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Analyse de la scène 7 Acte III de la tragédie Andromaque de Jean Racine

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Par   •  28 Mars 2012  •  2 503 Mots (11 Pages)  •  5 990 Vues

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ANDROMAQUE : Commentaire de la tirade de Pyrrhus Acte III, scène VII.

Au lendemain de la guerre de Troie, Andromaque, la veuve du troyen Hector tué au combat par Achille père de Pyrrhus actuel roi d'Épire, est avec son fils Astyanax prisonnière dans le palais de Pyrrhus à Buthrot.

Or il se trouve que les grecs voulant éviter une reprise ultérieure des hostilités avec les troyens décident supprimer Astyanax avant qu'il ne devienne l'éventuel chef de fil de la vengeance des troyens.

Pour cela ils envoient Oreste demander à Pyrrhus de leur livrer Astyanax.

Oreste accepte cette mission car il est amoureux d'Hermione promise à Pyrrhus. Hermione est elle-même amoureuse de Pyrrhus, lequel est subitement tombé amoureux d'Andromaque, qui, elle, reste fidèle à Hector, mort.

C'est l'argument sur lequel Racine va construire le drame d'Andromaque pièce en 5 actes parue en 1667. Comment la chaine fatale des amours sans retour va-t-elle pouvoir être rompue?

Pyrrhus veut épouser Andromaque, mais il est évident que tout les oppose.

Comment va-t-il alors tenter de la persuader de devenir son épouse?

C'est ce qui est montré au cours de l'acte III dans la scène VII qui suit.

1 ………………………..Madame, demeurez.

2 On peut vous rendre encor ce fils que vous pleurez.

3 Oui, je sens à regret qu’en excitant vos larmes

4 Je ne fais contre moi que vous donner des armes.

5 Je croyais apporter plus de haine en ces lieux.

6 Mais, Madame, du moins tournez vers moi les yeux :

7 Voyez si mes regards sont d’un juge sévère,

8 S’ils sont d’un ennemi qui cherche à vous déplaire.

9 Pourquoi me forcez-vous vous-même à vous trahir ?

10 Au nom de votre fils, cessons de nous haïr.

11 À le sauver enfin c’est moi qui vous convie.

12 Faut-il que mes soupirs vous demandent sa vie ?

13 Faut-il qu’en sa faveur j’embrasse vos genoux ?

14 Pour la dernière fois, sauvez-le, sauvez-vous.

15 Je sais de quels serments je romps pour vous les chaînes,

16 Combien je vais sur moi faire éclater de haines.

17 Je renvoie Hermione, et je mets sur son front,

18 Au lieu de ma couronne, un éternel affront.

19 Je vous conduis au temple où son hymen s’apprête,

20 Je vous ceins du bandeau préparé pour sa tête.

21 Mais ce n’est plus, Madame, une offre à dédaigner :

22 Je vous le dis, il faut ou périr ou régner.

23 Mon cœur, désespéré d’un an d’ingratitude,

24 Ne peut plus de son sort souffrir l’incertitude.

25 C’est craindre, menacer et gémir trop longtemps.

26 Je meurs si je vous perds, mais je meurs si j’attends.

27 Songez-y : je vous laisse, et je viendrai vous prendre

28 Pour vous mener au temple où ce fils doit m’attendre.

29 Et là vous me verrez, soumis ou furieux,

30 Vous couronner, Madame, ou le perdre à vos yeux.

Jusqu'à ce moment Andromaque est restée insensible aux propositions de Pyrrhus au point que celui-ci semble être décidé à répondre favorablement à la demande de ses alliés grecs en leur livrant Astyanax. Mais après un jeu d'évitement dans la scène précédente où Pyrrhus et Andromaque se cherchent et se croisent, et où tout semble être définitivement joué, Pyrrhus reprend espoir et tente une dernière argumentation.

Bien que l'exposition des méandres des arguments et des sentiments ne se fasse pas de façon tranchée, sa stratégie va se développer en trois temps. En dernier, le temps de la menace, précédé d'un temps de prière, voir de supplique désespérée par laquelle une grâce est sollicitée. Mais avant cela, du tout début jusqu'à "trahir" Pyrrhus se présente hésitant, plaintif, comme désappointé. Bien sûr, il est le roi et il donne toujours des ordres :

Madame, demeurez."

Mais immédiatement après, il présente ses regrets, ceux d'un homme maladroit : tout ce qu'il fait se retourne contre lui :

"Je ne fais contre moi que vous donner des armes".

Il n'est finalement pas aussi sûr de lui qu'il en a l'air : il sent, il regrette, il croyait – c'est donc qu'il reconnaît s'être trompé – Il ne comprend plus rien. Il en appelle à Andromaque dont il cherche à capter le regard. On devine que dans le jeu de scène Andromaque se détourne fièrement du regard de son geôlier. Tout de même, bien qu'abaissée au rang d'esclave elle était naguère une princesse de haut rang. Elle ne peut en plus de sa déchéance tomber sous l'emprise des sentiments du vainqueur de Troie et renoncer à tout ce qui a fait sa grandeur. Les yeux sont importants, c'est par eux que passe le trouble des sentiments et que Pyrrhus espère atteindre Andromaque.

"Mais, Madame, du moins tournez vers moi les yeux"

Le "mais" s'oppose à un "du moins" restrictif. Par ce "du moins" Pyrrhus implicitement attend d'Andromaque une concession. C'est le Roi qui demande un geste, un regard de pitié de sa captive. Si elle accède à sa prière elle verra qu'il n'est ni un "juge sévère" ni un "ennemi".

C'est un retournement des positions, une inversion des rôles: il n'est pas un juge sévère et lui demande d'en

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