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Tirade de Gennaro

Commentaire de texte : Tirade de Gennaro. Recherche parmi 304 000+ dissertations

Par   •  28 Mars 2026  •  Commentaire de texte  •  1 208 Mots (5 Pages)  •  13 Vues

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EXEMPLE DE COMMENTAIRE SUR LUCRECE BORGIA  ( extraitp. 176)

        Les personnages méchants ont toujours fasciné le public, que ce soit des personnes réelles, comme Dahmer, ou des personnages de fiction, comme Médée. Victor Hugo, connu pour être le chef de file du courant romantique, et l’un des plus grands auteurs de la littérature française avec Les Misérables ou Notre dame de Paris, a repris quant à lui le personnage de Lucrèce Borgia, appartenant à la célèbre famille italienne de la Renaissance, pour écrire un drame romantique en 1833. Dans sa pièce éponyme, il raconte le moment où elle retrouve son fils caché, Gennaro. Mais celui-ci, ne sachant pas que c’est sa mère, décide de venger ses amis en offensant Lucrèce et en déformant son nom. Nous verrons en quoi cette scène crée de la tension dramatique. Nous verrons dans un premier temps la colère de Gennaro puis, dans un deuxième temps, la portée tragique de la scène.

 

        Dans un premier temps, nous pouvons analyser la colère de Gennaro.

        Tout d’abord, nous remarquons la prise de conscience de Gennaro vis-à-vis des actes criminels qu’a commis Lucrèce Borgia. Il ne sait pas encore que c’est sa mère, mais découvre que cette femme qui l’aime et pour qui il a de la sympathie fait peur à toute l’Italie. Ainsi, les termes péjoratifs comme « maudite », « odieuse » témoignent du renversement des sentiments de Gennaro à l’égard de Lucrèce Borgia. La modalité exclamative vient renforcer ce revirement. Le pronom démonstratif « celle-là » montre aussi son dégoût et sa prise de distance envers elle. Cette répulsion apparaît aussi dans la gradation « m’obsède, m’investit, m’assiège » qui renverse l’affection de Lucrèce en un sentiment malsain que Gennaro ne peut plus supporter. De plus, en la comparant avec un « spectre », qui vaut donc à Lucrèce une réputation de femme effrayante, Gennaro la dénigre en public. Enfin, l’énumération des crimes de Lucrèce précédée de l’anaphore « palais » permet d’insister sur ses péchés et de faire ressentir au spectateur le profond dégoût de Gennaro envers elle.

        Ce changement de sentiment le pousse à vouloir se venger. Cette vengeance apparaît avant tout dans la didascalie « il monte sur un bac de pierre... ». En effet, celle-ci explique que Gennaro transforme le nom propre « Borgia » en « orgia » ce qui ressemble à « orgie » en français. Par ce jeu de mots, il affiche donc en public toutes les infamies qui font la réputation de Lucrèce, sa débauche.  Or, Gennaro a conscience de ses actes et les revendique, en utilisant le futur quand il parle de vengeance, dans le parallélisme de construction l. 14-15 : « je le remplacerai près de toi, je le vengerai près d’elle ». Ce futur montre un certitude, d’autant qu’il est renforcé par une exclamation.  De même le présent du verbe « vouloir » dans « je veux la mettre au moins au front », ainsi que l’utilisation de la première personne du singulier en sujet montre cette même volonté de vengeance. Enfin la métonymie « front de son palais » montre que Gennaro veut que cette vengeance soit publique, que le nom de Lucrèce soit publiquement diffamé.

        Ainsi, par l’affirmation de son dégoût et de sa vengeance, Gennaro laisse éclater sa colère contre Lucrèce Borgia.

        Mais celle-ci rend ce passage particulièrement tragique.

        En effet, le spectateur ne peut que constater l’incompréhension de Gennaro, ce qui crée de la pitié. Le spectateur sait que Lucrèce est la mère de Gennaro, contrairement à ce-dernier. Diffamer celle-ci, c’est salir son propre nom. On peut voir cette incompréhension à travers l’exclamation « par ma mère » qui indique l’ironie tragique : il est en effet tragique que Gennaro n’ait pas conscience qu’il répudie sa propre mère. D’autres indices d’ironie tragique sont présentes dans le texte, en particulier le terme « inceste » dans l’énumération des crimes du palais. Ce terme fait en effet référence à ce qu’on connaît de l’Histoire de Lucrèce Borgia, dont on sait qu’elle a eu des relations incestueuses avec ses frères. Ce terme renvoie donc implicitement à la naissance de Gennaro, sans qu’il en ait conscience. De plus, l’incompréhension de Gennaro s’observe à travers les nombreuses questions qu’il se pose, comme « par où ai-je pu mériter l’amour d’une Lucrèce Borgia ? ». Cette question montre qu’il voit en elle seulement une amante et est à mille lieues de comprendre qu’il s’agit de sa mère, ce qui est confirmé par la périphrase « il m’aime, ce spectre, et veut se coucher dans mon lit ».

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