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Tirade De Créon dans la pièce de théâtre Antigone de Jean Anouilh

Commentaires Composés : Tirade De Créon dans la pièce de théâtre Antigone de Jean Anouilh. Recherche parmi 265 000+ dissertations

Par   •  3 Mai 2012  •  1 364 Mots (6 Pages)  •  1 770 Vues

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Nous étudierons en premier lieu les images employées par Créon pour parler de l’État,

et nous en interrogerons l’efficacité ; puis, nous analyserons les procédés de la persuasion

dans cette tirade.

Nous étudierons comment l’Etat est évoqué sous forme d’image dans ce passage et

quel effet cette évocation cherche à produire sur Antigone.

L’image en question commence à apparaître à partir des lignes 15-16 lorsque Créon dit

qu’il « faut pourtant qu’il y en ait qui mènent la barque ». On comprend que l’Etat est représenté

comme un bateau en mer, avec toutes les difficultés et tous les dangers qui accompagnent

cette sorte de navigation : ces dangers peuvent venir de l’extérieur mais également de

l’intérieur. Le danger extérieur qui est évoqué est celui de la tempête qui menace de faire couler

le bateau : « cela prend l’eau de toutes parts […] et le mât craque, et le vent siffle, et les

voiles vont se déchirer » (lignes 16 et 19-20) ; ces dangers extérieurs qui menacent le bateau

font alors référence aux dangers extérieurs qui menacent un Etat, comme les invasions, les

pillages… (n’oublions pas que la pièce de théâtre est censée se dérouler pendant l’Antiquité).

Cette tempête sera de nouveau évoquée à la fin du passage, sous la forme de « la montagne

d’eau » (ligne 24) devant laquelle « on redresse » ou de « la vague qui vient de s’abattre sur le

pont » ; enfin, le mot « tempête » apparaît lui-même à la ligne 28. L’image du bateau a fonctionné

pour représenter un premier aspect de l’Etat : les dangers extérieurs qui menacent de le

faire s’effondrer.

Les paroles de Créon contiennent également des références claires aux dangers intérieurs

à tout Etat : la rébellion, l’égoïsme et l’individualisme des citoyens. En ce qui concerne

le bateau, on retrouve alors les expressions suivantes : « l’équipage ne veut plus rien faire »,

« les officiers sont déjà en train de se construire un petit radeau confortable, rien que pour

eux », « toutes ces brutes […] ne pensent qu’à leur peau, à leur précieuse peau et à leurs petites

affaires » (lignes 17 à 21). On comprend que le roi est alors logiquement le capitaine, qui

veille sur le bateau, contre tous ces dangers.

C’est justement par rapport à la position du capitaine que Créon veut produire un effet

sur Antigone. On constate que les dangers, aussi bien extérieurs qu’intérieurs, sont évoqués

avec des termes forts : une hyperbole qui souligne la menace de l’eau avec l’expression « de

toutes parts » ; des expressions violentes qui font sentir que le bateau peut disparaître à tout

moment : « craque », « siffle », « se déchirer » ; une description menaçante de la tempête,

sous la forme d’une « montagne d’eau », image d’un danger énorme et d’une vague qui vient

de « s’abattre », autre terme fort. Cette évocation sert à montrer à quel point le rôle du capitaine

est difficile, et la nécessité qui est la sienne d’agir, sans tenir compte des amitiés individuelles,

pour sauver l’Etat.

Lorsqu’on regarde les mots qui décrivent le danger qui vient de l’équipage, on constate

la même brutalité dans les expressions : des hyperboles avec « ne veut plus rien faire » ou

« rien que pour eux » et « toutes ces brutes » qui soulignent les difficultés du roi, confronté à

beaucoup d’obstacles ; des expressions péjoratives qui évoquent l’égoïsme des citoyens avec

le mot « peau » et les « petites affaires ». Créon veut faire comprendre à Antigone que les

dangers sont nombreux et que beaucoup d’énergies s’opposent à la bonne marche du bateau.

Nous nous demanderons maintenant comment Créon essaie de persuader Antigone.

La persuasion est une forme d’argumentation qui agit sur les sentiments de

l’interlocuteur : ses attentes, ses craintes, contrairement à d’autres formes d’argumentation qui

se situent plus dans le domaine de la logique. La didascalie initiale, ligne 14, montre comment

Créon essaie de persuader Antigone avec une certaine force, d’abord physique, puis verbale :

« la secoue soudain, hors de lui » fait comprendre que face à la résistance d’Antigone, Créon

utilise maintenant des moyens plus forts. L’indication « hors de lui » souligne la force des

paroles

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