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Verlaine, Romances sans paroles, « Charleroi »

Fiche de lecture : Verlaine, Romances sans paroles, « Charleroi ». Recherche parmi 304 000+ dissertations

Par   •  14 Avril 2026  •  Fiche de lecture  •  1 487 Mots (6 Pages)  •  9 Vues

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Texte n°4 – VERLAINE, Romances sans paroles, « Charleroi »

Introduction :

Verlaine est un poète majeur du XIXe siècle, souvent associé au mouvement symboliste, qui cherche à exprimer les sensations et les impressions plutôt qu’à décrire la réalité de manière objective. Ce poème de Paul Verlaine, intitulé « Charleroi », est extrait du recueil Romances sans paroles. Ce recueil a été écrit par Verlaine lors de sa fuite avec Rimbaud en Angleterre puis en Belgique en 1874. C’est le 2ème poème de la 4ème partie intitulée « Paysages belges ». Ce poème s’inscrit dans le parcours « la poésie : émancipations créatrices ». Ce poème a pour but de faire découvrir la ville industrielle de Charleroi, située dans une région minière, telle qu’il semble l’avoir découverte depuis un train lors de son voyage en Belgique. Le poète propose une vision surprenante et troublante d’un paysage industriel. À travers une écriture fragmentée et très sensorielle, il mêle impressions visuelles, sonores et olfactives, créant une atmosphère à la fois étrange et inquiétante.

Nous pouvons alors nous demander : Comment Verlaine transforme la description d’un paysage industriel en une expérience sensorielle déroutante et poétique ?

Pour répondre à cette question, nous verrons d’abord comment le poète met en scène une atmosphère étrange, puis comment le paysage industriel est perçu à travers les sens du poète, puis comment il intensifie cette impression inquiétante avant de refermer le poème comme il l’a commencé.

MOUVEMENTS DU TEXTE

Le poème est composé de 7 strophes carrées (le nombre de vers par strophe (4) = le nombre de syllabes par vers (4). On peut également dire 7 quatrains de tétrasyllabes (4). Ceci semble vouloir mimer le rythme saccadé du train qui roule et qui empêche de voir distinctement le paysage qui défile par la fenêtre. On peut dire que la structure du poème suit le parcours du train. Le poème présente des rimes embrassées (ABBA) et un refrain (début et fin du poème).

Mouvement

Idée

1 (quatrain 1 et 2)

Une atmosphère étrange : paysage fantastique et indéterminé

2 (quatrain 3 et 4)

Une vision sensorielle infernale de la ville industrielle

3 (quatrain 5 et 6)

Une inquiétude qui redouble d’intensité

4 (quatrain 7)

Retour au début (refrain)

PROCÉDÉS + ANALYSE

Citation

Procédé

Effet

Une atmosphère étrange : paysage fantastique et indéterminé

« Romances sans paroles »

Oxymore (ou paradoxe)

 Le titre repose sur un paradoxe, car il associe l’idée de “romances”, qui renvoie au chant et aux paroles, à l’expression “sans paroles”. Cela souligne le projet poétique de Verlaine, qui privilégie la musicalité et les sensations plutôt que le sens explicite. On peut l’associer à la technique impressionniste

« Herbe noire »

Oxymore

- Atmosphère fantastique dès le début du poème.

Nota : Un oxymore (= une association inattendue) : L’herbe n’est pas verte (notion de nature, de vie) mais noire (notion de saleté, de mort). Cela déforme la nature qui devient hostile et cela annonce le monde industriel sombre. Le paysage représente un état d’âme.

« Kobolds »

Atmosphère fantastique

Les Kobolds sont des créatures germaniques imaginaires qui vivent dans les mines (sous terre) pour forger le fer.

« Le vent profond Pleure, on veut croire »

Personnification

+ Enjambement

Le rejet du verbe « pleure » au début du vers suivant mais en avant l’émotion négative, effet pathétique, met mal à l’aise de lecteur. Atmosphère triste ;

« Le vent profond Pleure, on veut croire »

Allitérations

(v, r)

Sensations auditives. Effet sonore.

« Le vent profond »

Oxymore

Adjectif inattendu pour le vent => Sensations oppressantes.

« On veut croire »

Pronom indéfini

« On » = inconnu => contribue à l’atmosphère énigmatique.

« quoi donc se sent ? »

Plan syntaxique incorrect

La phrase interrogative met du doute. Confusion des sensations : sentir (odorat) ou sentir (toucher) ?

« l’avoine siffle », « un buisson gifle »

Allitérations (s, f)

+ Personnification

Miment la vitesse, le déplacement

Nature est agressive, sensations désagréables

« gifle 

L’œil au passant »

Oxymore

On s’attend plutôt à gifler une joue et non un œil. Renforce l’effet de surprise.

Le passant est quelqu’un d’indéterminé => caractère fantastique.  « Passant » = Notion de déplacement

Une vision sensorielle infernale de la ville industrielle

La 3ème strophe

Phrase nominale

(sans verbe)

Les éléments du décor sont juxtaposés comme si la vitesse du train empêchait la formulation d’une phrase complète.

Impressions prises sur le vif, effet naturel et spontané.

« Bouges »

Terme péjoratif

Décor peu accueillant, notion de pauvreté, insalubrité

Bouges = maison malfamée.

« forges rouges ! »

Exclamation

L’exclamation indique soit de la peur, ou du dégout ?

Apparition de la ville industrielle avec les forges. Les forges rouges représentent la métallurgie de l’enfer (« rouge » renvoie au feu de l’enfer). Critique du monde contemporain (industriel)

« On sent donc quoi ? »

Chiasme

Le chiasme est une figure de style qui inverse l'ordre des termes dans deux parties de phrase pour créer un parallèle

: Eccho du vers 5. L’indétermination / l’absence de réponse crée de l’angoisse.

« Des gares tonnent »

Personnification + Hyperbole

Les gares (objet inerte) renvoient aussi à un paysage moderne menaçant => La révolution industrielle renvoie à la peur du ciel qui gronde.

Violence des impressions sonores.

« Les yeux s’étonnent »

Métonymie

Métonymie = utiliser une partie pour parler d’un tout (ici = les yeux représentent les personnes qui regardent).
Verlaine fait encore appel à des parties du corps (l’œil, les yeux), ce qui déshumanise (pas de présence humaine claire)

« Où Charleroi »

Phrase elliptique

Verlaine a le souffle coupé. Il n’a plus les mots pour dire la phrase entière « où est Charleroi ? ». Le poète est perdu.

Une inquiétude qui redouble d’intensité

Toute la strophe 5 et 6

Allitération en r et s

Violence, sifflements : vent, bruit des machines, du train

« Parfums sinistres »

Oxymore

Association inattendue avec oppositions positif/négatif : Ce qui semble être une bonne chose (« parfum ») apporte en définitif le malheur (« sinistre »). On peut penser que le monde industriel (qui apporte modernité) n’est pas tout à fait que positif.

« Qu’est-ce que c’est ? »

Phrase interrogative

L’auteur est stupéfait. Pas de réponse. Il est perdu.

« Quoi bruissait comme des sistres ? »

Syntaxe incorrecte

+

Comparaison

Quoi bruissait .. ? la mauvaise tournure traduit le malaise. *Bruisser = Faire entendre un bruit léger et confus. Sistres = instrument d’Egypte métallique. Verlaine n’arrive pas à identifier ce qu’il entend. Il utilise la comparaison pour montrer cette difficulté. Il en appelle à une comparaison lyrique (sistre). Importance de la musicalité chez Verlaine. Recherche-t-il encore un espoir de saisir ce monde nouveau en se référant au passé ?[pic 1]

« Brutaux » « Cris » « Sueur »

Champs lexical

De la souffrance.

Importance des sensations

« Oh ! votre haleine, Sueur humaine »

Interjection

« Oh ! » : connote l’effroi, le malaise. souhait de dénoncer la violence et les mauvaises conditions ouvrières (tâches difficiles, impression de labeur),

Déshumanisation : les ouvriers ne sont pas explicitement nommés.

Sites brutaux et Cris des métaux (A, A) Haleine, Sueur (B,B)

Rime embrassée ABBA

L’humain est enclavé par les machines et le métal qui sont  humanisées (personnification : « cris » « brutaux ») et les hommes réduits à l’effet du labeur (« sueur » « haleine »)

Retour au début (refrain)

Dernière Strophe

Reprise/Refrain

Structure circulaire du poème qui laisse ouvert l’interprétation : 1/ le train a passé son chemin, éloignement de Charleville et retour au calme. 2/ On peut se raconter des histoires (légende Kobolds) mais la nature, elle, n’est pas dupe (« elle pleure ») car elle en paie le prix et c’est dans la nature de l’homme de se bercer d’illusion (« on veut croire »). On peut lire ici une critique du monde moderne. Le refrain accentue l’enfermement, c’est-à-dire la fatalité de l’homme condamné à la recherche de progrès.

Conclusion / Réponse à la problématique :

...

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