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Francis Ponge, Le Parti Pris Des Choses, Présentation

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Par   •  19 Novembre 2012  •  2 799 Mots (12 Pages)  •  1 420 Vues

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Le Parti pris des choses

1942

Francis Ponge (1899-1988)

Présentation

I. L’homme

I. 1. Du jardin à la bibliothèque

Francis Ponge naît à Montpellier, le 27 mars 1899. Sa famille s’installe en Avignon. Le jardin qui entoure la demeure familiale devient pour lui le lieu de tous les bonheurs. Dans ce vert paradis des découvertes enfantines, il apprend à observer et aimer le monde qui l’entoure.

L’apprentissage du latin, la lecture des auteurs antiques (Horace, Lucrèce) et classiques (Malherbe, La Fontaine), la découverte du Littré, le « merveilleux dictionnaire » que renferme la bibliothèque paternelle, renforce ses convictions : le monde des mots est aussi riche, aussi réel, aussi fécond, que le monde des choses.

I. 2. De la douleur au monde muet

En mai 1923, Armand Ponge, le père du poète, meurt brutalement. Francis Ponge en est profondément bouleversé.

De ces années de douleur, d’incertitude, naît une idée dont jamais il ne se départira : lorsqu’on est au bord du gouffre et qu’on a le vertige, lorsqu’on peut tout entier basculer dans le vide, il est vain de vouloir philosopher sur « la chute ou le désespoir ». C’est au plus près qu’instinctivement il faut regarder. Regarder attentivement le caillou qui est à ses pieds ; regarder la fleur, le brin d’herbe « pour ne pas voir le reste ».

A la fin des années 20, Ponge se tourne délibérément vers le monde tangible, stable et rassurant des objets. Ce faisant, il tourne le dos aux gouffres intérieurs ; il échappe aux troubles de l’âme, surmonte son désenchantement.

I. 3. Le poète à l’œuvre

A la fin des années 20, Ponge se rapproche du mouvement surréaliste qui occupe encore le devant de la scène littéraire et artistique, et se lie d’amitié avec Eluard. Mais son adhésion au groupe est fugace, superficielle. Alors que les surréalistes proclament la toute-puissance de l’irrationnel, du rêve, de la folie, Francis Ponge, en silence, avec la naïve fierté d’un artisan du langage, entreprend de façonner une œuvre radicalement nouvelle, radicalement autre. Son activité poétique ne tend pas à repousser les limites du possible ou à saisir l’insaisissable. Elle consiste simplement à se tourner vers le monde stable et rassurant des objets pour s’éloigner des gouffres intérieurs. Il y a chez Ponge une méfiance à l’égard de l’irrationnel, du rêve, de la folie, qui le pousse à ne pas « faire étalage des troubles de l’âme ».

En 1931, il épouse Odette Chabanel et doit se résoudre à trouver un emploi. Il entre aux messageries Hachette. Accablé par le travail et les soucis financiers, parce qu’il ne dispose, pour créer, que de vingt petites minutes, le soir, avant d’être envahi par le sommeil, Ponge choisit, à cette époque, de n’écrire que des textes brefs. Avec finesse et naïveté, il tente alors de saisir « presque chaque soir un nouvel objet » et lui consacre un court poème. De cette expérience naîtront des poèmes comme « Le Pain », « L’Huître » ou « Le Cageot »

Pendant la guerre, il s’engage progressivement dans la Résistance, héberge des clandestins, devient « agent de liaison » dans la zone Sud.

II. Une œuvre généreuse et novatrice

II. 1. Les œuvres

Avant 1942, Ponge a beaucoup écrit mais n’a quasiment rien publié. Le Parti pris des choses est donc sa première œuvre majeure

Prendre le parti des choses, c’est s’intéresser pour eux-mêmes :

- Aux objets : « Le Cageot », « Le Pain »

- Aux animaux : « L’Huître », « Le Mollusque »

- Aux végétaux : « Les Mûres », « La Mousse »

- Aux lieux du quotidien : Les « Bords de mer », « Le Restaurant Lemeunier rue de la Chaussée-d’Antin »

1. Proêmes, 1948 (texte de réflexion)

2. La Rage de l’expression, 1952

3. Pièces, 1961

4. Méthodes, 1961 (texte de réflexion)

5. Pour un Malherbe, 1965 (texte de réflexion)

II. 2. L’expression poétique

La nouveauté du Parti pris des choses, comme celle de L’Etranger, réside dans une rupture ostensible et violente avec la tradition humaniste. Bien des textes débutent par un mode d’évocation descriptif, qui fait droit à la simple objectivité. Mais cette objectivité n’est que feinte : dans le même temps s’opère une recomposition et une transfiguration de la « chose » par un langage qui puise dans le sensible, l’affectif, le subjectif, en réintroduisant par la comparaison ou la métaphore la présence du sujet humain.

La plupart des textes qui composent Le Parti pris des Choses (1942) peuvent être schématiquement considérés comme des poèmes en prose. Ce recueil rassemble, en effet, une trentaine de textes autonomes, clos sur eux-mêmes, et souvent fort brefs. Ponge se tourne vers les objets du quotidien, les plantes et les animaux les plus insignifiants, les réalités injustement laissées pour compte. Il entend les réhabiliter, leur donner la parole, s’en faire l’interprète. Il veut les faire vivre, dans le texte et par le texte.

II. 3. L’expression en fabrique

Ponge a pris l’habitude de donner à lire ses brouillons en publiant les états successifs de son travail. Le poète ne propose pas un texte achevé mais un texte dans tous ses états, un texte en cours d’élaboration, un livre en train de s’écrire.

III. La poétique de Ponge

III. 1. Une poétique du refus

Francis Ponge est d’abord un rebelle. Son travail de création s’affirme comme un « effort contre la poésie »

Un dégoût des paroles

Dans ses Entretiens avec Philippe Sollers, Ponge affirme que c’est par dégoût du langage

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