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Droit De Vote Des Femmes: Le combat des femmes sous la Troisième République (1871-1940)

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Par   •  9 Novembre 2012  •  1 408 Mots (6 Pages)  •  2 402 Vues

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Le combat des femmes sous la Troisième République (1871-1940)

La femme, symbole de la République

L'Etat Républicain s'installe à la fin du XIXème siècle sans pour autant reconnaître à la moitié de ses ressortissants le statut de citoyen. Pourtant, la République prit pour symbole une femme : Marianne. Durant cette troisième République La " mariannolâtrie" permit aux femmes de bénéficier de quelques avancées civiles, notamment dans les domaines de l'instruction, du droit du travail et de l'accès aux professions, même si en terme juridique, le Code Napoléon pesait de tout son poids contre l'émancipation juridique des femmes. Politiquement, le mouvement féministe stagnait du fait que le mouvement féministe n'accordait pas la priorité aux droits politiques.

La question du droit de vote et du mouvement féministe : les différentes stratégies

Maria Deraismes et Léon Richer

Le couple leader du féminisme, Maria Deraismes et Léon Richer, hésite à s'engager sur le terrain

politique par anticléricalisme, craignant l'influence réactionnaire de l'Eglise mais aussi parce qu'ils

estiment que la République est encore trop fragile. Ainsi, la tendance dominante du féminisme

resta longtemps modérée, ce qui explique que Léon Richer avait interdit que l'on parle du droit de

vote des femmes à son congrès de 1878.

Hubertine Auclert

La première suffragette française, Hubertine Auclert, pensait que le droit de vote devait être le préalable nécessaire à toute évolution pour les femmes. C'est en possédant le suffrage universel que les femmes pourraient accéder au progrès politique et social. Hubertine Auclert fit donc passer l'émancipation politique des femmes en priorité, avant l'émancipation civile. Elle obtient un vif succès sur le terrain politique mais elle ne fut pas relayée dans ses actes par les politiciens de l'époque. Elle décida alors de recourir aux méthodes des suffragettes anglaises, qui choquaient l'opinion publique. Ainsi, après avoir reçu son avis d'imposition de 1880, elle refusa de s'acquitter de ses impôts estimant que, ne votant pas, elle n'avait pas à payer. Elle finit cependant par payer, après avoir mené sa procédure jusque devant le Conseil d'Etat. Mais elle avait fait le lien entre droit électoral et le droit civique, lien qu'elle défendit âprement dans son journal " La Citoyenne ", fondé en 1881. Hubertine Auclert, en soulignant les spécificités que pourraient apporter les femmes grâce au droit de vote, mettait le doigt sur un point important : le vote des femmes devait avoir un

effet de moralisation sociale. Cette conception devait profondément marquer le féminisme français de la fin du XIXème siècle et du début du XXème siècle. Les femmes pensaient que leur vote permettrait d'entreprendre de grandes réformes sociales et de garantir la paix. Ainsi, les suffragettes des années 1920 brandissaient-elles des pancartes " pour supprimer les taudis ", " pour combattre l'alcoolisme ". Joseph Barthélémy reprit cette thèse, expliquant que la femme devait pouvoir faire valoir politiquement ses préoccupations de mère et de travailleuse au même titre qu'elle le faisait en formant des syndicats. C'est grâce à leur sensibilité différente que les femmes apporteraient quelque chose de neuf dans la vie politique.

Ces approches utilitaristes du droit de vote féminin expliquent

que les partisans de ce droit de vote aient été largement recrutés

dans les milieux catholiques et modérés. Ainsi, l'émancipation de

la femme se confondait-elle avec la défense de l'Eglise, de la famille et de la patrie.

Le féminisme en France resta cependant timoré, parcouru qu'il était par deux stratégies :

- l'une, considérant le mouvement féministe comme une fin en soi, espérait convaincre les hommes,

- l'autre, cherchant à faire admettre les femmes par la République en combattant les hommes.

Jusqu'à la première guerre mondiale, les mouvements féministes ne furent qu'épisodiques, marqués par des

regroupements, des ruptures et des mésententes.

Le mouvement suffragiste : renforcement et divisions

En 1888, le CIF (Conseil International de la Femme) est fondé. Les

féministes américaines incitent alors les françaises à se fédérer. En

1901, la branche française du CIF est crée, le CNFF (Conseil National

des Femmes Françaises). Mais la désillusion est grande pour celles

désireuses de confier leur cause au mouvement socialiste, unifié en 1905

lors de la création de la SFIO. Ainsi, Madeleine Pelletier, qui dirigeait le

cercle " la Solidarité des femmes " depuis 1906 écrivait " le parti

socialiste a le vote des femmes dans son programme mais n'en parle

jamais, il n'y pense pas davantage ".

La mollesse des socialistes à l'égard du droit de vote féminin tenait au caractère révolutionnaire du parti, qui

retardait son adhésion au principe même du suffrage universel,

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