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Commentaire littéraire Arnolphe grande tirade sur le mariage, dans l'École des Femmes

Commentaire de texte : Commentaire littéraire Arnolphe grande tirade sur le mariage, dans l'École des Femmes. Recherche parmi 259 000+ dissertations

Par   •  28 Octobre 2015  •  Commentaire de texte  •  933 Mots (4 Pages)  •  1 568 Vues

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        III, 2 École des femmes – Commentaire rédigé (cf plan consécutif au tableau)

 

        Arnolphe définit ce qu'est pour lui le rôle de l'homme et de la femme dans le cadre du mariage. Le mari a un pouvoir absolu sur la femme qu'il domine. Il l'affirme dans une métonymie :  « Du côté de la barbe est la toute puissance » dans laquelle on peut noter le caractère dérisoire de l'argument. En effet en quoi, la barbe conférerait-elle un pouvoir quelconque ? Le caractère ridicule d'Arnolphe transparaît ici. Ensuite dans une isotopie de la domination où on relève différents termes qui désignent le mari comme : le « Chef » (deux occurrences), le « Maître » (deux occurrences), le « Supérieur », le « Seigneur », Arnolphe dit clairement sa conception du rôle de l'homme dans le cadre du mariage. Dans ces énumérations (v 707 et 708 ainsi qu'au vers 712) la supériorité supposée de l'homme sur la femme apparaît de façon écrasante. On relève également le verbe « gouverner » qui désigne le fait de diriger la conduite de quelqu'un, de commander. Arnolphe appartient à la moitié de la société qui domine l'autre puisque ces deux moitiés « n'ont point d'égalité » (v702).  Qu'en est-il de cette deuxième moitié ?

        Le rôle de la femme dans le cadre du mariage est du côté de la soumission. Cette idée est prépondérante dans la tirade d'Arnolphe. Ainsi on relève un grand nombre de termes constituant une isotopie de la soumission qui disent la dépendance et l'infériorité : « subalterne », « soumise », « soldat », « l'obéissance » (deux occurrences), « l'humilité », « Valet », « Enfant », « Petit Frère », « docilité », « profond respect ». La moitié « subalterne » (v703) accède par le biais du mariage à un « rang », soit à un statut qui implique des devoirs et des sacrifices ainsi qu'une attitude sérieuse et austère. La femme sans l'homme n'est rien, le terme « moitié » revient d'ailleurs à quatre reprises dans le texte. Répétition presque lancinante (pour impressionner Agnès sans doute) tout comme l'évocation de l'honneur qu'Arnolphe dit abandonner à Agnès (v 724-725 et 733). Pour le mériter, elle se doit d'être pure et sa conduite irréprochable. Comme le lui dit Arnolphe : « votre âme » doit être « comme un lis, blanche et nette » (comparaison où l'on relève un champ lexical de la pureté) et pour cela la femme doit résister à un grand nombre de tentations.

        La bonne épouse doit oublier toute idée de plaisir. Le « badinage », le « bon temps » et le libertinage sont à bannir. Puisqu'elle doit faire preuve d'austérité et de sérieux afin de mériter son statut. Tout ce qui amènerait la femme à ne pas se soumettre aux ordres imposés par le mari s'assimile à des « assauts du malin » (on notera l'argument religieux), des tentations ou des mauvais exemples. L'idée de ne pas subir des influences revient deux fois dans notre extrait : « ne vous gâtez pas sur l'exemple d'autrui » et « Gardez-vous d'imiter ces coquettes vilaines ». La bonne épouse ne doit ainsi pas regarder ce qui se passe à l'extérieur de son ménage, sous peine de prendre conscience de son enfermement et de l'état d'aliénation dans lequel elle vit. Moitié soumise, moitié objet dépourvue de volonté, de plaisir, voire d'identité puisqu'elle n'existe que pour l'époux qui la soumet et lui dit quand elle peut le regarder (Lorsqu'il jette sur elle un regard sérieux,/Son devoir aussitôt est de baisser les yeux, /Et de n'oser jamais le regarder en face). Le couple n'est pas dans la conception d'Arnolphe le lieu de l'intimité et du désir mais celui de la peur et de la distance. Le regard de l'épouse est verrouillé. Tout comme ses autres sens d'ailleurs puisque ceux-ci sont les vecteurs du plaisir. Arnolphe, faisant une allusion directe à Horace, dit d'ailleurs à Agnès qu'elle ne doit « ouïr aucun jeune blondin ». Le sens de l'ouïe est souvent évoqué (« ce qu'entendent mal les femmes d'aujourd'hui » puis, « ces coquettes vilaines / Dont par toute la Ville on chante les fredaines » et enfin « Ce que je vous dis là ne sont point des chansons » ) afin de mettre en garde Agnès contre le danger qu'il représente. La seule chose qu'Agnès doit entendre c'est le discours d'Arnolphe sous peine de risquer de graves dangers.

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