-vous que le théâtre est « le lieu de la plus grande liberté, de l’imagination la plus folle » ? Vous répondrez en vous

appuyant sur l’étude d’oeuvres théâtrales dans le cadre scolaire mais aussi sur votre expérience de spectateur.

Pistes pour un corrigé

I) Un espace de liberté qui laisse libre cours à l’imagination la plus folle

1) Liberté et imagination dans le texte lui-même

• [Liberté de parole même quand la censure menace.]

• Imagination dans la construction du sujet comme dans le choix des thèmes. Toutes les fantaisies,

toutes les « folies » sont permises.

• Ex : Shakespeare, Le Songe d’une nuit d’été

2) Liberté et imagination dans la mise en scène

• Un choix très grand dans la mise en scène (décors, costumes, lumières, sons) qui permet de varier à

l’infini un texte de départ et de lui donner de multiples interprétations.

• Ex : Dom Juan sans cesse mis en scène au XXe siècle par divers metteurs en scène et pour des

résultats très différents. La mise en scène de Marcel Bluwal ne ressemble pas à celle de Lassalle ou

de Chéreau etc.

3) Liberté et imagination dans le jeu des acteurs

• Possibilité de donner à un personnage une dimension nouvelle en changeant totalement la manière

de jouer. Le jeu de l’acteur permet d’infinies variations.

• Ex : peu d’éléments communs entre le Knock de Louis Jouvet et celui de Guy Simon.

II) Un lieu contraignant par essence

1) Un espace unique, borné, clos

• Que le théâtre soit dans une salle ou en plein air, que la salle soit minuscule (la Huchette à Paris) ou

gigantesque (le théâtre d’Orange), elle est toujours limitée. Même si un metteur en scène choisit

d’envahir l’espace réservé aux spectateurs, finalement il se trouve borné à un espace unique et c’est

cet espace qui devra représenter le monde.

• Ex : Lapin chasseur de J. Deschamps se heurte aux limites de l’espace (tout en jouant avec).

2) Un temps limité

• Le spectacle se fonde en tout premier lieu sur une rencontre : celle d’artistes avec des spectateurs. Il

est évident que la longueur d’un spectacle est étroitement liée à la capacité de résistance de ces deux

groupes.

• Ex : Le Soulier de satin constitue un extrême dans le théâtre occidental. Tenir 11 heures d’affilée

constitue un exploit qui finirait par occulter la pièce elle-même.

3) Les limites d’un spectacle vivant

• Le spectacle vivant se trouve limité par les possibilités techniques. Jamais le théâtre ne pourra

rivaliser avec les trucages sophistiqués du cinéma en matière de décors ou d’action. Même si l’on

adaptait au théâtre les trucs des plus brillants illusionnistes, cela ne pourrait se comparer aux artifices

du cinéma.

• Ex : dans le Cyrano de Bergerac monté par Jérôme Savary dans les années 80 on voyait un cheval

galoper au fond de la scène sur un tapis roulant. C’était sans doute un exploit de mise en scène mais

il aurait fait pâle figure au cinéma.

Il est donc des contraintes objectives, incontournables (II) mais il en est d’autres qui peuvent se dépasser

ou du moins se transcender.

III) Comment le théâtre peut parfois dépasser ses limites

1) Contrainte de genre ou stimulation intellectuelle ?

« L’art naît de contrainte, vit de lutte et meurt de liberté », André Gide, L’évolution du théâtre.

• L’on a souvent évoqué les contraintes d’écritures que telle ou telle époque a imposé au théâtre. Les

plus célèbres sont sans doute la fameuse règle des trois unités mais on pourrait aussi rappeler les

principes du drame romantique que Hugo impose dans les années 1830 dans sa préface de

Cromwell ou sa mise en scène d’Hernani. S’il est indéniable que ces principes sont au départ une

contrainte pour l’auteur dramatique, l’on peut aussi voir qu’elle donnent une impulsion à la création

artistique et donnent parfois naissance à des chefs-d’oeuvre.

• Ex : les tragédies de Racine n’ont pas été empêchées par la règle des trois unités, ce sont plutôt ces contraintes qui leur ont permis d’exister. Phèdre, Bérénice, Andromaque n’auraient pu voir le jour sans

ces contraintes. On aboutit à ce paradoxe : de la contrainte jaillit la création.

2) Contrainte de contenu ou jeu sur les mots ?

• La censure, le contrôle politique ou moral ont aussi été évoqués comme ayant nui à la liberté du

théâtre. Au nom d’un ordre quelconque, le théâtre se serait trouvé muselé, réduit au silence. C’est

peut-être vrai à certains moments très particuliers mais sur la durée, même sous un régime répressif,

l’on voit bien comment le théâtre a appris à se jouer de la censure. Les auteurs dramatiques

emploient leur talent d’écrivains à jouer sur le sens des mots, ils savent tirer parti de leur intelligence

ou

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