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Corpus De Texte : Pantagruel (Rabelais), Les Regrets (Du Bellay), Les Essais (Montaigne): quelles conceptions du voyage ces auteurs nous offrent-ils ?

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Par   •  10 Novembre 2012  •  603 Mots (3 Pages)  •  2 154 Vues

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Le chapitre XXXII du roman de François Rabelais, Pantagruel, tout comme le poème XXXI des Regrets, de Joachim Du Bellay, ainsi que les Essais, de Montaigne, traitent d’un même thème : le voyage. Mais quelles conceptions du voyage ces auteurs nous offrent-ils ? Il s’agira dans un premier temps de souligner l’importance du voyage à valeur initiatique présente dans ces trois textes, avant d’évoquer le différent de ces auteurs quant au patriotisme.

Rabelais, tout comme Du Bellay et Montaigne, pense que le voyage est essentiel pour l’apprentissage. D’après lui, l’Homme se doit de voyager afin de connaître au mieux les horizons qui ne sont pas les siens. Il doit être curieux, et ne pas s’arrêter à ce qu’il connait, et au contraire, il doit apprendre à connaître les autres, là où ils vivent, leurs mœurs, car « la moitié du Monde ne sait pas comment l’autre vit ». Pour Du Bellay, le voyage permet à l’Homme de s’améliorer soi-même, d’être plus sage et plus expérimenté, il revient en effet « plein d’usage et raison ». Enfin, Montaigne considère le voyage comme un « exercice profitable », qui permet à l’Homme d’enrichir son esprit, mais aussi d’ouvrir cet esprit. D’après Montaigne, on ne peut être tolérant que s’il on est conscient du fossé culturel qui nous sépare d’autrui. En effet, le voyageur est confronté à « la diversité de tant d’autres vies, opinions et usages » qui fait travailler son esprit. Cependant, la valeur initiatique du voyage est la seule qui soit partagée par les auteurs dans ces trois textes.

En effet, le poème de Du Bellay est empreint d’une certaine nostalgie. Il est lui-même à Rome, et avoue que son pays natal lui manque, il préfère son « petit Liré que le mont Palatin ». Il accorde au voyage une certaine importance, mais reste très attaché au lieu où il est né, où il a grandi, dont il est fier : « Plus mon Loire gaulois que le Tibre Latin ». Il place donc sa culture au-dessus des autres, et pense qu’on ne peut pas être plus heureux que chez soi. Montaigne s’oppose radicalement à cette nostalgie, et souligne le danger de ce patriotisme. D’après lui, ceux qui « restent attachés à leurs façons de vivre abominent celles des étrangers ». Si le voyage est si important pour lui, c’est justement parce que l’Homme doit se détacher de ses coutumes, de ses traditions, qui ne doivent pas le définir. Il a « honte de voir ses compatriotes […] s’effaroucher des manières contraires aux leurs », et critique ceux qui, comme Du Bellay, « ne partent en voyage que pour faire le retour ». Il est lui, au contraire, « fatigué de –ses- façons de vivre », et ne place pas ses valeurs et sa manière de vivre au-dessus de celles des autres, qu’il a apprises à respecter. Rabelais, avec son voyage imaginaire, s’accorde mieux avec Montaigne qu’avec Du Bellay. Alcofribas Nasier découvre des nouveaux pays tous plus merveilleux les uns que les autres, trouvant ainsi « les plus beaux lieux du monde », où l’on fait « meilleure chère que jamais », où l’on peut « -gagner- un peu d’argent pour vivre […] à dormir ». Il rejoint donc Montaigne, et affirme que l’on peut trouver mieux ailleurs, que la différence a parfois du bon, qu’il faut savoir accepter le changement.

Ainsi, bien que les trois auteurs aient beaucoup voyagé et qu’ils reconnaissent tous au voyage une

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